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Art et urbanisme

Sacrifice d’un Gouzou

9 septembre 2015
Izabel et MGL
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La ville est un organisme vivant en perpétuelle mutation. Les marqueurs du passé, qui souvent sont constitutifs d’une identité, tendent à s’effacer peu à peu du décor laissant la place à une architecture standardisée et occidentalisée. L’artiste Jace, pour sa part, joue à l’infini dans ce décor urbain mouvant. Son art éphémère par nature nous administre une piqûre de rappel quant à notre propre finitude.

Le Gouzou de Jace

C’est le Gouzou qui m’a attiré. L’immeuble était en retrait, en arrière d’un terrain à l’abandon où trônait une carcasse de voiture. Jace avait fait son personnage au bas de cet immeuble abandonné de la rue Monthyon.

La semaine suivant mon passage, l’immeuble était rasé. En deux jours, il était réduit à un amoncellement de blocs de béton et de ferraille. Il était temps que je fasse cette photo !

Mais, j’en ai profité aussi pour explorer les lieux.

De toute évidence, on avait préparé le terrain. Les portes et les fenêtres avaient été enlevées, arrachées et jetées ou même emportées. Pour éviter certainement que ce bâtiment, qui n’avait sans doute pas eu de rénovation correcte depuis longtemps, ne serve d’accueil à des squatters !

L’immeuble, dont les murs défiaient le temps, datait sans doute de plus de cinquante ans. Il y avait même des jardinets au rez-de-chaussée. Mais tout avait été dévasté. Une tornade, un phénomène très localisé, un mini-cyclone d’une violence extrême, à St Denis, en plein mois de juillet… ou alors un épisode de guerre ? Je n’en revenais pas.

Des Planches, des tuyaux, des matelas, des fauteuils, des chaises, une gazinière... étaient dispersés dans les jardins et du côté de l’immeuble où se trouvaient les entrées. Une question se pose : que sont devenus ceux qui occupaient ces appartements ?

Leur a-t-on proposé de nouveaux parapluies ? Plus sérieusement, de quoi se mettre à l’abri. Les a-t-on relogés dans le respect, la dignité ? C’est étonnant de voir ces pièces dévastées, encore occupées de meubles. Ces cuisines où subsiste de la vaisselle. Cette chambre au matelas dénudé qui attend le drap…

L’imagination vagabonde méchamment devant cela. On se surprend à penser à des scènes de déportation, à des colonnes de gens encadrés de militaires armés.

Mais bien sûr, rien de tel n’a pu se produire, n’est-ce pas ?

Ce qui est sûr, c’est que ce quartier qui était encore populaire et relativement bon marché, il y a quelques années, est devenu résidentiel, très prés en fait du centre ville. Les loyers de la nouvelle résidence, « Résidence Marc Aurèle » s’il vous plait, n’auront plus grand chose à voir avec ceux de l’immeuble disparu. Espérons néanmoins que ses murs soient aussi solides et droits que ceux qu’on vient de détruire.

Izabel et MGL
Photos MGL
Août /Septembre 2015

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