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A voir au cinéma

Sebastião Salgado : « Le sel de la Terre »... et de La Réunion

26 novembre 2014
Guy Martin, Nathalie Valentine Legros
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Ne passez pas à côté du film documentaire de Wim Wenders et de Juliano Ribeiro Salgado sur Sebastião Salgado, photographe humaniste lumineux d’origine brésilienne : « Le sel de la terre » qui passe actuellement au CinéPalmes. Et retour sur le séjour de Lélia et Sebastião Salgado à La Réunion, il y a 25 ans...

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C’est une belle leçon de vie à laquelle nous sommes conviés. Wim Wenders et le fils de Salgado nous montrent le regard humble et pénétrant que Sebastião Salgado porte sur la Planète au travers des photographies qu’il fait depuis des dizaines d’années. La planète qui supporte une espèce vivante très particulière à laquelle nous appartenons : l’espèce humaine. Si terrible à certains égards et si terriblement fragile d’autre part.

Des photos noir et blanc marquées par un contraste et une lumière qui sont propres à ce photographe, d’une esthétique souvent effroyable en raison des thèmes traités. Mais les sujets sont toujours respectés, hommes, femmes ou enfants et y compris les morts qui jalonnent son parcours.

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Photo de Sebastião Salgado, extraite de : "Le sel de la Terre"

Il a toujours tenu à être présent, à témoigner. À dénoncer par le biais de ces photos toutes les atrocités dont il était le témoin volontaire en allant sur place dans les différents pays où se déroulaient des drames humains.

Cette vision désespérante d’une certaine humanité. Celle qui est prête à détruire, opprimer et au bout du compte à se détruire. Cette vision là, qu’il a vécue en direct bien des fois, aurait pu avoir raison de lui.

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Photo de Sebastião Salgado, extraite de : "Le sel de la Terre"

En grande partie grâce à sa femme qui l’a toujours soutenu depuis son premier appareil photo, ses dernières images nous offrent un nouveau regard. Elles nous invitent à voir que la terre est encore le lieu de paysages exceptionnels. Elles nous montrent que les plantes et les animaux sont à leur place quand le milieu est préservé et nous invitent à réfléchir sur la place de l’espèce humaine.

Pour Sebastião Salgado, l’homme peut encore agir dans un sens plus harmonieux avec la planète Terre. Nous devons la partager avec toutes les autres espèces vivantes. C’est ce message là qu’il nous offre à la fin de ce documentaire. Je vous invite à nouveau à aller le voir.

Guy Martin
22 novembre 2014

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Sebastião Salgado, photo extraite de : "Le sel de la Terre"

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"Distillerie Petite-Ile", 1989. Photo : Sebastião Salgado, extraite de : "150 photos pour le 150ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage" (1998)

Lélia et Sebastião Salgado ont séjourné dans notre île, il y a 25 ans, invités par le maire du Port de l’époque, Pierre Vergès, à l’occasion des « Rencontres Internationales de la Photographie de la Ville du Port » dont la première édition a été inaugurée en 1989.

Un vieil hangar majestueux, ancien dépôt de rhum, qui s’élevait à proximité de la « Butte Citronnelle », a accueilli la première édition de cette manifestation appelée aussi « In Port Expos ». Édifice monumental et historique, véritable patrimoine industriel, malheureusement sacrifié au nom de l’urbanisme... et manifestation qui n’a connu que trois éditions (les deux suivantes se sont déroulées dans le vieux marché couvert).

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"Distillerie de vétiver au Tampon", 1989. Photo : Sebastião Salgado, extraite de : "IN PORT EXPOS 91"

Le travail autour de l’image initié à l’époque dans la cité maritime par Alain Séraphine et d’autres artistes (Chaab, Kathleen Scarboro, Jack Beng Thi, Henri Maillot, Antoine du Vignaux, Ida Aït El Hadj, Jean-Pierre Gallo, etc.), en tant que militant culturel, artiste, puis élu, avait contribué à sensibiliser les esprits : sculptures, peintures murales, installations monumentales occupaient déjà l’espace urbain.

En 1989, Sebastião Salgado avait axé son travail photographique à La Réunion sur les plantes à parfum. L’année suivante, il restituait son reportage aux Réunionnais en exposant ses œuvres au musée Stella Matutina, dans le cadre des « 2èmes Rencontres Internationales de la Photographie de la Ville du Port ».

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"Ramassage du vétiver dans les hauts de Saint-Joseph", 1989. Photo : Sebastião Salgado, extraite de : "IN PORT EXPOS 91"

Son regard bleu avait capté le travail des hommes, dans un jeu subtil d’ombre et de lumière, de brume et de clarté, abolissant à travers son objectif le temps immuable de la tradition que des générations avaient perpétuée par des gestes mille fois répétés. Ce fut une grande émotion. Au passage, il nous livrait la photo d’un mariage à la « Petite-Ile » — prise donc en 1989 — qui semblait resurgir d’un siècle oublié.

Partout où ses pas le mènent, Sebastião Salgado s’intéresse à l’humain. A l’humanité. Ce fut le cas ici aussi, à La Réunion. L’appareil toujours à portée de main, le regard bleu en alerte, il évolue à son rythme, sans précipitation, ajustant ses gestes à la situation. Accordant du temps au temps jusqu’à ce que, comme par magie, le tableau de la vie se compose et se fixe dans l’œil du photographe.

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"Mariage à Petite-Ile", 1989. Photo : Sebastião Salgado, extraite de : "IN PORT EXPOS 91"

Chaleureux et discret, il était accompagné pendant son second séjour chez nous, en 1990, de sa femme Lélia, et de deux autres grands photographes : le regretté Willy Ronis et le tonitruant Guy Le Querrec. Partager un repas avec ces trois là à table relevait du rêve...

Tous les trois ont réalisé un travail photographique sur La Réunion, exposé dans le cadre des « Rencontres Internationales de la Photographie de la Ville du Port » — qui ne connurent malheureusement que trois éditions — et versé dans le fonds d’art portois qui contient des chefs-d’œuvre.

Nathalie Valentine Legros

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1990, l’heure du départ. De gauche à droite : Nathalie Valentine Legros, Bernard Conac co-organisateur de "In Port Expos", Sebastião Salgado, Lélia Salgado, Willy Ronis et assis devant : Guy Le Querrec. (Collection personnelle)

Nathalie Valentine Legros

Journaliste, Écrivain.
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