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Tribune Libre Koudzokman

Ségamaloya : un Koudzok à l’Olympia

1er février 2017
Jean-Bruno Escyle
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« Koudzok Ségamaloya » est, pour la première fois, un projet réunissant une démarche artistique, culturelle, militante et une démarche économique pour la musique réunionnaise, avec un événement final de prestige, un grand concert à l’Olympia, le dimanche 29 octobre 2017.

Au milieu de gauche à droite : Séga’El, Jean Bruno Escyle (Apolonia) et Pael Gigan.

« Koudzok Ségamaloya » : la rencontre de trois artistes


« Koudzok Ségamaloya », c’est la rencontre de trois artistes populaires réunionnais qui s’investissent pour porter au plus haut La Réunion artistiquement et esthétiquement : Jean Bruno Escyle (Apolonia), Pael Gigan et Séga’El.

« Koudzok Ségamaloya » obéit à une philosophie d’ouverture et de partage nourrie par l’histoire du « ségamaloya » qu’ils portent. Chacun de leur côté, ils ont un parcours jalonné de succès et de rencontres, avec La Réunion au cœur de leur engagement artistique.


Séga’El / Jean Bruno / Pael


« Koudzok Ségamaloya » est la mise en commun des expériences, des univers et des répertoires de Jean Bruno, de Pael et de Séga’El, pour porter au plus haut le drapeau de la musique réunionnaise.

À travers ce projet, leur ambition est de créer et de proposer un spectacle live de deux heures composé de titres de chacun chantés ensemble (en lead ou en chœur), posé sur une fondation « ségamaloya » et une instrumentation à dominance acoustique et originelle de leurs musiques (banjo, accordéon, violon, percussions, basse et voix) assurée par une équipe de musiciens confirmés.

Une étape en studio permettra de produire une démo à partir de titres déjà existants de chacun, réarrangés dans l’esprit « Koudzok ». Ce support servira de carte de visite auprès des médias, des partenaires publics ou privés, d’outil de promotion et de diffusion. Puis des répétitions musicales seront organisées avec toute l’équipe, ainsi qu’une résidence de création au Théâtre des Sables de l’Étang Salé, une série de concerts à La Réunion ou dans la zone Océan Indien et un grand concert à l’Olympia le 29 octobre 2017.


« Ségamaloya », comme un « retour aux sources »...


Le « Koudzok Ségamaloya » est avant tout une démarche culturelle qui vise à associer les deux entités de l’héritage musical réunionnais issu du « tchega » : l’entité séga et l’entité maloya. Sans cette vision d’unité, toute tentative de faire briller le son réunionnais est vouée à l’échec.

Les trois artistes relèveront le défi de donner au « ségamaloya » la place qu’il mérite. Ils ont depuis longtemps dépassé le positionnement musical stérile « séga ou maloya ».

Le terme « séga » résonne également dans l’archipel des Mascareignes, voire au-delà (Madagascar, Sri Lanka...) là où les esclaves d’Afrique de l’Est ont été envoyés. Par conséquent, qui dit « ségamaloya » dit séga réunionnais avec son enracinement maloya (séga des noirs). C’est donc d’abord un son avec une fondation réunionnaise forte et une porte ouverte à d’éventuelles collaborations constructives.


« Ségamaloya », un concept de décloisonnement


L’enjeu de « Koudzok Ségamaloya » est de populariser encore plus le « ségamaloya » ici et ailleurs. Sortir le « séga galizé » du salon, des environnements pour initiés en laissant libre court à chacun de le ressentir comme il le veut, Réunionnais ou non. Qu’il redevienne un espace de liberté.

Pour cela, la dimension « maloya » est indispensable à son décloisonnement. Car aujourd’hui, l’univers « séga » s’est réduit à un « formatage FM et salon » à tel point que les artistes, pour la plupart, sont sans le vouloir dans une démarche « copié-collé » imposée par un contexte difficile artistiquement.

Il faut impérativement libérer l’énergie du « ségamaloya », sortir de cette vision unique. L’objectif d’un tel défi n’est pas de refuser la connexion de formes d’expression similaires ayant en commun le même héritage ! Au contraire, l’objectif est de montrer tout ce qu’il est possible de faire avec une signature musicale réunionnaise plus ouverte sur le monde. C’est la philosophie du « ségamaloya ».


