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Pakistan

Un militant anti-drone kidnappé

12 février 2014
Geoffroy Géraud Legros
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Conscience du mouvement anti-drones, le journaliste avait attaqué le Gouvernement des États-Unis en justice après la mort de son frère et de son fils.

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Le frère et le fils de Karim Khan ont été tués dans une attaque de drone au mois de décembre 2009. Photo : Upstate Drone Action.

C’est le 5 février dernier, à quelques jours de son départ pour l’Europe, que Karim Khan, figure de l’activisme anti-drones au Pakistan, a été enlevé à son domicile de Rawalpindi (Pendjab). Entre 15 et 20 assaillants vêtus d’uniformes de la police ont pris d’assaut la maison du journaliste, rapporte à l’AFP son avocat, Shahzad Akbar. Le 31 décembre 2009, M. Khan avait perdu son frère, un enseignant, et son fils, un jeune bachelier, respectivement âgés de 35 et de 18 ans, lors d’une attaque américaine perpétrée par un drone contre le village de Machnikel, au Nord de la province du Waziristan. Un troisième homme, qui travaillait sur le chantier de reconstruction de la mosquée du village avait lui aussi trouvé la mort.

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Photo : Leslie Pratt

Victimes civiles

Visant le célèbre chef Taliban Haji Omar Khan, l’intervention de l’avion télécommandé n’avait en réalité tué que des civils, contrevenant ainsi aux règles du droit international, qui prohibent de telles opérations à distance des champs de bataille, estime Shahzad Akbar, qui représente plusieurs victimes de drones. Assisté par l’ONG britannique « Reprieve », qui porte assistance aux victimes de drones, Karim Khan a engagé des procédures à l’encontre des autorités pakistanaises, qui n’ont selon lui pas réellement enquêté sur l’affaire. Il est aussi le premier citoyen pakistanais à poursuivre le Gouvernement des Etats-Unis d’Amérique pour un préjudice lié à l’utilisation de drones.

« Un témoin capital »

Parallèlement à cette action en justice, Shahzad Akbar avait l’année dernière co-signé, avec plusieurs activistes, une lettre ouverte visant directement le directeur de la CIA, John Brennan. « Karim Khan est un témoin capital des dangers du déploiement de drones auquel procède la CIA. Nous sommes très inquiets pour sa sécurité », déclare Clare Algar, dirigeante de « Reprieve », sur le site de l’ONG. Les autorités nient de leur côté toute implication dans la disparition du militant. Celui-ci aurait dû s’envoler le 9 février dernier pour une rencontre avec plusieurs parlementaires européens. Plus de 3000 personnes, dont environ 800 civils auraient été tuées par des drones au Pakistan depuis 2004.

7 Lames la Mer

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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