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Mexique

Symbole de l’autodéfense féminine, Yakiri Rubio est libre

7 mars 2014
Geoffroy Géraud Legros
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Emprisonnée pour avoir tué l’un de ses agresseurs à la suite d’un viol en réunion, la jeune mexicaine est sortie de prison ce matin, après une intense mobilisation.


Mexico : le 9 décembre dernier, Yakiri Rubio, âgée de 20 ans, est entraînée dans un hôtel, torturée et violée à plusieurs reprises par Miguel Angel Anaya et son frère Luis Omar. La jeune femme parvient à s’emparer du couteau de Miguel Angel et à le poignarder, au moment où celui-ci s’apprête à la tuer.

Les deux criminels prennent la fuite  ; blessé, Miguel Angel meurt peu de temps plus tard.

Interrogé, Omar accuse la jeune femme du meurtre de son frère, ce qui vaut à Yakiri d’être arrêtée et emprisonnée sur le champ, sans prise en charge médicale — seule une blessure au coude reçut, semble-t-il des soins hâtivement prodigués par un ambulancier.

La jeune femme se voit aussi refuser l’accès à la pilule contraceptive et au traitement d’urgence contre le VIH auxquels la loi mexicaine donne pourtant droit à la suite d’un viol.

Manifestation pour la libération de Yakiri rubio. Photo : #YakiriLibre

Les parents de Yakiri alertent l’opinion, soutenus par des associations, dont la très active « Madres del Heavens » et la militante emblématique Norma Andrade, fer de lance de la lutte contre le véritable « féminicide » qui se déroule au Mexique, sur fond de narcotrafic et de démantèlement de l’État social.

Après 86 jours de prison, la jeune femme, inculpée pour « légitime violence excessive », a bénéficié hier d’une libération sous caution. Cette mesure constitue une victoire pour le mouvement de protestation qui prend de l’ampleur dans le pays, propagé via les réseaux sociaux par le mot-dièse (hashtag) #YakiriLibre.

Le mot-dièse (hashtag) #YakiriLibre a rallié les soutiens au mexique et au-delà. Ici, à Los Angeles. Photo : #YakiriLibre

La caution a pu être réunie grâce à une collecte et à l’aide d’élus du Parti de la révolution démocratique (PRD), majoritaire dans la capitale. Au sortir de prison, la jeune femme a dénoncé une nouvelle fois le « machisme » et demandé à être protégée par la police.

« Mon agresseur est en fuite et je veux qu’il paie pour ce qu’il m’a fait ». Toujours inculpée, la jeune femme est devenue symbole de l’autodéfense féminine face aux agressions.

GGL

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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