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Crise syrienne

Pas de paix sur le chemin de Damas

31 mai 2013
Geoffroy Géraud Legros
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Inaugurée mercredi dernier, la Conférence internationale des "Amis du peuple syrien" prône une issue politique au conflit qui déchire depuis plus de deux ans la République arabe. Des efforts qui se heurtent aux anti-Assad, qui ont hier remis en cause leur participation à la conférence de Genève prévue le 5 juin prochain.

La conférence des « Amis du peuple syrien » s’est ouverte avant-hier à Téhéran (Iran). Salué par l’ONU, ce sommet international rassemble les représentants de 40 pays et ONG. Il est entièrement consacré à «  la recherche d’une solution politique en Syrie et à la stabilité régionale ». Peu évoquée par les médias européens, la rencontre reçoit notamment les représentants de plusieurs Etats du bloc dit « émergent », dont la Bolivie, le Venezuela et la Tanzanie, ainsi que les représentants du sultanat d’Oman voisin. Elle accueille en outre l’Algérien Lakhdar Brahimi, envoyé spécial en Syrie désigné conjointement par l’ONU et la Ligue Arabe en remplacement de Kofi Annan au mois d’Aout 2012. « Le sommet de Téhéran est d’une grande importance, tout comme celui de Genève », a-t-il déclaré avant-hier, lors de l’ouverture du sommet.

Assad souhaite un referendum

Des espoirs qui risquent d’être déçus, après que l’opposition syrienne ait annoncé hier son refus de prendre part au sommet annoncé le 5 juin dans la capitale Suisse, à l’initiative conjointe des Etats-Unis et de la Russie. Réunis en conclave à Istanbul (Turquie) depuis plus d’une semaine, les anti-Assad ont exigé hier le retrait préalable des combattants du Hezbollah libanais, position appuyée par Washington. Les travaux de la Conférence de Téhéran ont de leur côté rappelé « le droit des Syriens à disposer eux-mêmes de leur destin ». Dans le même temps, le Président Bashar Al-Assad affirmait sur la chaine libanaise Al-Manar la nécessité d’un dispositif de paix « approuvé par referendum ». El-Assad, qui capte le soutien de nombreuses composantes de la société syrienne, n’exclut d’ailleurs pas de se représenter aux élections à la suite de ce processus. Sur le terrain, l’armée régulière continue de regagner du terrain.«  Il pourrait passer directement, avec plus de 50% », déclare un observateur syrien joint par « 7 Lames la Mer ». « Les Alaouïtes, bien sûr, les Chrétiens, de nombreuses communautés mais aussi de nombreux musulmans sunnites craignent plus que tout l’instauration d’un Etat théocratique en cas de victoire des rebelles ». Après la reprise avant-hier de l’aéroport de Dabaa, les troupes nationales sont visiblement en passe de remporter la bataille de Quousseir, ville-clef de la province de Homs (centre) occupée par les milices islamistes. Les armements russes et l’engagement des volontaires libanais permettent aux forces gouvernementales de contrer la puissance de feu des milices islamistes, bénéficiaires d’armes occidentales modernes et d’encadrement militaire fournis par le Qatar et l’Arabie Saoudite.

Cannibalisme

Appuyées par les médias du Golfe, dont l’influente chaîne qatarie Al-Jazeera, les milices anti-gouvernementales ont néanmoins perdu du terrain dans la bataille d’opinion, après l’authentification d’une vidéo insoutenable montrant un officier rebelle dévorer le cœur d’un soldat syrien au cri de « Dieu est grand ! ». Interviewé par le magazine « Time », le protagoniste de cette scène vite devenue« virale » affirme sa volonté de « manger le foie et le cœur des soldats du chien Assad » ainsi que « d’égorger tous les Alaouïtes », groupe ethnique et confessionnel très représenté au sein des forces armées syriennes, auquel appartient aussi le Président Bashar Al-Assad. Maintes fois signalés depuis le commencement du conflit, ces actes et ces mots d’ordre n’avaient néanmoins jamais été si brutalement révélés à l’opinion musulmane et mondiale. L’opposition invoque quant à elle l’utilisation d’armes chimiques par les troupes régulières. Relayées il y a quelques jours par le journal français « Le Monde », ces accusations n’ont pour l’instant pas reçu de confirmation scientifique. Durci par une opposition syrienne qui n’est pas près de trouver son chemin de Damas et l’intensification de l’aide saoudienne et qatarie aux groupes armés, ce contexte ne laisse guère entrevoir de solution politique au conflit syrien... dont le règlement semble plus que jamais suspendu à une issue militaire.

Geoffroy Géraud Legros

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste, Co-fondateur - 7 Lames la Mer.

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