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Plan Valls

Une seule parlementaire réunionnaise vote contre l’austérité

30 avril 2014
Geoffroy Géraud Legros
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L’UDI Thierry Robert, pourtant prompt à critiquer la politique sociale du gouvernement, a joint son vote à celui des cinq député socialistes de La Réunion, approuvant ainsi 50 milliards de coupes dans l’État social. La déclaration n’étant pas soumise au vote du Sénat, Huguette Bello est donc la seule parlementaire réunionnaise qui a voté contre ces mesures d’austérité d’une ampleur sans précédent.

Photo : W.F Lorrain

Il y a ce que l’on raconte aux auditeurs de Freedom et il y a l’arène parlementaire. Sur les ondes du média populaire, l’omniprésent Thierry Robert n’a pas ménagé ses critiques envers le Gouvernement, dont il semblait attendre une nomination, au Ministère des Outremers — espoir par ailleurs hautement fantaisiste.

Des critiques qui, hors la récente réaction « gros coeur » à la non-attribution d’un poste, portent souvent sur la politique sociale du Gouvernement, dont le député-maire de Saint-Leu met régulièrement en cause les manquements. Des blâmes visiblement oubliés avant-hier, lors du vote de l’Assemblée Nationale portant sur la « déclaration du Gouvernement sur le projet de programme de stabilité pour 2014-2017 ».

« C’est la justice, non l’austérité » déclare Manuel Valls, à propos d’un dispositif prévoyant 50 milliards d’euros de coupes budgétaires.

Seront mis à contribution : l’assurance-maladie, les retraites, les dépenses de protection sociales, l’assurance-chômage et le traitement des fonctionnaires, qui subira ainsi sa huitième année de gel consécutive. Des mesures atténuées, selon le Premier ministre, par une série de concessions : « préservation » du pouvoir d’achat des petites retraites, revalorisation de 10% du RSA dans les 5 années à venir, revalorisation de salaires pour certaines catégories de fonctionnaire et relance du « plan pauvreté ».

Dans le même temps, 30 milliards seront transférés au secteur privé, notamment au titre du « Pacte de solidarité », via des baisses d’impôts sur les sociétés (IS), des cotisations sociales, ainsi que le disparition programmée de la CSS (Contribution sociale de solidarité).

Si les allègements fiscaux sont clairement identifiés, les « contreparties » exigées par François Hollande sont, on le sait, bien plus incertaines. Le MEDEF promet la création d’1 million d’emplois dans le cadre du projet « 2020-faire gagner la France », mais des estimations bien moins optimistes évaluent à 150.000 le nombre d’emplois créés, tandis que le chiffre de 500.000 emplois nouveaux ou sauvegardés a circulé au cours des débats parlementaires. Au vrai, aucune procédure ne permet de contrôler la contrepartie en embauches d’une série de coupes dans l’État social jusqu’alors inégalées en France.

M. Robert, dont la stratégie passe par l’affirmation outrancière de sa fortune personnelle, a tout à gagner à une austérité qui délaisse les citoyens lesquels, dès lors, n’auront que plus tendance à s’adresser à lui pour obtenir le secours que la République leur refuse.

Fait remarquable, l’élu champion toute catégorie de la communication sur les réseaux sociaux, n’a pas évoqué son vote sur sa page Facebook, où il est pourtant enclin à faire part de la moindre de ses activités et de ses idées — la dernière en date : l’organisation (à Saint-Leu, comme il se doit) d’un carnaval financé par la Région et le Département, censé faire pièce à la grande manifestation internationale qui se déroule avec succès depuis quatre années aux Seychelles.

Avec plus de 30% de chômage déclaré et près de 50% de pauvres, La Réunion a plus à perdre dans l’application du programme de stabilité qu’elle n’a à gagner dans une énième exhibition de filles à moitié à poil et de défilés de chars grassement subventionnés par les collectivités qui, au passage, perdront 11 milliards dans le dispositif mis en place par Manuel Valls. Silence, donc, du côté de Thierry Robert, qui est par ailleurs si bien intéressé à l’effort collectif qu’il menace de délocaliser son argent à Maurice...

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Huguette Bello, la seule parlementaire réunionnaise qui a voté contre le plan d’austérité engagé par Manuel Valls. Photo : IPR

Côté socialiste, dans notre île très « aubryste », on ne voit pas d’un bon œil les coupes dans les budgets sociaux annoncées par l’ex-Ministre de l’Intérieur, confie un responsable PS à « 7 Lames la Mer ».

Mais le différend interne primant sur les considérations idéologiques, ni le camp de la Fédération « canal historique », ni le courant du Progrès emmené par Patrick Lebreton ne pouvaient se permettre le luxe d’un désaveu envers le nouvel exécutif.

Huguette Bello, députée de la seconde circonscription, fondatrice du parti PLR et membre du Groupe républicain et démocrate, est ainsi la seule députée réunionnaise à avoir voté contre le plan Valls, à l’unisson des 12 voix « contre » de son groupe.

À ce vote à gauche de la gauche parlementaire, s’ajoute la censure de trois députés du groupe socialiste et l’abstention de 41 d’entre eux qui, ensemble, ont contribué à infliger un semi-camouflet au Chef du gouvernement, dont la position affaiblie contraste avec le verbe volontariste et les ambitions « fondatrices » qui accompagnent le « Programme de stabilité ».

L’Exécutif, qui choisi la procédure de l’article 50-1 de la Constitution, introduit en 2008, s’est ainsi dispensé d’un passage devant les sénateurs qui s’annonçait plus périlleux encore.

GGL

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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