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Jo Nativel : Pays inondé...

Pourquoi les rues étaient bombées... avant

18 décembre 2013
Jo Nativel
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Un gros grain de pluie pendant à peine une demie heure... et les voies de circulation se transforment, par endroits, en piscines infranchissables où se noient les moteurs. Au 21ème siècle, on n’a pas encore trouvé la recette pour construire et aménager en milieu tropical... Un regard sur le siècle passé peut éventuellement ramener à la mémoire collective d’anciennes formules qui avaient fait leurs preuves.

Une rue bombée à Saint-Denis... avec moins de voitures qu’aujourd’hui !

Pourquoi les rues étaient-elles bombées... avant ? Il n’est question ici ni d’art urbain, ni d’art guerrier mais bien d’ar...chitecture et d’aménagement !

A chaque épisode de fortes pluies, La Réunion devient « pays inondé ». On ne compte plus les voitures qui tombent en panne, non en tentant de franchir des radiers submergés, mais en circulant simplement en zone urbaine — quelle que soit la ville — sur des portions de voiries, rond-points, rocades, transformées en piscines à la moindre forte pluie. Il y a deux jours à peine, cela s’est encore vérifié notamment dans l’ouest qui a connu un sérieux coup de pluie pendant un peu plus d’une heure.

La rue de Paris à Saint-Denis, au début des années 30 : chaussée bombée, caniveaux et ponceaux.

Une question de bon sens nous vient à l’esprit  : au lieu de construire des routes et rues en forme de « cuvettes hermétiques » qui débordent au moindre orage, pourquoi n’utilise-t-on pas un principe simple qui veut que l’eau s’écoule s’il y a une petite pente et ne stagne pas au milieu d’un rond-point ? Certes je n’ai pas fait d’études d’urbanisme et ceux qui en ont fait balaieront certainement cette réflexion d’un air supérieur.

Mais il faut croire que les ingénieurs qui conçoivent notre réseau routier et les voiries de nos villes ne les empruntent pas sinon, ils ne pourraient que constater les défauts flagrants de leurs réalisations. Et l’on peut penser qu’ils ne persisteraient pas. Les Réunionnais peuvent, eux, constater que les systèmes d’évacuation des eaux de pluie sont sous-dimensionnés car saturés au bout d’un quart d’heure d’averse.

Rue Jean Chatel, ex rue du Barachois : profil bombé avec vue à droite sur le caniveau.

Tout le monde s’accordera à admettre qu’on ne peut ici, en milieu tropical, aménager et construire comme en Europe. Les contraintes climatiques sont un élément qui doit nécessairement guider la conception. La saison des fortes pluies et des cyclones dans laquelle nous sommes entrés pour quelques mois nous le rappelle. Les systèmes d’évacuation des eaux de pluie sont soit inefficaces et inopérants soit mal calibrés et les routes plates — voire incurvées — ne permettent pas à l’eau de s’écouler.

Rue Maréchal Leclerc, ex rue du Grand Chemin. Avec vue sur le caniveau à gauche.

J’ai gardé le souvenir des jours de fortes pluies de l’enfance. Les rues offraient une autre physionomie : profil bombé, larges caniveaux et ponceaux. Il est vrai que le nombre de voitures en circulation était bien inférieur à aujourd’hui et que l’on n’avait moins de peine à trouver une place de stationnement mais il n’en demeure pas moins que la chaussée était alors rarement inondée et que l’eau de pluie glissait vers les caniveaux de part et d’autre.

Pays inondé... Photo IPR.

Si les chaussées aux allures plates offrent un meilleur confort de conduite, il n’en demeure pas moins que, plus de six mois par an, ce confort est mis à mal par de fréquentes averses.

Des photos d’archives attestent du profil bombé des rues à l’époque... Alors, entre rues ultra plates et rues super bombées, il y a certainement un juste milieu pour nous éviter la noyade.

Jo Nativel
(Le titre et les légendes des photos sont de « 7 Lames la Mer. »)

Pays inondé. Photo IPR.

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