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Requins : « une belle leçon d’hypocrisie »

3 mai 2015
Alexis Payet
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« L’opposition systématique au prélèvement de quelques requins côtiers dangereux est une belle leçon d’hypocrisie... La France prélève 20.000 tonnes de « requins », chaque année, dont des espèces menacées et protégées. Cela représente 55 tonnes par jour, soit l’équivalent de 220 requins côtiers, non menacés et non protégés, par jour, de 250 kg ! ».

By Andead on Deviant Art.

Pour la plupart des ONGE [1] de protection des requins et ceux qui les soutiennent, n’est-ce pas faire preuve d’une malhonnêteté intellectuelle incroyable que d’entraîner, inlassablement et systématiquement, dans les débats, la confusion : entre une problématique bien locale, la crise requin, et un enjeu mondial, celui de la pêche industrielle ciblée ou pas, pesant sur les stocks de requins pélagiques dans les océans ? Entre les requins dangereux, qui ne représentent qu’une dizaine d’espèces et les requins, toutes espèces confondues (plus de 500) ? Entre les espèces non menacées et donc non protégées, et les autres réellement menacées et même protégées, trop souvent ? Entre des requins principalement côtiers (voir semi-pélagiques) et les pélagiques, les premiers n’étant pas ou très peu affectés, par la pêche hauturière et industrielle ?

By Winslow Homer

Depuis février 2011, les requins ont fait 7 morts, 4 amputés — et des blessés moins graves — à La Réunion.

Depuis 2015, l’île cumule, à elle seule, 50% des attaques de requins mortelles de la planète, alors qu’elle abrite seulement 0,012% de la population mondiale et qu’elle représente à peine 0,0017% de la superficie des terres émergées.

En 4 ans, 100 requins dangereux ont été prélevés à La Réunion pour expérimentation et valorisation scientifique. Dans le même temps, d’après les estimations des ONGE de protection des requins, 400 millions de requins ont été prélevés dans les océans, principales prises accessoires des thoniers industriels, quand ils ne sont pas ciblés (cf. finning [2]).

source : sauvegardedesrequins.wordpress.com

La France prélève 20.000 tonnes de « requins », chaque année, selon les données FAO [3] 2009, dont des espèces menacées et protégées. Cela représente 55 tonnes par jour, soit l’équivalent de 220 requins côtiers, non menacés et non protégés, par jour, de 250 kg !

Qui massacre le plus de « requins », les métropolitains ou les Réunionnais ?

D’un point de vue purement écologique, la pêche ciblée de quelques requins dangereux, certains atteignant des tailles et poids records mondiaux, aura pour conséquence, à condition de préserver les écosystèmes littoraux en bonne santé, de permettre le retour des requins de récif, dont le rôle de régulateur est essentiel, dans la préservation de l’environnement récifal.

Alexis Payet

Source : supportoursharks.com

Notes

[1Organisation non gouvernementale environnementale

[2Fin : aileron en anglais

[3Food and Agriculture Organization of the United Nations : Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture

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