Comment parler du maloya sans parler du séga ?


Il est important de démontrer le lien historique entre le séga d’aujourd’hui qui n’est autre qu’une occidentalisation du « séga originel » qu’on appelle maloya depuis le 20ème siècle. Tout ceci dans un souci de transmission réussie. En effet comment parler du maloya sans parler du séga ?

Comment valoriser notre patrimoine immatériel classé à l’UNESCO sous le label « maloya » sans dire que le maloya est originellement un séga (tchega) ?

Mettre en avant le « ségamaloya », c’est automatiquement permettre une meilleure protection du maloya lui-même, entité originelle et traditionnelle de la musique réunionnaise. On ne pourra pas sauvegarder le maloya au détriment du séga et les opposer systématiquement ; c’est une erreur que seule une dynamique « ségamaloya » peut contrer efficacement.


« Ségamaloya » : à la conquête de nouveaux publics


En terme de production, les objectifs sont de faire connaitre nos musiques identitaires au plus grand nombre, en allant à la conquête de nouveaux publics à l’extérieur. En effet, depuis plusieurs années, ce sont presque uniquement les Festivals de World Music qui font l’objet de démarchage et d’exposition de nos musiques à l’export.

La vision exotique, folklorique, voire élitiste, prend le pas sur une lecture beaucoup plus culturelle et grand public dans les décisions qui consistent à faire émerger des artistes à l’export.

Il existe de nombreux lieux de programmation (salle de spectacles, salles communales, organisateurs d’événementiels, services culturels, etc.) qui ne programment jamais de musiques de La Réunion. L’objectif est de toucher ces lieux de programmation, beaucoup plus nombreux que les festivals, pour augmenter la diffusion à l’export de nos musiques.

Séga’El, Jean Bruno Escyle (Apolonia) et Pael Gigan.

« Ségamaloya » : pour inspirer d’autres dynamiques artistiques


Le choix d’un spectacle à l’Olympia, lieu mythique et reconnu, bien que difficile d’accès, se justifie par ce souhait de toucher le plus grand nombre des programmateurs, par un spectacle marquant, de prestige et d’envergure. Les trois voix Lead seront accompagnées sur scène par cinq musiciens confirmés. Ils seront assistés par trois techniciens « son et lumière », qui suivront cette création de bout en bout, avec une vraie création lumière et son et un décor réunionnais.

La finalité de tout cela ne réside pas seulement dans une simple aventure musicale, c’est une démarche qui vise aussi à valoriser nos héritages culturels. Démontrer qu’il est possible de voir grand avec le « ségamaloya », non seulement pour La Réunion mais plus loin.

Remettre au goût du jour ce qui a fait la force de cet espace de liberté, à savoir le partage avec les autres, artistes réunionnais, artistes de la zone, artistes d’ailleurs. Dans cette perspective, donner la chance à cette forme d’expression d’inspirer d’autres dynamiques artistiques. En clair, trouver des passerelles pour connecter le « ségamaloya » à d’autres univers musicaux ayant des héritages en commun.

L’Olympia. Source : homeselect.paris

« Koudzok Ségamaloya » à l’Olympia


Les partenaires qui nous suivront dans cette aventure verront une grande partie de leurs souhaits et de leurs investissements se concrétiser avec une salle de l’Olympia à guichet fermé. La suite de leurs actions en matière de politique culturelle sera encore plus légitime avec un tel succès.

Comme précisé en amont, les artistes qui sont dans cette aventure ont tous un public à La Réunion et aussi en métropole. Comme d’autres musiciens l’ont fait avant nous, nous allons solliciter un public communautaire pour lancer la dynamique sur le plan national.

« Koudzok Ségamaloya » à l’Olympia n’est donc pas seulement une animation musicale destinée à distraire les compatriotes et les amoureux de La Réunion en leur faisant passer un bon moment de nostalgie.

« Koudzok Ségamaloya » est aussi un concert de musique réunionnaise de qualité professionnelle avec une recherche artistique forte qui va capter l’attention du public et des professionnelles du secteur.

Jean Bruno Escyle

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