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Opinion

Université de La Réunion : méritocratie à la carte ?

24 mai 2016
Geoffroy Géraud Legros
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Les historiens de notre île et le CREFOM* de Patrick Karam veulent-ils bloquer un recrutement universitaire pour de douteux motifs identitaires ?

C’est en tout cas ce que voudraient faire croire les partisans de la nomination d’une enseignante de Nantes au poste autrefois occupé par Sudel Fuma, décédé dans des circonstances tragiques le 12 juillet 2014.

Or, rien n’est moins vrai : le candidat réunionnais est titulaire du CAPES, de l’agrégation d’histoire et excipe d’une réelle expérience dans l’enseignement secondaire et supérieur.

La maîtresse de conférence nantaise est quant à elle titulaire d’une thèse sréalisée en 2010 à Nantes sous la direction de l’historien Jacques Weber. Il pourrait être soutenu, en défense du recrutement « externe », que l’ancienneté n’est après tout pas un gage de valeur scientifique et que la qualité de titulaire de l’agrégation, qui sert au recrutement de l’enseignement supérieur, n’est pas formellement requise par les processus de sélection universitaires.

Arguments néanmoins peu recevables, puisque n’importe quelle université française placée face à pareille alternative choisirait l’agrégé rompu à l’enseignement de préférence au jeune maître de conférences « seulement » titulaire d’un doctorat — dans la pratique, l’agrégation sert à distinguer les candidats aux postes universitaires en sciences humaines, pris d’assaut par un nombre croissant de docteurs.

Dès lors, on ne voit pas pourquoi les critères méritocratiques de jure et de facto mis en oeuvre « là-bas » devraient être suspendus le temps d’un parachutage et, qui plus est, par ceux-là même qui sont les plus prompts à brandir l’argument de l’égalité républicaine contre la « localisation » de l’emploi.

Ravaler la candidature réunionnaise à la « succession » de Sudel Fuma au rang de revendication de clocher procède d’une manoeuvre quasi-dilatoire ; les universités hexagonales, qui cherchent coûte que coûte à « placer » leurs docteurs — mais ne se bousculent guère, soit dit en passant, pour embaucher des domiens — savent fort bien que la préférence régionale est loin de faire consensus et agit même comme un repoussoir au sein des instances de sélection...

Or, en l’espèce, le Réunionnais ne doit pas être nommé parce qu’il est Réunionnais, mais parce qu’il est le meilleur.

GGL

* CREFOM : Conseil Représentatif des Français de l’Outre-mer

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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