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Tribune Libre de Laklarté

Ségamaloya : mobilisation avec « TIR SA »

14 janvier 2016
Laklarté
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Le collectif Laklarté exige le retrait de la plaque « Maloya » apposée sur le mur du pôle de santé mentale de l’hôpital de Saint-Pierre et interpelle les élus afin qu’ils se prononcent.

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Joueurs de maloya au bal de la Croix Blanche, en 1956. (Source : "La Réunion se souvient", 1986)

Pour commencer, c’est qui, c’est quoi laklarté ? Laklarté — Linité Artistik Kiltirel Lang Anvironman Réyoné Tradision Épanouisman — est un espace ouvert de réflexion et d’action lié à la culture réunionnaise (...). Laklarté a déployé ses rayons en janvier 2015. (...) Le Ségamaloya est la colonne vertébrale de nos actions, (...) réfléchies et conduites dans l’intérêt de la culture réunionnaise, dans un esprit de famille.

Laklarté regroupe de nombreux mouvements, associations, collectifs, œuvrant pour beaucoup dans la sphère culturelle. Citons par exemple : Tin’n pa nout mémwar, Lamkal, Rasin’n Kaf, MLK, Tiembo Dobout, Comité Élie, Mandela Day, Somin Simandel... Cette force nous a permis d’enclencher notre première action impliquant des Réunionnais de tout bord, d’ici et d’ailleurs au sein d’une campagne de photos intitulée : « TIR SA ».

Notre colonne vertébrale, c’est le Ségamaloya qui est pour nous, Laklarté, le porte-drapeau de l’identité multiculturelle réunionnaise. Notre mobilisation est habitée par l’amour de notre île, non par la vengeance, le mépris... Nous refusons d’aller sur ce terrain.

Le pole de santé mentale « Maloya » du CHU de Saint-Pierre est l’élément déclencheur et non cristallisant pour Laklarté. Comme d’autres initiatives maladroites, il fait partie d’un processus, involontaire ou pas, qui vise à empêcher véritablement une identification du terme « Ségamaloya » comme étant d’abord un vecteur identitaire majeur pour les Réunionnais. On n’est donc pas uniquement, et comme on voudrait bien le faire croire, sur le thème de la maladie mentale ou autre.

Sortir de la vision binaire

L’enjeu n’est pas ce que l’on a le droit de faire ou non avec les termes « Séga » et « Maloya ». L’enjeu n’est pas, à chaque fois qu’un sujet heurte l’histoire, la culture, l’identité des Réunionnais, de l’enfermer dans une vision binaire (pour ou contre) pour diviser la société et cantonner ceux qui ont le courage de porter ses interrogations sur la place publique dans le rôle d’agitateurs.

L’enjeu est ailleurs et beaucoup plus important que cela. Il touche au sens même des termes « Maloya » et « Séga ».

En effet, notre musique, le Ségamaloya, a besoin de reconnaissance, besoin que l’on s’intéresse vraiment et sérieusement à elle d’un point de vue historique, patrimonial. Elle a besoin d’une démarche de transmission. Pour toutes ses raisons, qui font l’unanimité auprès de la majorité du monde culturel voire plus, il est important pour Laklarté que le sens initial du terme Maloya ne soit pas détourné. À force de renvoyer les mots Maloya ou Séga à des significations qui n’ont rien à voir avec leur essence même — celle d’un vecteur identitaire et culturel du peuple — on finit par minimiser leur importance dans l’histoire de La Réunion.

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Tiloun

Pour nous Laklarté, tout ce processus qui vise à dénommer une boisson Maloya, une limonade Séga, un café Séga, une unité psychiatrique Maloya, contribue sans aucun doute à brouiller, ternir et minimiser leurs sens.

N’y a t-il pas derrière tout cela une volonté de réduire — voire d’effacer — l’héritage des descendants d’esclaves et d’engagés qui ont payé un lourd tribu dans l’histoire de La Réunion et qui ont façonné cette musique, vecteur de notre identité multiculturelle ? Pour mettre quoi à la place ? Sur ce plan, l’Unesco (...) contribue à la reconnaissance internationale du maloya et invite les collectivité à (...) le valoriser, le protéger, le diffuser, le transmettre.

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Danyel Waro

Pour Laklarté, on est complètement dans le sens inverse de ce que préconise l’Unesco (...). Nous ne nous focalisons pas sur l’hôpital de Saint-Pierre mais nous interpellons les élus à ce sujet : ils doivent se prononcer. L’enjeu n’est donc pas juste une histoire de « pour ou contre », enjeu dans lequel on aimerait nous enfermer pour nous ridiculiser.

D’autres actions sont prévues, toujours dans une dynamique de dialogue, pour expliquer notre vision, en attendant un positionnement intelligent, responsable et apaisant du conseil de surveillance qui doit statuer sur la validation ou non de cette dénomination.

Nous exigeons le retrait de cette plaque purement et simplement. Nous comprenons la maladresse mais pas l’entêtement de ces professionnels de la psychiatrie qui normalement sont censés soulager, apaiser mais non attiser. N’inversons pas les rôles : ce sont eux qui ont lancé les hostilités, et non les Réunionnais.

Laklarté

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Pael Gigan

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