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Répression en Turquie

Turquie : au moins 120 blessés, peut-être 4 morts

1er juin 2013
Geoffroy Géraud Legros
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Esen, notre contact en Turquie, nous parle en direct de la répression des manifestations qui, à la suite du mouvement « Occupy Gezi », gagne un nombre croissant de villes du pays. Manifestants grièvement blessés, peut-être des morts. Attention, certaines images peuvent choquer.

C’est d’Izmir, 3ème ville du pays qu’Esen [1] nous décrit les mouvements sociaux qui, depuis avant-hier, embrasent le pays. « Nous sommes près de 20.000, à occuper la rue ici, à Izmir. Hier, les affrontements avec la police ont duré jusqu’à 4 heures du matin ».

Les émeutes se répandent dans le pays, après la répression du mouvement « Occupy Gezi » qui, depuis le 27 mai dernier, s’oppose au déracinement des arbres du parc de Gezi, au centre d’Istanbul. Une opération d’urbanisme qui a déclenché la colère de nombreuses associations citoyennes, persuadées que la « caserne ottomane reconstruite » annoncée par le Premier ministre, Rexhep Tayyip Erdogan (AKP, islamiste), deviendra, au final, une galerie commerciale génératrice de juteux dividendes.

Peut-être quatre morts

« Gezi est le dernier espace vert qui demeure dans la capitale  », explique Esen. « Mais ce n’est finalement qu’un symbole. La réalité, c’est que de plus en plus de gens n’en peuvent plus de la politique menée depuis plus de 10 ans. De plus en plus de gens en ont marre de l’AKP (parti au pouvoir). Il y a aussi cette politique va-t-en-guerre contre la Syrie, cette soumission aux USA ».

Face à la mobilisation, le Gouvernement a choisi la répression. « On compte au moins 120 blessés, et on soupçonne des morts » déclare Esen à « 7 Lames la Mer », qui ne peut néanmoins confirmer la rumeur selon laquelle quatre manifestants auraient succombé aux assauts de la police anti-émeute. Selon les manifestants, une jeune femme serait décédée, frappée par des tirs de balles en caoutchouc.

Réseaux sociaux bloqués

D’autres sources en ligne rapportent l’usage de produits chimiques dans le liquide projeté par les canons à eau avec une violence telle qu’elle peut propulser à terre des individus robustes. Là encore, un homme dont la tête a heurté le pavé pourrait ne pas s’être relevé (voir vidéo ci-dessous). « La police empêche les médecins d’accéder aux blessés », commente un étudiant en médecine solidaire sur un réseau « pad » installé après les restrictions imposées par les autorités aux réseaux sociaux.

Notre lien avec Esen s’est interrompu

A l’heure où nous écrivons ces lignes, les manifestations prennent un tour anti-Ergogan (Premier ministre). Selon nos contacts, le leader du Parti républicain du peuple (CHP), principale organisation d’opposition, aurait décidé de s’adresser aux manifestants rassemblés sur la place Taksim. Alors que le Président du pays, Abdullah Güll, a lancé un appel à la « responsabilité » et à la« mesure » en direction de la police, les forces de l’ordre auraient évacué la place Taksim. Dans le même temps, des affrontements ont été signalés dans la capitale, Ankara ; plusieurs ministères sont entourés par des manifestants qui scandent « Erdogan, démission ! », En ce début de soirée (heure d’Istanbul), une rumeur persistante affirme que le pouvoir serait parvenu à bloquer l’accès aux réseaux Facebook et Twitter. Et, effectivement, notre lien avec Esen s’est interrompu…

Geoffroy Géraud Legros

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

Notes

[1Nom d’emprunt

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