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NRL

Route du Littoral : le point de « non-retour » serait 2018

20 avril 2016
Bruny Payet, Alternative Transports Réunion-Fnaut
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Ce 21 avril, 7 recours contre les arrêtés préfectoraux et ministériel autorisant la Nouvelle Route du Littoral (NRL) seront à l’audience du Tribunal Administratif.

Illusion d’optique... Rob Gonsalves

L’association ATR-Fnaut s’est donné un « intérêt et une capacité à agir » au tribunal pour contester les fondements juridiques de la route en mer, dite NRL. Sept recours déposés depuis 2014 contre les arrêtés préfectoraux et ministériel autorisant la NRL seront à l’audience du Tribunal Administratif du 21 avril à 9 heures.

En 2012, ATR-Fnaut s’est donné pour objectifs statutaires de « favoriser un aménagement équilibré du territoire et un développement durable, protéger l’environnement local et global, améliorer le cadre de vie et le paysage urbain, suburbain et naturel, réduire les gaspillages économiques liés aux déplacements à La Réunion ».

En rejoignant la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports (FNAUT), ATR bénéficie de l’expérience acquise dans d’autres régions en matière de recours sur de grands projets d’aménagement (voir récent recours de la FNAUT, Pays de Loire).

Notre droit, notre intérêt et notre capacité à agir ne peuvent être sérieusement contestés.

Jusqu’en 2018, réorienter les travaux sur un tracé terrestre sera financièrement indolore

La conclusion tirée des hypothèses crédibles d’avancement des travaux, des coûts masqués à terme et de ceux induits par cette réorientation terrestre (indemnisation, études, nouveau chantier) est que le point de « non-retour » serait 2018… ou au-delà si le chantier subit plus de retards du fait de divers aléas.

Jusqu’à ce seuil, réorienter les travaux sur un tracé terrestre restera indolore.

La Région a déjà gaspillé entre 400 et 500 millions € : ce n’est pas une raison pour continuer dans la gabegie des moyens, en ces temps de récession !

Une route, sur la mer... vue artistique.

Des solutions plus conformes aux déplacements durables et plus pourvoyeuses d’emplois existent : un million investi sur terre crée 10 emplois contre seulement 2 dans la route en mer ! La seule existence d’alternatives terrestres annule « l’intérêt public majeur » d’une route en mer justifiant les dérogations environnementales — « intérêt public majeur » que les Réunionnais contredisent depuis trois siècles, en reliant les côtes au vent et sous le vent par La Montagne.

Les travaux commencés sont utiles et ne seront pas abandonnés mais valorisés. Ce choix de réorienter le budget de la NRL suppose de réorienter aussi la destination des ouvrages déjà réalisés notamment via les procédures de marché public d’ingénierie. La plateforme d’entrée Nord de Saint-Denis comme l’échangeur de la Possession vers la Montagne, répondent à des besoins exprimés depuis longtemps. Le viaduc de La Grande Chaloupe pourra, lui, s’intégrer dans un projet d’aménagement patrimonial et touristique d’ensemble : arrivée maritime au Lazaret, gare du Ti-train…

L’État ne peut confondre plus longtemps les intérêts des Réunionnais avec ceux de Bouygues et de Vinci.

Si le savoir-faire des majors du BTP est parfois souhaité, il doit profiter à notre développement et à nos emplois. Or au pic d’activité, attendu en 2017, la route en mer ne représentera que 6% des emplois du BTP tout en occupant le tiers du chiffre d’affaire de ce secteur ! Le tout, au profit des majors !

La croissance du PIB par la NRL est une donnée factice au regard de l’intérêt économique à long terme de La Réunion.

Les investissements nationaux et européens doivent servir la population avant les entreprises du CAC 40 : c’est une aspiration légitime quand nous comptons dans l’île trois fois plus de demandeurs d’emploi !

Bruny Payet
Président ATR-Fnaut
 [1]

Notes

[1Alternatives Transport Réunion-Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports

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