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WikiLeaks

Assange à la reconquête du passé

13 avril 2013
Geoffroy Géraud Legros
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Pourquoi Maurice a-t-elle voulu reconnaître le Kosovo ? La Réunion bientôt principale base militaire française pour l’Afrique et l’Océan Indien ? La CIA a-t-elle voulu assassiner la même semaine Paul Vergès et Paul Bérenger en 1975 ? Ce type d’informations, systématiquement occultées, est désormais à la portée des internautes, avec l’ouverture de la "Bibliothèque publique de la diplomatie américaine", dévoilée lundi par Julian Assange.

C’est via Skype, depuis l’ambassade d’Equateur, où il est réfugié depuis le mois de juin, que Julian Assange a présenté lundi dernier les nouveaux outils mis à la disposition du public par WikiLeaks. Dans le cadre du « Projet K » — « K » pour Henry Kissinger, célèbre politologue et millionnaire — que le site de réinformation permet désormais aux internautes d’accéder à plus d’1.700.000 documents, dont bon nombre de matériaux confidentiels, produits entre 1973 et 1976. Des données qui constituent la « Bibliothèque publique du renseignement américain » auxquelles il faut ajouter celles des sources « Cablegate  », qui rassemblent 251.287 câbles diplomatiques de la période 2003-2010. Une base utilisable grâce à un outil de recherche très affiné, qui facilite — et donc démocratise — l’usage de WikiLeaks. Malgré les codes et le style souvent très précautionneux utilisés par le renseignement et la diplomatie américaines, le lecteur peut explorer des dimensions inconnues des évènements, qui éclairent ou remettent en cause la version des mass-médias.

Une autre histoire…

Exemple parmi tant d’autres : l’usage de mots-clefs relatifs à la crise ivoirienne et à ses acteurs met en lumière les prises de positions américaines peu bienveillantes envers Laurent Gbagbo, et extrêmement hostiles du côté français… Ainsi se dessine un arrière-plan bien différent de celui établi par les informations reprises en boucle par la plupart des télévisions, radios et journaux français, qui éclaire plus favorablement les informations fournies par Médiapart en 2012, confirmant la victoire électorale de Laurent Gbagbo, pourtant destitué pour « fraude »… grâce à l’appui des USA et de la France.

…pour un autre futur

Dans la zone, quelques clicks ouvrent un champ d’investigation fascinant. On peut apprendre, ainsi, que Navin Ramgoolam, Premier ministre de l’île sœur, envisageait en 2008 de reconnaître le Kosovo, malgré l’avis de son ministre des Affaires étrangères. Pour ce dernier, une telle prise de position aurait fragilisé la position mauricienne relative aux îles Chagos et à leur population. Divine surprise pour la Sylvia Blaser, la « chargée d’affaire » (en français dans le texte) auteure de la note confidentielle. « Outre nos efforts diplomatiques », celle-ci voit là une stratégie politique visant à « accroître le soutien des Musulmans, alors que courent les rumeurs d’élection anticipées et que le vote musulman est décisif pour la coalition Ramgoolam  ». Enfin, l’Américaine envisage la visite du politique et businessman kosovar, Behgjet Pacolli, peut-être incognito, comme une cause supplémentaire de la volte-face du Premier ministre…

Un autre câble, consacré à la politique africaine française, aborde un sujet peu renseigné sous nos cieux : le renforcement de la puissance militaire française en Afrique, et la possible transformation de La Réunion en base principale, si la situation devenait intenable à Djibouti. Dans un passé plus lointain, on trouvera, pour ne citer que quelques exemples, la trace des inquiétudes américaines quant à l’influence française dans la zone, la tentative d’assassinat contre Paul Vergès et Paul Bérenger attribuée à la CIA en 1975, la surveillance des mouvements « marxistes », l’installation de l’antenne Oméga à Saint-Paul…

« Qui contrôle le passé contrôle le futur », a déclaré Julian Assange au club de la presse, en écho à George Orwell. Le dévoilement d’informations tenues secrètes par les Etats-Unis est un nouveau pas vers la conquête du futur.

Geoffroy Geraud Legros

• A lire aussi : « 7 i yème - 7 aime, Soutien à Julian Assange, candidat au Sénat australien »

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste, Co-fondateur - 7 Lames la Mer.

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