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Droits des femmes

Révolte des femmes marocaines : « nous ne sommes pas des lustres »

27 juin 2014
Geoffroy Géraud Legros
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« Les lumières s’éteignent dans les foyers depuis que les femmes se rendent au travail » a déclaré le Premier ministre marocain. « Nous ne sommes pas des lustres », répondent les militantes des droits des femmes.

À la suite d’un discours stigmatisant le travail des femmes, le premier ministre Benkirane est visé par une campagne féministe sur les réseaux sociaux.

« Nous devons combattre cette modernité, qui ne cesse de vouloir inverser les rôles attribués par Dieu à l’homme et à la femme », déclarait le semaine dernière le Premier ministre marocain Abdelilah Benkirane, issu du parti islamiste de la Justice et du développement.

Un discours auquel ont réagi de nombreuses femmes. Elles étaient plus d’une centaine mercredi dernier à manifester en face du Parlement marocain, brandissant des marmites et des poêles à frire… et scandant « nous ne sommes pas des lustres ».

La référence à cet ustensile répond aux propos du chef du Gouvernement, selon lequel « les lumières se sont éteintes dans les foyers depuis que les femmes sortent pour aller travailler », rapporte l’Agence France-Presse (AFP). Les femmes, selon M. Benkirane, « sont les lanternes sacrées créées par Dieu pour illuminer l’intérieur des maisonnées ».

Ces déclarations, qui s’inscrivent dans un discours gouvernemental visant à orienter sur le terrain moral la contestation croissante des politiques économiques du pays contredit les progrès réalisés récemment en direction de l’égalité homme-femme, qui fait depuis trois ans l’objet d’une reconnaissance formelle.

«  L’homme et la femme jouissent, à égalité, des droits et libertés à caractère civil, politique, économique, social, culturel et environnemental » dispose, depuis les réformes intervenues en 2011, l’article 19 de la Constitution du Royaume.

Concédées par la Monarchie dans le but de prévenir un épisode révolutionnaire, ces avancées peinent à recevoir une application et se heurtent, avec une violence croissante, à la réaction religieuse.

Les militantes des droits des femmes, qui refusent d’être réduites au rôle de luminaires des foyers, ont lancé sur Twitter le dièse (en anglais : hashtag) #AnaMachiTria : « je ne suis pas un lustre ».

GGL

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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