Categories

7 au hasard 17 février 2016 : Onde de Sok avec « Soul Sok Séga » - 24 février 2014 : La Possession : faux départ pour la candidate socialiste - 18 août 2013 : Avons-nous voté pour Merkel ou pour le changement maintenant ? - 24 juin 2013 : Une loi contre la « réhabilitation du nazisme » - 24 septembre : « Mon doudou », premier concert radiophonique ! - 20 février : Ensoleillement, vent, océan, volcan : Outre-mer gagnant - 20 avril 2015 : Kanyar exquis ! - 27 août 2013 : Plein la vue avec l’ISS - 23 octobre 2016 : Mais où sont les bras du bébé ? - 5 février 2014 : La politique du chien crevé -

Accueil > 7 au menu > 7 à voir > « Sanctuaires », la créolisation comme un nouvel imaginaire

Exposition, École Supérieure d’Art

« Sanctuaires », la créolisation comme un nouvel imaginaire

9 octobre 2015
7 Lames la Mer
fontsizedown
fontsizeup
Enregistrer au format PDF
Version imprimable de cet article Version imprimable

L’École Supérieure d’Art inaugure pour cette nouvelle année universitaire son cycle d’expositions avec « Sanctuaires », second volet de « L’envers de l’île » récemment accueilli au Musée Léon Dierx .

Cette exposition est le résultat d’un workshop mené avec les étudiants des années 2, 3, 4 et 5 sous la houlette de deux enseignants et professionnels de l’art : Nathalie Gonthier, commissaire d’exposition, et Aude-Emmanuelle Hoareau, philosophe de l’art. « L’envers de l’île/Sanctuaires » accueille les œuvres de 19 artistes, dont certaines issues de collections publiques de l’île et prend place dans la galerie de l’école mais également dans un espace d’exposition virtuel.

« Cette exposition est emblématique à plus d’un titre, explique Patricia de Bollivier, la Directrice de l’École. D’un point de vue pédagogique d’abord, elle met les étudiants en situation professionnelle de montage d’une exposition depuis le choix des œuvres, selon une thématique et un protocole amenés par des enseignants, jusqu’à la médiation en passant par la scénographie et l’accrochage. L’étudiant est ainsi posé face à la réalité de ce média qui sollicite un large faisceau de métiers et de savoir-faires : direction artistique, design d’espace & design graphique, communication et accueil des publics »...

L’ouverture sur les collections publiques de l’île (le Musée Léon Dierx, l’Iconothèque et la Collection d’art contemporain de la Ville de Saint-Pierre) est une précieuse opportunité offerte aux étudiants de plonger dans le patrimoine artistique réunionnais, que l’École met un point d’honneur à intégrer dans sa pédagogie. L’exposition met en dialogue des images anciennes et des œuvres d’artistes vivants à La Réunion, et vient ainsi nourrir la très nécessaire ouverture de l’enseignement sur le local dans toute sa diversité, sa complexité et sur son articulation avec le global.

« Il ne s’agit pas de montrer une quelconque face cachée de l’île, mais bien de porter sur le visible de l’île un autre regard, de s’attacher à des points de vues d’artistes qui nous permettent de ressentir toute la complexité et la richesse d’une culture, d’une identité, précise Nathalie Gonthier, commissaire de l’exposition. Les artistes ont toujours eu cette capacité à mettre à jour un processus de contacts, de relation, à filtrer notre société, à ne retenir d’elle que l’essence intrinsèque de ce qui la constitue. Dans cette exposition, ils nous donnent à penser la créolisation comme un nouvel imaginaire capable de nourrir les poétiques diffractées du chaos du monde actuel ».

La Galerie de l’ESA est ainsi placée à la jonction de la pédagogie et de la recherche, à la rencontre du champ artistique, contribuant à la politique d’ancrage territorial de l’ESA par un maillage fort avec les opérateurs culturels et les artistes. Ceux de « L’envers de l’île/Sanctuaires » sont pour certains des anciens de l’école : Stéphanie Hoareau, Esther Hoareau, Cédric Mong-Hy, Yohann Quëland de Saint-Pern, qui sont également enseignants dans l’établissement ; Léa Sautron et Abel Técher, fraîchement diplômés.

Un dispositif de médiation a également été pensé et organisé par les étudiants, pour un accueil optimisé des publics, avec une attention particulière pour les jeunes et les scolaires.

La galerie de l’Ecole, en tant qu’outil de diffusion de l’art contemporain est
actuellement en mutation : son aménagement prévu à court terme en concertation avec la Ville permettra une plus grande accessibilité et une meilleure intégration dans la cité.

Elle se dote par ailleurs d’un espace complémentaire, totalement virtuel celui-ci, une web-galerie qui permettra, de mettre en ligne des œuvres de plasticiens, d’écrivains, de critiques. Une manière de faire tomber les murs de l’ESA, de gagner de l’espace, et, pour paraphraser Jean Davallon, de décloisonner « pour ainsi dire tout l’univers » [1] de l’espace d’exposition.

Pour l’inauguration de cet espace à géométrie variable et aux murs volatiles, les étudiants ont choisi trois artistes et auteurs : Christian Jalma, qui présente une Jalmathèque où vous découvrirez Les 12 travaux pok pok selon des protocoles performatifs jalmesques, Cédric Mong-Hy qui nous ouvre les portes sur les républiques Pirates et Stéphane Gilles, pour Une épopée à Piton Tortue, centre physique et métaphysique de l’île.

Un espace critique, et un espace médiation figurent également dans web-galerie, qui est l’antichambre de la future revue de l’ESA-Réunion, revue en ligne encore en chantier et dont le principe repose également sur l’activation partenariale des « énergies durables » du secteur des arts visuels dans l’île, et même d’ailleurs !

« L’ESA Réunion, en prenant part à l’ambitieux projet de « L’Envers de l’île », redit ainsi sa volonté de se poser à l’endroit de l’île où se rencontrent et coopèrent les puissances créatrices qui contribuent à l’émergence d’un appareil critique sur le territoire », conclut Patricia de Bollivier.

École Supérieure d’Arts de La Réunion
102, avenue du 20 décembre Le Port
Exposition du 15 octobre au 6 novembre 2015
du lundi au vendredi de 9h à 17h
et le samedi de 9h à 11h

7 Lames la Mer

Réalités émergentes Réunion, Océan Indien, Monde.
Presse, Edition, Création, Revue-Mouvement.
Facebook, Twitter.

Notes

[1« Claquemurer pour ainsi dire tout l’univers : la mise en exposition », Jean Davallon, Centre Georges pompidou/CCI, 1986.

A lire aussi :

Partager

Réagissez à cet article

comments powered by Disqus

Abonnez-vous à la Newsletter

Image Newsletter