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Crise à l’Est

Ukraine : plan d’austérité en vue, nazis au gouvernement … guerre à l’horizon ?

9 mars 2014
Geoffroy Géraud Legros
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Des retraites divisées par deux, les dotations des collectivités gelées, et une récession annoncée : telles sont les orientations annoncées par le Gouvernement issu du mouvement de Maïdan, au sein duquel des nazis occupent plusieurs postes-clefs.

Le "plan pour l’optimisation des dépenses budgétaires" prévoit des coupes sombres dans les retraites.

Le Fonds monétaire international avait été clair : « toute mesure d’aide ou d’assistance serait soumise à la mise en œuvre de fortes mesures d’austérité  », pouvait-on lire dans le « New-York Times » du 26 février dernier. Une semaine et demie plus tard, le Gouvernement issu des émeutes du Maïdan annonce une série de mesures drastiques d’« économies », ciblant avant tout les dépenses sociales et les collectivités, rapporte « Kommersant-Ukraine », qui a pu se procurer le projet du dispositif qui devrait entrer en vigueur en mars sous le nom de « plan pour l’optimisation des dépenses budgétaires ».

Les nombreux retraités qui continuent d’exercer une activité verront leurs pensions réduites de moitié : la mesure concerne 21% d’entre eux soit, dans ce pays en pleine récession démographique, presque tous les retraités non frappés d’infirmité ou appartenant aux classes les plus âgées. Les retraités actifs appartiennent quant à eux aux secteurs agricole et minier. D’autres dispositions visent les collectivités, dont les dépenses sont proprement gelées et qui, jusqu’au 31 Mars, devront « augmenter leurs revenus de 2% et baisser leurs dépenses de 1% ».

Une gageure pour de nombreuses villes dont les comptes sont déjà bloqués. Le plan d’austérité, qui doit, selon le FMI, agir « en profondeur », devait aussi toucher l’Éducation, la santé, les transports, et impliquer une hausse des impôts et des tarifs du gaz, ainsi que la privatisation des grands services publics et des industries nationales — toutes mesures qui recoupent en réalité le plan soumis à M. Ianoukovitch, qui avait poussé ce dernier à accepter le prêt russe.

Cherchant sans doute à tempérer l’impopularité de ces mesures à l’approche des élections, le Gouvernement de M. Yatsenyuk a d’ores et déjà annoncé une série de restrictions symboliques visant la rémunération et les avantages en nature des dirigeants.

Manifestation à Kiev. Tout autour de la banderole porteuse du mot d’ordre "No Pasaran", les drapeaux du parti néo-nazi "Svoboda", qui a hérité de postes-clefs au Gouvernement. Photo :Yuriy V Dzyadyk

C’est par la surenchère martiale et patriotique que l’extrême-droite entend de son coté étendre son emprise sur une opinion majoritairement anti-Russe.

Les partis néo-nazis, fers de lance de la mobilisation du Maïdan, ont hérité de postes-clefs au sein du Gouvernement au pouvoir depuis l’éviction de Viktor Ianoukovitch. Ainsi, l’Amiral Ihor Tenyukh, nommé ministre de la Défense, qui s’était illustré par un « coup de force » contre la marine russe, à laquelle il avait interdit l’accès à la rade de Sébastopol lors de la guerre Russo-georgienne de 2008, est issu des rangs du Parti néo-nazi Svoboda, ainsi qu’Oleksandr Sych, devenu l’un des deux vice-premier ministres de l’Executif post-Maïdan.

La position de procureur général a échu à Oleg Makhnitsky avocat et militant de « Svoboda ». La direction du Conseil de la défense nationale et de la sécurité est assurée par Andriy Parubiy (Svoboda), et Dmytro Yarosh, dirigeant du groupe « Pravy Sektor », amalgame récemment constitué de plusieurs groupuscules néo-nazis et de bandes de supporters de football.

Lance-missile "Igla". Image : Stormgate

Nonobstant les déclarations des autorités qui disent exclure tout règlement par la violence du litige avec la Russie, les deux organisations d’extrême-droite, qui, outre leurs propres milices, contrôlent désormais une part décisive de l’appareil militaire ukrainien, poussent à un affrontement militaire à l’Est, où le mouvement sécessionniste continue de faire tâche d’huile .

Alors que « Pravy sektor » appelle à la mobilisation et que des annonces de mouvements de troupes ont lieu dans la confusion générale, 100 missiles « SAM » auraient disparu d’une caserne prise d’assaut par Svoboda, rapportait hier soir un ancien haut fonctionnaire ukrainien dont les propos, répercutés par les réseaux sociaux, ont été démentis par l’agence de presse UNIAN basée à Kiev.

GGL

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste, Co-fondateur - 7 Lames la Mer.

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