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Konpani Soul City - Didier Boutiana

« Priyèr’ Sï Priyèr’ », le coup de cœur de 7 Lames

6 mai 2017
7 Lames la Mer
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Après une programmation au festival « Horizont » de Hongrie où « Priyèr’ Sï Priyèr’ » a rencontré un beau succès, le spectacle de la compagnie « Soul City » revient à La Réunion. Spécial coup de cœur de « 7 Lames la Mer ». Danse !


De la cité RN4 jusqu’aux grandes scènes internationales


Il a grandit dans la cité RN4 de la ville du Port. Didier Boutiana a toujours une pensée pour cette cité de son enfance et pour ceux qui lui ont montré le chemin, depuis la petite « maison de quartier » de la RN4 jusqu’aux grandes scènes sud-africaines et européennes.

Enfant des « battles » [1], il ébauche ses premiers pas de danse à travers la culture urbaine du hip hop et s’illustre dans le style acrobatique du « break dance ». Une culture populaire qui ouvre la voie à de nombreux « marmay la kour », libère leur potentiel créatif et sublime leurs performances techniques.


La danse urbaine inspire toujours l’œuvre de Didier Boutiana


Cette première expérience dans l’univers de la danse urbaine inspire toujours le parcours artistique de Didier Boutiana. Il en a retenu un certain nombre de codes que l’on retrouve à travers son travail de danseur-chorégraphe.

La connexion avec la danse contemporaine se fait naturellement pour Didier Boutiana. À 17 ans, alors qu’il étudie la mécanique au lycée professionnel du Port, il fonde avec le danseur Shany Arzeux, Portois lui aussi, la compagnie « Soul City », premier « crew » [2] réunionnais de « break dance » et de danse contemporaine.


Son île natale, sa principale source d’inspiration


Discipline artistique aux multiples déclinaisons, la danse contemporaine offre à Didier Boutiana un espace d’expression sans entraves qui lui ouvre de nouveaux horizons à l’international (Hollande, Afrique du Sud, Mexique, Allemagne, Belgique, Madagascar, Suède, Mozambique, Hongrie, Slovénie, etc.) et en même temps renforce ce lien indéfectible à son île natale, sa principale source d’inspiration (spiritualité, rituels, esclavage, marronnage, etc.).

En 2008, la compagnie « Soul City » se professionnalise et Didier Boutiana aborde une autre facette de la danse : la chorégraphie.

"Héva".

Une partie de son énergie pour des jeunes en difficulté


Il explore les mystères et le cœur de l’âme réunionnaise et puise dans un registre par définition avant-gardiste tout en intégrant à son art les figures emblématiques du « break dance ».

Pour ce jeune Portois de 30 ans sacré deux fois « meilleur danseur de La Réunion » (en 2009 et 2010), la danse est un véritable engagement artistique, professionnel et social : il multiplie les rencontres, les résidences, les échanges (notamment avec le public) les expériences et consacre une partie de son énergie à l’animation d’ateliers pour « jeunes sous protection judiciaire » et à des interventions en prison.

"Body Of Knowledge".

« Soul City » ne défend pas une danse mais des valeurs


Un mot caractérise plus particulièrement le travail de Didier Boutiana : transmission ! « C’est dans cet esprit de partage que la compagnie accompagne « la relève », les danseurs semi- professionnels, apprend-on sur le site de « Soul City ». Par le biais de formations et des mises en conditions artistiques réelles et professionnelles, les danseurs en voie de professionnalisation se confrontent à d’autres regards, à d’autres langages chorégraphiques et à la scène. Soul City ne défend pas une danse mais des valeurs transmises de génération en génération depuis près de 15 ans avec l’« ouverture d’esprit » comme maître-mot ».

En 2011, il crée le ballet « Body of knewledge » avec la compagnie sud-africaine « Dusi Dance Company ». Ce voyage à travers le corps, de la naissance à la mort, s’est enrichi d’une nouvelle dimension : la part africaine. Puis viennent « Reflex » (2013), « Tir pa karte » (2014), « Héva » (2014), « Priyèr’ Sï Priyèr’ » (2015)... Et bientôt une nouvelle création : « Kanyar » (2017).


Abolir les frontières du corps


Didier Boutiana n’hésite pas à prendre des risques, à se mettre en danger pour transcender son art : maîtriser les différentes techniques, dominer LA technique afin de la dépasser et d’abolir les frontières du corps.

Invitée dans les grands festivals internationaux de danse, la compagnie « Soul City » garde cependant ses racines à l’île de La Réunion et dans l’océan Indien où elle a développé des partenariats avec des artistes dans différentes disciplines : le danseur-chorégraphe Eric Languet, la danseuse Annabelle Laik, la compagnie Yun Chane, le musicien-compositeur Labelle, le rappeur Alex Sorres, la danseuse-chorégraphe Soraya Thomas, l’auteur et metteur en scène Vincent Fontano, etc.

« Priyèr’ Sï Priyèr’ » vous attend. C’est le coup de cœur de 7 Lames la Mer.

7 Lames la Mer


« Priyèr’ Sï Priyèr’ » : les dates à ne pas rater


  • 10 mai, 14h : Cité des Arts, Saint Denis (Spécial O.N.D.A, Office National de diffusion artistique).
  • 18 mai, 10h : Théâtre Guy Agenor, La Plaine des Palmistes (Scolaire).
  • 19 mai, 19h : Théâtre Guy Agenor, La Plaine des Palmistes.
  • 24 mai, 18h : Théâtre Luc Donat, Le Tampon.
  • 31 août/2 septembre : Festival Flot@ (Slovénie).

Et aussi...


  • « Héva » : 14 mai, 13h30, quartier Champ-Court, Le Tampon.
  • « Kanyar », 3ème résidence. Résidence à la Cité des Arts du 15 mai au 9 juin 2017.

Didier Boutiana entame la troisième résidence de création pour son solo « Kanyar ». La Cité des Arts à Saint-Denis, où « Soul City » est compagnie en résidence pendant 18 mois, accueille l’équipe de création.

Avec « Kanyar », Didier Boutiana quitte le mouvement collectif et choisit, pour la première fois, la forme du solo. Il interroge : comment regardons-nous les personnes en marge de la société ? Comment l’être peut-il s’assumer sans la validation de la masse ?


Pour découvrir le site de la compagnie « Soul City », cliquez ici !


7 Lames la Mer

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Notes

[1Mot anglais signifiant « bataille » et désignant par extension les combats de Break dance.

[2Terme emprunté au vocabulaire de la culture hip hop, qui signifie « équipe ».

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