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Inde

Telangana : un nouvel Etat contesté

13 novembre 2013
7 Lames la Mer
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Aboutissement d’une longue marche pour les uns, manœuvre électorale pour d’autres, la création d’un nouvel Etat accroît les turbulences au sein de l’Union indienne.


Le 30 juillet dernier, le Congrès demandait au Gouvernement de diviser en deux l’Etat d’Andhra Pradesh dans un délai de quatre mois. Le 3 octobre dernier, le Gouvernement approuvait la création du Telangana, qui s’étend sur près de 115.000 kilomètres carrés et regroupe 35 millions d’habitants répartis sur 10 districts. La création d’un 29ème État consacre la victoire d’un mouvement identitaire actif depuis les années 1960, dont la mobilisation a culminé en 2009. Grèves, grèves de la faim, suicides… la revendication, qui a entraîné tant les élites et les syndicalistes des villes que les paysans pauvres, s’appuie sur le sentiment d’inégalité fort répandu au sein de la population de l’aire « séparatiste ». Un sentiment qui n’est pas sans fondement réel. Alors que la région concentre 42% de la population de l’Andhra Pradesh et contribue à plus de 60% de ses ressources, seuls 20% des fonctionnaires de l’Etat en étaient originaires… Un taux de représentation qui tombe au-dessous des 5% au sein des plus hautes institutions de l’Etat fédéré, affirmait l’universitaire Koothappali Jayashankar, « conscience » du mouvement du Telangana, décédé en 2011.

Regain des séparatismes

Mais la partition n’est pas sans créer de remous du côté des opposants aux nouvel Etat. Les critiques portent plus particulièrement sur le statut d’Hyderabad, sixième ville du pays, qui demeurera pour 10 ans la capitale commune des deux États. De violentes manifestations ont éclaté au début du mois d’octobre entraînant l’intervention de la police et l’établissement d’un couvre-feu dans la ville de Vijayanagaram, située sur la côte nord-est de l’Andhra Pradesh. La crise, qui implique notamment les travailleurs des secteurs publics inquiets pour leur futur, trouve des prolongements sur le plan politique : quatre ministres de l’Etat fédéré ont présenté leur démission — qui fut refusée. Kiran Kumar Reddy, Ministre principal de l’Andhra Pradesh, et connu pour son opposition à la création d’un nouvel Etat, a du annuler aujourd’hui une visite officielle dans le district de Medak, situé en zone « séparatiste ». L’accélération du processus de partition, objet de tergiversations depuis 2009, est largement interprétée par les observateurs comme une manœuvre électorale. Celle-ci serait destinée à permettre au Parti du Congrès, en position dominante dans la région, de recueillir un maximum de voix dans le nouveau territoire. La création du Telangana avive les séparatismes au sein d’autres Etats de l’Union, notamment en Assam, où les Bodos réclament un Etat, et au Bengale, où la revendication du Gorkhaland s’exprime avec une intensité renouvelée.

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