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Referendum en Crimée

Quand le « zèle » des médias fait le beurre du FN…

15 mars 2014
Geoffroy Géraud Legros
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Victimes d’une fausse rumeur propagée par les médias en ligne, des observateurs du front de gauche ont dû annuler leur départ pour une mission d’observation en Crimée. Un raté (involontaire ?) dont les bénéficiaires sont le front national et l’une de ses principales têtes de liste aux élections européennes.

Crimée : affiche pro-russe appelant au referendum du 16 mars

Notre contact —Andreï — est déçu.

Doté d’une solide formation en science politique, il parle le russe couramment et est versé dans la politique des États post-socialistes.

Militant d’une organisation membre du Front de gauche, il devait, en compagnie de membres d’autres partis européens tels que Die Linke (Allemagne) et Syriza (Grèce) se rendre en Crimée dans le cadre d’une mission d’observation du scrutin, organisée par une ONG spécialisée.

L’initiative a tourné court côté français, après l’annonce par l’édition en ligne d’un grand quotidien, de la présence dans ce groupe d’Aymeric Chauprade, géopoliticien et future tête de liste parisienne du Front national aux élections européennes de mai prochain. L’information fut immédiatement démentie par les organisateurs… mais le mal était fait aux yeux des états-majors politiques.

« Radios et télés ont appelé, émoustillées : alors, Chauprade part avec vous », nous rapporte Andreï. Faut-il voir là une provocation du FN ? Sa Présidente, Marine Le Pen, a démenti par trois fois en 24 heures l’envoi d’observateurs dans la péninsule. Renseignements pris, c’est à l’invitation d’un parlementaire criméen que le géopoliticien frontiste se rendra sur les lieux de la consultation.

Les responsables politiques français ont finalement purement et simplement annulé la mission, soucieux d’éviter une polémique qui aurait fait les choux gras de médias toujours prêts à manier la fumeuse théorie du fer à cheval ou les épithètes assassins de type « rouge-brun ».

Au final, le Front national apparaît comme le seul parti politique français disposant d’un rayonnement international dans cet épisode décisif de la crise ukrainienne.

Si la presse a corrigé la fausse rumeur de départ, elle n’en a pas moins assuré une visibilité inespérée à M. Chauprade, auquel plusieurs journaux ont consacré ce jour plusieurs articles, et à qui le site d’Europe 1 donne même du « tu ». Le géopoliticien du Front national, assez peu connu du grand public, n’aurait pu espérer meilleur lancement de campagne...

GGL

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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