Categories

7 au hasard 5 juillet 2014 : André Thien Ah Koon et la Cité du Volcan : un ultimatum vertueux ? - 17 janvier 2015 : Et si les créoles (re)colonisaient les oreilles ? - 28 septembre 2017 : Maloya : kisa i koné zistoir « Dodo Siya ? » - 5 novembre 2017 : Séga des Chagos : comme un bel oiseau dans le ciel - 16 juin 2017 : Pirot rejoint Peters au paradis - 28 janvier : Camarades miss, levez le poing, vous êtes filmées - 21 mars 2014 : Pauvre Émilie Albertini ! - 28 décembre 2016 : 1945 : Le Port sentait le gingembre et la mangue... - 29 mars 2015 : Clotilde, la femme qui a vu Sarda - 31 janvier 2015 : Michel Legris au paradis : la foule en deuil danse et chante -

Accueil > La Réunion > Economie et société > Sin-Dni : #jesuisfurcy au Barachois

Histoire et liberté

Sin-Dni : #jesuisfurcy au Barachois

3 février 2016
Geoffroy Géraud Legros & Nathalie Valentine Legros
fontsizedown
fontsizeup
Enregistrer au format PDF
Version imprimable de cet article Version imprimable

Ce lundi 1er février, l’association #Libernoutfurcy a été reçue à la mairie de Saint-Denis (île de La Réunion). But : faire baptiser une rue du nom de Furcy. « Bonne nouvelle : notre requête récolte un avis favorable qui devra être validé lors d’un prochain conseil municipal », écrit l’association. La rue choisie, située au Barachois, longe le square La Bourdonnais, non loin de la préfecture. Ce geste de la mairie de Saint-Denis mérite d’être salué dans une île où l’on compte plus de rues, monuments et bâtiments rendant hommage à des colonialistes et esclavagistes qu’aux héros positifs de l’histoire réunionnaise.

Mahé de La Boudonnais n’est pas au bout de ses mésaventures : tranquillement installée à côté de la Préfecture, où elle symbolise la continuité du pouvoir, la statue de l’ancien gouverneur avait déjà du subir un happening, au terme duquel elle s’était retrouvée voilée.

Passé cet attentat éphémère, destiné à rappeler l’implication du personnage dans le mode de production esclavagiste qui a façonné l’histoire de La Réunion et de l’océan Indien, Mahé pouvait à nouveau regarder la ligne bleue d’un océan qui avait tant contribué à ses ambitions et à son enrichissement.

Il aura désormais le désagrément d’être bordé par une rue « Furcy ». Furcy, c’est cet esclave qui, prenant à bras le corps le système judiciaire de son époque, a réussi à obtenir sa liberté. Un symbole qui n’est pas comparable à celui du marronnage, révolte collective doublée de la tentative de construire une société alternative au système colonial.

Furcy, lui, refuse l’exit et fait entendre sa voix là où personne ne s’imaginait qu’elle pût porter ; là où tout semble promettre le dominé à l’échec. Ainsi, l’esclave Furcy dont la mémoire a été recussitée par Mohamed Aïssaoui [1] et popularisée par le chanteur Kaf Malbar, s’adresse à nos contemporains. Pas certain que Mahé et les entrepreneurs de mémoire toujours prompts à exalter le blanc paradis des temps coloniaux apprécient cette plaque qui sonne comme un #jesuisfurcy.

Geoffroy Géraud Legros et Nathalie Valentine Legros

Notes

[1« L’affaire de l’esclave Furcy », Gallimard.

A lire aussi :

Partager

Réagissez à cet article

comments powered by Disqus

Abonnez-vous à la Newsletter

Image Newsletter