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Patrimoine transplanté

Recette suédoise pour sauver un « village longtemps »

15 février 2018
Jean-Claude Legros
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Un « village longtemps » transplanté... Si le hasard de vos pérégrinations vous amène un jour à sillonner la Suède, ne manquez pas de passer par la ville de Linköping. Vous y ferez la découverte pour le moins étonnante d’un village ancien entièrement transplanté : le musée en plein air de Gamla, à la périphérie de Linköping.

La belle villa blanche de Carin Nilsson, avec ses lambrequins. ©JCL.

Maisons traditionnelles fabriquées en poutres sans vis ni clous


Pour bien mesurer l’enjeu phénoménal qu’a représenté à l’époque cette entreprise qui pouvait a priori paraître insensée, il faut remonter aux années qui ont suivi la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Cinquième ville de Suède par sa population, Linköping est le berceau de l’aviation suédoise : la société Saab y fabrique les avions de chasse Gripen qui équipent l’armée suédoise.

L’industrie aéronautique a favorisé un très fort développement de la ville à partir des années 40 et inéluctablement entraîné la destruction des vieilles maisons du centre, maisons traditionnelles fabriquées à base de poutres (et non de planches) assemblées sans vis ni clous.

L’une des boutiques avec son bric-à-brac de capelines et de casques coloniaux. ©JCL.

Un musée en plein air de la vieille ville transplantée


Un homme politique s’en alarma, Lennart Sjöberg, professeur de psychologie. Il eut le premier l’idée de créer à la périphérie de la ville le musée en plein air de la vieille ville (Gamla). Les travaux commencèrent en 1955 : pour un tiers les constructions furent transplantées dans leur intégrité, sans démontage. Les autres furent effectivement démontées et remontées à l’identique.

Et tout cet ensemble constitue un véritable village qui abrite quinze petits musées d’habitation, de commerce et d’artisanat dont les intérieurs ont été précieusement préservés : le poste de police, la banque, l’école, le théâtre, la manufacture de cordes, etc.

Le paradis des pommes au mois de septembre. ©JCL.

Les antennes paraboliques interdites


Mais Gamla Linköping n’est pas qu’un simple musée : c’est un musée vivant, où résident environ trente familles.

Certes le cahier des charges comporte quelques petites contraintes, comme l’obligation de d’entretenir des plantes en pots et des rideaux aux fenêtres et l’interdiction des antennes paraboliques. En contrepartie les visiteurs sont tenus d’observer le plus grand respect à l’égard des résidents et des maisons.

Jean-Claude Legros

La billetterie du Théâtre de Plein Air. ©JCL.

Une rue pavée. ©JCL.

La banque. ©JCL.

Le panneau d’exposition des outils (balai de branle ? bertelle ?). ©JCL.

Un coin de verdure. ©JCL.

Des bâtiments dont l’ossature est entièrement composée de poutres assemblées sans clous ni vis. ©JCL.

A l’entrée le plan du village. ©JCL.

Transport d’une construction à Saint-Benoit à l’occasion de l’édification d’une maison ou d’une chapelle. Jean-Joseph Patu de Rosemont, 1813.

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