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Histoire et liberté

Sin-Dni : #jesuisfurcy au Barachois

3 février 2016
Geoffroy Géraud Legros & Nathalie Valentine Legros
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Ce lundi 1er février, l’association #Libernoutfurcy a été reçue à la mairie de Saint-Denis (île de La Réunion). But : faire baptiser une rue du nom de Furcy. « Bonne nouvelle : notre requête récolte un avis favorable qui devra être validé lors d’un prochain conseil municipal », écrit l’association. La rue choisie, située au Barachois, longe le square La Bourdonnais, non loin de la préfecture. Ce geste de la mairie de Saint-Denis mérite d’être salué dans une île où l’on compte plus de rues, monuments et bâtiments rendant hommage à des colonialistes et esclavagistes qu’aux héros positifs de l’histoire réunionnaise.

Mahé de La Boudonnais n’est pas au bout de ses mésaventures : tranquillement installée à côté de la Préfecture, où elle symbolise la continuité du pouvoir, la statue de l’ancien gouverneur avait déjà du subir un happening, au terme duquel elle s’était retrouvée voilée.

Passé cet attentat éphémère, destiné à rappeler l’implication du personnage dans le mode de production esclavagiste qui a façonné l’histoire de La Réunion et de l’océan Indien, Mahé pouvait à nouveau regarder la ligne bleue d’un océan qui avait tant contribué à ses ambitions et à son enrichissement.

Il aura désormais le désagrément d’être bordé par une rue « Furcy ». Furcy, c’est cet esclave qui, prenant à bras le corps le système judiciaire de son époque, a réussi à obtenir sa liberté. Un symbole qui n’est pas comparable à celui du marronnage, révolte collective doublée de la tentative de construire une société alternative au système colonial.

Furcy, lui, refuse l’exit et fait entendre sa voix là où personne ne s’imaginait qu’elle pût porter ; là où tout semble promettre le dominé à l’échec. Ainsi, l’esclave Furcy dont la mémoire a été recussitée par Mohamed Aïssaoui [1] et popularisée par le chanteur Kaf Malbar, s’adresse à nos contemporains. Pas certain que Mahé et les entrepreneurs de mémoire toujours prompts à exalter le blanc paradis des temps coloniaux apprécient cette plaque qui sonne comme un #jesuisfurcy.

Geoffroy Géraud Legros et Nathalie Valentine Legros

Notes

[1« L’affaire de l’esclave Furcy », Gallimard.

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