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Ukraine

Crash : « la batterie de missiles vraisemblablement sous contrôle ukrainien », selon un grand journaliste américain

24 juillet 2014
Geoffroy Géraud Legros
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Selon Robert Parry, journaliste d’investigation américain de premier plan, le renseignement américain dispose des photos satellites d’une batterie de missiles « Buk » (SAM-11/17) aux mains des forces de Kiev qui, selon de fortes probabilités, a abattu le 777 de la Malaysia Airlines. Un armement très repérable, peut-être utilisé en l’occurrence par des militaires en état d’ébriété…

Batterie de missiles BUK. Photo Leonid L

L’Administration Obama « ment systématiquement », déclarait le 27 septembre 2013 Seymour Hersh, lauréat du Pulitzer en 1970 pour la couverture du massacre de My Laî (Vietnam) et distingué à quatre reprises par le prestigieux Georges Polk Award.

Cible de l’ire de l’ancien enquêteur du New York Times, auteur de nombreux travaux traitant de sujets aussi divers que l’assassinat de Kennedy ou les prisonniers de Guantanamo : « les médias plus qu’obséquieux, qui ont la trouille de s’en prendre à ce mec » (Barack Obama, NDLR).

Près d’un an plus tard, c’est au tour de Robert Parry, autre figure tutélaire du journalisme d’investigation américain, d’émettre des critiques vis-à-vis des grands médias américains.

En cause : le traitement par ces derniers de la tragédie du Boeing 777 malaysien, abattu au-dessus de la zone de belligérance où s’affrontent l’armée du pouvoir central ukrainien et les partisans de la jeune « République du Donetsk ».

Un « journalisme bâclé » qui « devient réellement dangereux » dans le cadre de la « mobilisation qui vise à faire endosser à Vladimir Poutine la responsabilité du tir contre le Boeing de la Malaysia Airlines », écrivait dimanche Robert Parry sur le site « consortiumnews.com ».

Le journaliste Robert Parry

L’ancien journaliste emblématique d’Associated Press et de Newsweek, également titulaire du George Polk Award en 1984 pour ses enquêtes sur le financement des Contras centre-américaines et l’implication subséquente de la CIA dans la trafic de cocaïne, reproche à ses anciens confrères de ne pas poser « les questions essentielles », et plus particulièrement celle-ci : « que montrent les images prises par les satellites américains ? »

« Il paraît difficile de croire » , poursuit l’auteur, « vu la focalisation de l’intérêt du renseignement américain sur l’Ukraine (…) que les déplacements d’un vaste système anti-missile « Buk » soient passés inaperçus. (…) Bien sûr, les satellites espions des États-Unis d’Amérique ne peuvent tout voir. Mais les missiles « Buk » sont longs de 16 pieds (près de 5 mètres, NDLR) généralement installés sur des camions ou des chars d’assaut. Le vol de la Malaysia Airlines s’est de surcroît écrasé dans l’après-midi, ce qui veut dire que la batterie de missiles n’était pas dissimulée par l’obscurité. »

Dès lors, s’interroge Robert Parry, « pourquoi les clichés des satellites n’ont-ils pas été réclamés par les grands médias américains ? »

Comment le Washington Post peut-il se permettre des « Une » telles que celle de dimanche dernier, barrée du titre péremptoire : « La Russie a fourni le matériel, affirment les officiels américains », sans même demander à ces mêmes officiels des précisions sur ce que les images satellites révèlent ? ».

Mais le journaliste spécialisé dans l’investigation qu’est Robert Parry, qui ne fait guère mystère de relations aussi riches qu’« improbables » — selon ses propres termes — avec certains éléments de la CIA, dispose pour sa part d’informations relatives au contenu desdits clichés...

« Je tiens d’une source (…) que les agences de renseignement américaines disposent d’images détaillées de la batterie à même d’avoir lancé le tragique missile (…) mais cette batterie semble bien alors être sous contrôle de troupes ukrainiennes, portant l’uniforme ukrainien ».

Selon le même informateur, « les analystes de la CIA n’excluent pas complètement qu’il puisse s’agir de « rebelles » d’Ukraine orientale, revêtus d’uniformes évoquant ceux de l’armée ukrainienne ».

«  Néanmoins, les premières estimations portent à croire qu’il s’agit bien de soldats ukrainiens ».

Des soldats dont « l’indiscipline », qui semble en outre attestée par « la présence de canettes de bière dispersées autour du site » évoque effectivement les nombreuses descriptions d’une armée ukrainienne constituée de conscrits non-payés, au moral vacillant, ou de « volontaires » issus de groupes de supporters / paramilitaires d’extrême-droite marqués par la culture d’alcoolisme et de violence des hooligans…

Selon Robert Parry, trop de grands médias ont pris fait et cause pour le Gouvernement de Kiev

Tir — volontaire ou non — de militaires ukrainiens ivres ? Attaque des pro-Russes ? Accident ? « Opération sous faux drapeau », comparable à celles qu’a divulguées James Bamford, un autre journaliste américain spécialiste du renseignement ?

Les informations disponibles ne permettent en l’état aucune conclusion tranchée.

Le rôle des journalistes dans la recherche de la vérité apparaît donc décisif, d’autant plus que, comme l’écrivait « 7 Lames la Mer » et comme le rappelle Robert Parry, des postes-clefs des administrations de la Justice, de l’armée et des forces de l’ordre ukrainiennes ont échu à des cadres issus de partis politiques et milices néo-nazis après l’éviction du Président ukrainien, Viktor Ianoukovitch.

Une partialité évidente des autorités ukrainiennes, qui laisse peu de place à la recherche judiciaire et à l’établissement judiciaire des preuves, que les grands médias occidentaux ne s’attachent pas, pour l’heure, à suppléer.

Geoffroy Géraud Legros

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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