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Crise économique

Menace d’une nouvelle bulle financière

3 décembre 2013
Geoffroy Géraud Legros
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Selon l’économiste Peter Shiller, le gonflement des valeurs immobilières pourrait générer une nouvelle bulle financière.

Photographie : Andrès Nieto Porras

Lauréat du prix de la Banque royale de Suède — improprement dénommé « Nobel d’Économie » — pour ses recherches consacrées aux bulles spéculatives, Peter Shiller s’inquiète de l’évolution des marchés. « Certaines places boursières atteignent un niveau élevé dans de nombreux pays  », a déclaré M. Shiller au « Spiegel » dans une interview parue dimanche dernier. « Je suis particulièrement alerté par le boom de la place américaine » poursuit-il, soulignant de surcroît « les hausses vertigineuses des prix du logement au Brésil, dans les villes de Sao Paulo et de Rio de Janeiro ».

Une situation dont l’économiste dit avoir pris conscience à la suite d’une conférence au Brésil, dans laquelle il trouve des similitudes avec « les Etats-Unis de 2005 : une classe moyenne dont les effectifs augmentent, et une féroce hausse des prix. Tout cela ressemble à des bulles, et l’économie mondiale demeure très vulnérable aux bulles, avertit Peter Schiller, même s’il se « refuse pour l’heure à tirer la sonnette d’alarme ».

GGL

Banques et fonds d’investissements privés ont racheté des centaines de milliers de logements saisis aux Etats-Unis à la suite de la crise de 2008. Sur les ruines des rêves d’accession à la propriété, Wall-Street a ainsi « tranquillement bâti un empire locatif », révèle la journaliste économique, Laura Gottesdiener, au magazine « Tom Dispatch ».

Blackstone a racheté 40.000 maisons

« La crise des saisies, inaugurées en 2007, avait chassé près de 10 millions d’Américains hors de leurs foyers, rappelle-t-elle. Paradoxe : alors que des millions d’Américains étaient expulsés, recherchant des endroits sûrs pour vivre, des millions de logements appartenant aux banques demeuraient vides, gangrénant des quartiers entiers et stimulant la criminalité. Heureusement pour nous, ironise la journaliste, Wall Street a trouvé une solution : nous louer nos anciens logements ».

Banques et fonds sont ainsi devenus bailleurs, à l’image de la banque d’investissement Blackstone, qui a racheté 40.000 maisons aux États-Unis pour une valeur de 7,5 milliards de dollars, acquérant 1400 maisons à Atlanta en une seule journée.

"La crise des hypothèques a respectivement détruit 53% et 66% de la richesse des communautés Afro-américaines et Hispaniques". Photographie : Ed Yourdon

Inégalités ethniques

« Alors que le secteur du logement rebondit, la richesse s’écoule directement vers Wall-Street, sans profiter aux familles ni aux communautés », note Laura Gottesdiener. Une captation qui accroît par ailleurs les inégalités ethniques, puisque « les minorités afro-américaines et hispaniques ont vu respectivement 53% et 66% de leur richesse disparaître au cours de la crise des hypothèques » rappelle la journaliste. Plus que jamais exclus de l’accession à la propriété, Noirs et « Latinos » pourraient être les premières victimes d’une nouvelle crise.

Nouvelle industrie financière

En novembre dernier, Blackstone a émis sur le marché 479 millions d’obligations nominales adossées à des loyers de maisons saisies pendant la crise. Une première « excitante », commentait au mois de novembre Peter Shiller, qui y décèle néanmoins la possibilité de « millions de problèmes coûteux ». Pour Laura Gottesdiener, le scénario de crise pourrait bien se reproduire si une nouvelle industrie de créances locatives venait à voir le jour. Une hypothèse dans laquelle les locataires seraient moins protégés encore que lors de la crise hypothécaire, puisqu’un simple défaut de loyer suffirait à déclencher une expulsion...
GGL

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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