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Comptes de campagne

Thierry Robert dénonce un « coup politique »

3 décembre 2014
Geoffroy Géraud Legros
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« Des tournées en bus décidées de longue date et interrompues six mois avant l’élection municipale ne justifiaient pas l’annulation des comptes de campagne », a plaidé ce matin Thierry Robert lors d’une conférence de presse. L’implication de la droite au pouvoir à la Région se voit « comme le nez au milieu de la figure », déclare le député-maire de Saint-Leu, donné favori par les sondages à un an de l’élection régionale. Une déclaration qui fait écho aux critiques, formulées dans l’Hexagone, d’une réactivation de certains segments de « l’État UMP » depuis le retour en force de Nicolas Sarkozy, soutenu par le Président de la Région Réunion.

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Photo : page facebook de Thierry Robert

« Pourquoi ne veut-on pas que j’aille aux élections régionales de 2015 » ? Après avoir effectué un bref rappel du parcours qui l’a mené, d’abord aux commandes de la municipalité saint-leusienne, puis à la députation et à la formation du mouvement « La Politique Autrement », Thierry Robert a embrayé sur la motivation, qui, selon lui, sous-tend la décision de la Commission nationale de contrôle des comptes de campagne (CNCC). Une décision qui conclut au rejet des comptes liés à la campagne municipale de 2014, a annoncé hier M. Robert sur sa page Facebook, anticipant une notification formelle.

Fait peu ordinaire, c’est au dernier moment que l’institution a statué les comptes de Thierry Robert : la décision a ainsi été rendue vendredi, soit le dernier jour du délai imparti à la CNCC, alors que l’ensemble des comptabilités des candidats avait été déjà été examinée, s’étonne le député-maire de Saint-Leu, élu dès le premier tour avec près de 73% des suffrages. Un maniement du calendrier de notification mis en cause par l’élu saint-leusien : « si l’on m’avait déféré au Conseil d’État, celui-ci aurait statué dans les deux mois, et même en cas de condamnation, ma présence aux Régionales n’aurait pas été remise en cause ».

Or, le rendu in extremis de la décision, dont l’intéressé dit n’avoir eu connaissance qu’à force d’insistance auprès des services de la CNCC, interfère désormais avec le calendrier électoral.

La critique de Thierry Robert vise aussi le fond de la décision rendue par la CNCC, qui intègre au compte de campagne un itinéraire en bus organisé par la commune dans le cadre d’une opération de communication institutionnelle visant à informer la population de l’avancée des travaux engagés.

« Nous sommes dans les clous du Code électoral », déclare le maire de Saint-Leu. « L’opération a été menée dans le délai autorisé par la loi, et s’est arrêtée 6 mois avant le scrutin, conformément à la législation ».

« Il n’y a pas de hasard, et il y a des coïncidences », poursuit l’élu.

« L’auteur du recours est un proche du président de la Région Réunion, et la dernière désignation de la CNCC a eu lieu 2010 », a rappelé Thierry Robert. Comprendre : sous la présidence de Nicolas Sarkozy, envers lequel l’élu Saint-leusien n’a jamais dissimulé son hostilité.

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Mercredi 3 décembre 2014 : conférence de presse.

Un propos qui fait écho à la critique, formulée dans l’Hexagone, visant la réactivation de certains segments de l’« État UMP » depuis le retour en force de Nicolas Sarkozy, avec lequel Didier Robert, Président de la Région Réunion, distancé dans les sondages par Thierry Robert, affiche sa proximité.

« Pensez-vous vraiment que le Président de Région, que la droite, puissent être derrière cette décision ? ».

« Cela se voit comme le nez au milieu de la figure », répond Thierry Robert du tac-au-tac à la question posée par « 7 Lames la Mer ».

Une droite « d’establishment », qui « a fait péter le champagne hier », « mais l’a fait péter trop tôt », tonne l’élu centriste, qui dénonce une politique « post-coloniale », soutenue par « certains élus de notre île »… et rappelle que c’est par Mafate, haut-lieu du marronnage, qu’il a entamé son « LPA Tour », une vaste opération de consultation de la population réunionnaise.

« C’est la population qui jugera », déclare le candidat à la Présidence de la Région, qui bat des records de popularité.

« À ceux qui veulent que les Réunionnais gardent la chaîne aux pieds, je dis : faites attention. Vous jouez avec le feu. Vous jouez avec la braise », s’indigne l’élu, qui rappelle que « tous les procès contre lui se sont soldés par des non-lieu ».

Si rien ne permet de préjuger de la décision de la juridiction administrative, on se souvient que celle-ci avait, en 2009, défrayé la chronique pourtant riche du contentieux électoral réunionnais, en retenant, pour annuler l’élection à Saint-Leu d’une conseillère générale proche de Thierry Robert, l’incidence qu’aurait eu sur l’issue du scrutin un rituel magique prétendument réalisé la veille du scrutin. Rituel que la rumeur, prise en compte par les juges, attribuait, de surcroit, à l’adversaire de la gagnante !

Un raisonnement quelque peu tortueux qui, selon de nombreux observateurs, n’était pas dénué d’arrière-pensées politiques… ni, à l’évidence, de préjugés culturels. Thierry Robert avait alors répondu à l’annulation en se portant lui-même candidat sur le canton concerné, où il avait été élu sans difficulté.

Le sort de l’élection régionale sera-t-il déterminé par l’intervention du juge administratif ? Fondée, semble-t-il, sur des tournées de bus précédant une élection aux allures de plébiscite, la décision de la CNCC offre un contraste indéniable avec les certificats de validité accordés à plusieurs candidats à l’issue de scrutins aux résultats plus serrés, malgré les rumeurs d’achats de voix, pourtant mises en exergue par la presse, les cochons généreusement et ouvertement « battus à terre », les rasades de rhum et les torrents de DVE (déclarations de vacances d’emploi) issus de plusieurs collectivités etc...

« Plus déterminé que jamais », Thierry Robert assure en tout cas « qu’il sera présent à l’élection régionale ».

Geoffroy Géraud Legros

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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