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Ce que parler veut dire (7)

Quelle langue parle-t-on à La Réunion ?

17 avril 2014
Marcel Golers
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Pitié pour les noms de rues de nos villes : comment est-il possible que nos érudits, nos édiles, nos journalistes, nos animateurs ou les fabricants de plaques de rues fassent systématiquement offense aux règles élémentaires de la langue française ?

La rue "du" Maréchal Leclerc. Photo IPR

J’entends qu’un piéton s’est fait renverser rue Maréchal Leclerc ou que des travaux sont entrepris rue Général De Gaulle : est-ce à dire que Monsieur Leclerc se prénomme Maréchal ou que Monsieur De Gaulle a pour prénom Général ?

Je vais voir les plaques correspondantes et je constate qu’effectivement les noms de ces rues ont été estropiés. Et pourtant il faut rendre justice aux éditeurs du recueil des plans de villes de la Réunion « Réuniplans » : à 99 % les noms y sont parfaitement libellés et les règles scrupuleusement respectées : il y est bien écrit « rue du Maréchal Leclerc », « rue du Général De Gaulle » ainsi qu’il se doit en bon français.

Les règles sont simples (précisons qu’elles sont les mêmes, qu’il s’agisse d’une rue, d’une place, d’un boulevard, d’une allée, d’une avenue, d’une ruelle ou d’un quai) : les noms propres de personnes (sans titre), avec ou sans prénom, ne prennent pas la préposition « de ». Exemples chez nous : rue Amédée Bédier, rue Juliette Dodu, rue Bertin, rue Malartic (comme à Paris : rue Claude Bernard, place Charles De Gaulle, rue Soufflot, rue Monge).

La même rue du Maréchal Leclerc, avant sa dénomination, était appelée "rue du grand chemin"...

Les noms propres de personnes (avec ou sans prénom) précédés de leur titre (maréchal, général, colonel, président, père, chanoine, pasteur, cardinal, docteur, etc…) prennent nécessairement la préposition « de », sous la forme « du », « de la » ou « des ». Exemples à La Réunion : rue du Maréchal Leclerc, rue du Général De Gaulle, rue du Père Favron, rue du Chanoine Murat. Exemples à Paris : place du Maréchal de Lattre de Tassigny, avenue du Général Leclerc, place du Colonel Fabien, avenue du Président Kennedy, rue du Père Corentin, rue du Pasteur Wagner, rue du Cardinal Lemoine.

Un cas particulier : pour les évêques, « monseigneur » (marque de civilité) ne prend pas la particule : avenue Monseigneur Mondon, rue Monseigneur de Beaumont, rue Monseigneur Rodhain. Il en est de même pour les saints : rue Saint-Bernard, rue Sainte-Marie, boulevard Saint-Michel, boulevard Saint-Germain (à ne pas confondre avec les villes portant un nom de saint, comme la rue de Saint-Louis dans la cité du Port).

Les noms propres de villes, de pays ou de lieux prennent la préposition : rue de Paris, rue du cimetière, rue de Nice, rue de Terre Sainte, rue de La Réunion, place du Pérou. Enfin les noms communs prennent la particule : rue de la boulangerie, allée des flamboyants, rue du four à chaux, rue des écoles, rue du moulin à vent, rue du chat qui pêche.

Ces règles découlent du bon sens, elles font la beauté, je dirais l’élégance de la langue française. Puissions-nous les appliquer lorsque nous nous exprimons en français.

Marcel Golers

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