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Coup de cœur, Clip

Zulu : Diego Garcia... combien de larmes encore ?

17 mars 2016
Nathalie Valentine Legros & Geoffroy Géraud Legros
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C’est un vrai coup de coeur ; de ceux qui n’arrivent que quand la chance est de la partie... Au hasard du net, la voix profonde de l’artiste mauricien Zulu a résonné dans les écouteurs, brisant la monotonie des flots commerciaux et creux. Frissons. Paroles poignantes. Clip aux somptueuses images style BD avec une dominante sombre. Et histoire de ne rien gâcher, cette chanson de Zulu s’appelle « Diego »... Pour Diego Garcia. Finalement, il n’y a pas de hasard.

Il y a des jours comme ça. Ciel lourd. Quelques gouttes de pluie. Une sorte de torpeur dans l’air chaud de ce mois de mars 2016. Au loin, l’orage menace.

Et tout à coup, un trait de lumière tranche le gris dominant et électrise l’atmosphère : « Diego »...

Dans les écouteurs, la voix rock de Zulu monte. Sur l’écran, les images défilent. Visages angoissés. Treillis et mitrailleuses. Regards douloureux. Étreintes. Détresse. Violence. Soldats. Larmes. Enfants. Colère. Exil...

« Diego », un chef d’oeuvre. Co-écrit par Zulu et Urvashi Babajee. Un hymne à cette île de l’archipel des Chagos, au milieu de l’océan Indien. Un archipel dont les habitants ont été expulsés dans l’indifférence générale entre 1965 et 1973.

Les Chagos ont été « excisés » (le terme est bien choisi !) de l’île Maurice pour être intégrés au BIOT (British Indian Ocean Territory : Territoire britannique de l’océan Indien).

Les Britanniques ont alors loué une partie des lieux à l’armée américain, bail signé en 1966 pour 50 ans, qui arrive donc à expiration, en cette année 2016. Et l’armée américaine a construit sur l’île-paradis sa plus grande base militaire hors USA.

Quant aux Chagossiens, ils ont été déportés de force vers l’île Maurice et les Seychelles.

Et malgré le combat mené par ce peuple créole exilé, le bail sera reconduit. En effet, le vaste océan Indien cristallise plus que jamais les enjeux de ce 21ème siècle et les Américains n’ont pas l’intention de retirer leurs pions de cet échiquier géostratégique majeur.

« Diego », comme un opéra-rock aux guitares lancinantes, aux riffs entêtants, aux voix puissantes qui s’entremêlent.

« Diego », comme un opéra-rock qui slame et raconte l’histoire du peuple chagossien et la tragédie vécue par ces enfants, ces femmes et ces hommes, arrachés à leur terre natale.

« Diego », comme un opéra-rock qui démarre lentement, tout en douceur, tout en langueur, à la manière d’une prière, comme ce « temps d’avant l’exil », ce « temps d’avant la base militaire », lorsque la vie s’écoulait, calme, limpide, sur Diego Garcia, Salomon et Peros Banhos.

Une vie simple au rythme de la nature. Loin du monde... Certainement la meilleure des vies pour ce peuple exilé.

Une voix résonne dans la nuit... D’un coup, le tempo s’accélère, les accords se font plus graves, déchirants...

La voix de Zulu donne le ton, avec au fur et à mesure, une montée crescendo de la souffrance et de la colère, qui se termine par un cri : « Diego Garcia » !

C’est une grande émotion. Les larmes montent aux yeux. Et l’on se prend à cliquer sur « revoir » pour plonger à nouveau dans la magie de la musique, des voix, des paroles et des images.

C’est le 13 septembre 2013 que l’artiste mauricien Zulu (alias Michel Bavajee) sort son premier album solo intitulé « Zulu ». Cet album comporte 12 titres dont le sublime « Diego ».

En cette année 2016, année de la fin du bail dont bénéficie l’US-Army pour occuper Diego Garcia et qui sera reconduit, écouter « Diego » n’est pas anodin : « Même si nous sommes séparés, nous restons unis » dit la chanson.

« And what about human rights ? » interroge la chanson.

Nathalie Valentine Legros et Geoffroy Géraud Legros

Zulu

Nathalie Valentine Legros & Geoffroy Géraud Legros

Chroniques réunionnaises à quatre mains, avec Geoffroy Géraud Legros et Nathalie Valentine Legros.

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