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Scandale de la souffrance animale

Surabaya : le zoo de la mort

29 juin 2013
Nathalie Valentine Legros & Geoffroy Géraud Legros
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Souffrance, incompréhension, folie : le regard de Mélani, tigresse de Sumatra âgée de 15 ans, qui se meurt dans le zoo de la ville de Surabaya (Java), est insoutenable. Depuis plusieurs années, et malgré les voix qui s’élèvent du monde entier, le zoo de Surabaya demeure un enfer pour les animaux. À l’origine de leur martyre, des enjeux clientélistes et la spéculation immobilière… Les animaux malades de l’argent !


Souffrance, incompréhension, folie : le regard de Mélani, tigresse de Sumatra âgée de 15 ans, qui se meurt dans le zoo de Surabaya, est insoutenable. Des années durant, elle a été empoisonnée par de la viande contaminée et imbibée de pesticides. Son système digestif est entièrement dévasté. Elle a été battue, blessée, terrorisée. Depuis peu, cette photographie qui circule sur l’internet a ravivé la mobilisation contre le « zoo de la mort » indonésien, déjà relayée l’année dernière par le chanteur Morrissey.

Affamée, la girafe mangeait des emballages en plastique

Fondé en 1916, l’établissement qui s’étend sur plusieurs dizaines d’hectares est depuis trois ans régulièrement placé sous le feu de la critique. En cause : la mortalité vertigineuse qui frappe les animaux, et les sévices répétés qu’ils y subissent. Plusieurs d’entre eux sont morts de mauvais traitements, affamés, ou faute de soins. En 2010, la girafe « Kliwon » s’éteignait dans la souffrance, l’intestin bouché par une boule de plastique de 18 kilos. Affamée, elle se nourrissait d’emballages, parfois jetés par les visiteurs, sans aucun contrôle des gardiens… Les tigres sont confinés dans des cages en béton, et n’ont « droit » qu’à trois jours de sortie.

Actes de sadisme

Une concentration de deux cent pélicans sous-nourris, malades, apeurés, parqués dans un enclos exigu, où ils ne peuvent ouvrir leurs ailes, complète cette description d’un enfer volontairement créé par l’homme pour les animaux. La viande et les aliments qui leurs sont destinés sont revendus par les gardiens, et remplacés par des aliments avariés ou empoisonnés ; leur reproduction est exploitée à des fins commerciales ; quatre varans de Komodo auraient été tués pour alimenter le marché parallèle. Les bêtes sont aussi victimes d’actes de sadisme pur et simple. En 2010, le journal indonésien « Jakarta Post » avait révélé au monde l’existence du « zoo de la mort » de Surabaya.

Clientélisme et spéculation

Tout en persistant à attribuer les morts et les blessures d’animaux à des « facteurs inconnus » et en se renvoyant les responsabilités, dirigeants de la structure et élus municipaux s’étaient engagés à améliorer les conditions de vie des pensionnaires. Celles-ci se sont en réalité dégradées, malgré les efforts déployés par un nouveau responsable nommé en 2012 [1]. Le clientélisme municipal explique sans doute pour partie le refus opposé par le maire de Surabaya à la demande de professionnalisation de l’équipe exigée par les autorités centrales, décision qui paralyse l’activité du zoo…

Le sursaut viendra-t-il des enfants ? Une touche d’espoir dans cet univers sordide.

Emplacement de premier choix au centre-ville

Mais au-delà, c’est sans doute la spéculation qui sous-tend le martyre imposé aux animaux de cet établissement, qui fut longtemps le plus prestigieux et le plus admiré du pays. Couvrant plusieurs hectares, l’établissement dispose d’un emplacement de tout premier choix au centre de cette ville de plus de trois millions d’habitants… De quoi attiser l’appétit des promoteurs immobiliers. Laisser mourir les animaux pourrait s’avérer un moyen peu coûteux de libérer les lieux... pour le plus grand profit des spéculateurs.

Geoffroy Géraud Legros & Nathalie Valentine Legros

Nathalie Valentine Legros & Geoffroy Géraud Legros

Chroniques réunionnaises à quatre mains, avec Geoffroy Géraud Legros et Nathalie Valentine Legros.

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