Categories

7 au hasard 25 mars 2014 : « Les municipales rendent fou » - 17 décembre 2016 : Andy Razaf, jazzman au destin cabossé (8) - 5 mars 2013 : Créolie, culture et identité - 22 mai 2013 : En voiture... pour fuir la Terre ! - 1er avril 2016 : L’élection régionale bientôt « cassée » ? - 31 janvier 2015 : Michel Legris au paradis : la foule en deuil danse et chante - 23 juin 2013 : Entre la mort et le port - 17 avril 2015 : [ʀeflεksjɔ ̃] : subtils gestes et cheminements magiques - 19 mars 2016 : Le 19 mars 1946 sonne la fin des « quatre vieilles » - 22 septembre 2015 : Elections régionales : Mon pompe vélo ousa i lé ? -

Accueil > Domin lé dan nout dé min > Courrier des internautes > Urgence pour quel cap politique ?

Tribune Libre d’Eric Alendroit

Urgence pour quel cap politique ?

28 novembre 2015
Eric Alendroit
fontsizedown
fontsizeup
Enregistrer au format PDF
Version imprimable de cet article Version imprimable

L’état d’urgence a été décrété suite aux attentats du 13 novembre dernier à Paris. Il a été étendu à La Réunion. Les dirigeants politiques l’ont réclamé et les peuples semblent être satisfaits de cette décision. N’avons-nous plus rien à faire ? Cela va-t-il de soi ? Circulez, il n’y a rien à voir. Les gens sérieux travaillent…

"Gods of War" by ABHEL

L’avenir sera-t-il essentiellement émotion, instrumentalisation et politique sécuritaire ?

Mon cœur compatit avec les morts, leurs familles et proches.
Mon cœur est triste pour toutes ces larmes, peurs et colères.
Et mes oreilles et mes yeux restent lucides des jeux politiques.
 
Les morts de Paris sont les morts du Liban, du Rwanda, de la Palestine, de la Somalie, de l’Irlande, du Yemen, de l’Iraq, de l’Afghanistan, de la Nouvelle Calédonie, des Chagos, de Cuba, de l’Argentine, du Chili, de New-York, d’Israël, d’Haïti, du Vietnam, du Laos, de Bamako, de Tunis, de Casablanca...
 
Les morts de Paris sont les morts d’un monde déréglé. Réglé sur le pouvoir, le cynisme, la cupidité, l’orgueil, le profit, l’argent. Ces guerres sont celles des dirigeants. Les morts, ce sont les nôtres.
 

"Silhouettes of a War" by fluorogoat

Le monde qui se dit moderne et porteur de valeurs, est-il victime ou co-responsable de l’état d’horreur du monde ?
 
Le monde est en guerre partout.

Plus de 50 à 55 millions de gens sont directement morts des guerres menées par les pays occidentaux depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.
C’est la guerre permanente sur la planète.

Des enfants, en bas âge, dans le ventre de leur mère, des mères, des pères, des jeunes, des personnes âgées, des couples, des amis-es, de futurs époux, des chômeurs, des diplômés-es, des êtres humains meurent tous les jours partout dans le monde du fait des violences. Sans personne pour les pleurer parfois, sans commémoration, sans soins, sans visage, sans nom.
 

By Lulu2222

Pour le profit de qui ?
Pour imposer quel modèle de vie ?
Pour confisquer quelles richesses ?
Les rebelles, les dictateurs, les terroristes sont aidés, financés, armés par qui ?
 
N’y a-t-il plus rien à dire concernant l’état interne d’un pays dont les enfants, les filles et fils préfèrent la perspective de tuer et de se faire exploser ?
 
Comment construire l’avenir sans reconnaître nos responsabilités ?
Comment construire l’avenir sans développer nos intérieurs doux, sans apprendre le respect du vivant et de l’Autre ?

Comment construire l’avenir si nous préférons mettre les moyens exclusivement dans la guerre et non dans l’éducation véritable, à soi et dans la relation à l’Autre ?
 

"Stop The War", by Philip Stein. 1976.

Pouvons-nous espérer vivre en paix, au sein d’un bocal, dans un monde de violence et en répondant par la violence à la violence ? Avez-vous vu un changement vers la paix depuis le 11 septembre 2001 ?
 
N’est-ce pas le rendez-vous du changement et non du scénario de faire encore un peu plus de la même chose qui nous conduit vers l’insécurité totale, vers l’horreur ?
 
Veut-on réellement la paix ? La désirons-nous avec la même ardeur que celle de faire la guerre ? Avec la même force que la haine qui fulmine de part et d’autres du rejet de celui qui est différent ?
 
Les pratiques internationales, dignes héritières de plusieurs siècles de conquêtes, seront-elles inspirées du respect de la diversité des cultures ?

Devons-nous abandonner notre pouvoir de réflexion et de contribution pour un futur bien meilleur ?

Eric Alendroit

A lire aussi :

Partager

Réagissez à cet article

comments powered by Disqus

Abonnez-vous à la Newsletter

Image Newsletter