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Tribune Libre de Jean-Pierre Espéret

Tuit-tuit, rhinocéros blanc : même combat ?

29 juin 2015
Jean-Pierre Espéret
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C’est la grande liberté pour les importations de serpents et d’iguanes. Alors attendra-t-on que le tuit-tuit soit devenu aussi rare que le rhinocéros blanc pour réagir ?

Tuit-tuit (Coracina newtoni) au Musée d’Histoire naturelle de Saint-Denis (La Réunion). Femelle naturalisée, mâle en bois. Photo : Chaoborus

Le dernier rhinocéros blanc mâle est atteint par la limite d’âge, bientôt cette espèce aura disparu. Chaque année, dans le monde, 30.000 espèces disparaissent. La France, comme la plupart des pays du monde, a fait de la préservation de la biodiversité une cause nationale, qu’elle a inscrite dans la Charte Nationale de l’Environnement, jointe désormais à la Constitution.

Mais pourquoi préserver la biodiversité ?

Ce n’est pas seulement pour faire joli, c’est tout simplement que de sa richesse dépend notre survie à nous les humains. L’exemple le plus connu est celui des insectes qui pollinisent les plantes : sans eux pas de riz, pas de blé, pas de maïs...

Outre la disparition pure et simple du milieu naturel, les pesticides... ce qui menace le plus la biodiversité, c’est l’introduction dans un milieu d’espèces envahissantes. Ainsi à La Réunion, le tuit-tuit dont il reste une soixantaine d’individus, subit d’abord la prédation de l’homme, puis celle des rats et des chats, des merles de Maurice, qui sont friands d’oeufs et de poussins, dont une poignée a été introduite dans les années 70, et qui a envahi toutes l’île jusqu’à 2.000m.

Le rhinocéros blanc. Photo : Coralie

Enfin il y a les « nouveaux animaux de compagnie » que les propriétaires, volontairement ou non, perdent dans la nature : les serpents, carnivores et arboricoles, les iguanes, carnivores quand ils sont jeunes et très bons grimpeurs, qui, après l’Amérique Centrale, ont envahi le sud des Etats Unis, Hawaï, la Guadeloupe...

L’Etat par l’intermédiaire de la Brigade de la Nature lutte contre le braconnage, le Parc National, par l’intemédiaire de la Société ornithologique de la Réunion, lutte contre les rats et les chats. Un arrêté préfectoral a rendu obligatoire la lutte contre les merles de Maurice. Il est arrivé à l’Office National des Forêts de faire des piégeages sur la Roche Ecrite. Un autre arrêté interdit leur introduction et celle d’oiseaux semblables sur l’île.

En revanche, c’est la grande liberté pour les importations de serpents et d’iguanes. Attendra-t-on que le tuit-tuit soit devenu aussi rare que le rhinocéros blanc pour réagir ?

Jean-Pierre Espéret

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