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Tribune Libre de Jean-Pierre Marchau

Papy fait de la résistance

19 septembre 2016
Jean-Pierre Marchau
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Pourquoi Jacques Tillier consacre-t-il quatre colonnes de son éditorial du 17 septembre à insulter les opposants à la Nouvelle Route du Littoral ?

Pourquoi éructe-t-il contre ceux qui, dit-il, « nous emmerdent régulièrement en retardant les travaux (…) dans le seul but d’enquiquiner le Président du Conseil Régional », allant jusqu’à affirmer qu’il ne publiera jamais « leurs torchons » dans son journal ?

Certes, cette fière posture d’un journaliste prêt à affronter de sinistres individus pour défendre son Président de Région, force l’admiration mais elle interpelle aussi : pourquoi le faire aujourd’hui ?

Pourquoi se poser en maquisard héroïque prêt à en découdre avec une poignée de méchants alors que le Président de Région vient d’être confortablement réélu et que les éléments du viaduc, préfabriqués dans les usines du Port commencent à être lestés en mer ?

Bref, pourquoi Tillier joue-t-il « Papy fait de la résistance » alors que la bataille semble terminée ? Warum Jacques ?

Pour comprendre, il faut, hélas, entreprendre la lecture de l’éditorial en question. Il faut donc retenir sa respiration et plonger dans les eaux boueuses de la prose argotique et débraillée de notre guérillero du samedi.

Il faut fermer les yeux sur ses insinuations poisseuses et supporter, accablé, son délire obsessionnel qui fait que quel que soit le sujet traité, il ne peut s’empêcher d’évoquer pêle-mêle, Vergès (Raymond et Paul), Alexis De Villeneuve, le Tram Train, la Maison des Civilisations, etc., au point qu’on a envie de lui dire, réveille toi Papy, on est en 2016, la guerre froide est finie !

À la lecture de cette littérature rebutante, le lecteur se sent aussi gêné que les petits enfants devant leur grand père radoteur qui, tous les samedis, au déjeuner, rabâche inlassablement les mêmes histoires sans s’apercevoir que son dentier est tombé dans le potage.

Une fois l’épreuve de la lecture surmontée, on finit par décoder le message et comprendre les consignes reçues par l’auteur de ce galimatias : le chantier de la NRL prend du retard, beaucoup de retard, plus que prévu. La NRL ne sera jamais livrée en 2020.

Les professionnels du secteur avancent désormais comme dates de livraison possibles, 2023, voire 2025. Il faut donc préparer l’opinion publique à cette mauvaise nouvelle, c’est la mission assignée à la plume lourdaude et servile de notre éditorialiste : il faut désigner des fauteurs de troubles et exempter ainsi le Président de toute responsabilité.

Si aucun recours contre la NRL n’a abouti, si aucune ZAD, aucune manifestation n’a entravé le chantier, ni ne l’a même ralenti, il faut cependant rejeter sur les autres son prévisible retard et occulter les erreurs qui ont présidé au lancement du projet en 2010.

Chantier de la Nouvelle route du Littoral : "les professionnels du secteur avancent désormais comme dates de livraison possibles, 2023, voire 2025"...

Les deux principales étant d’abord d’avoir abandonné unilatéralement le projet de transport en commun ferroviaire et d’avoir ensuite totalement négligé la problématique des matériaux nécessaires à la construction d’une super route que le nouveau Président a voulu à 3 X 3 voies.

L’inconséquence de ces choix est aujourd’hui manifeste. Non seulement la décision d’arrêter le tram train a privé l’économie locale du BTP des cinq millions de tonnes de matériaux récupérables sur le chantier des tunnels mais en plus, la masse colossale de roches nécessaires pour construire les digues pharaoniques du nouveau projet, 18 millions de tonnes, pose un problème quasi insoluble en terme d’approvisionnement et va avoir des effets dévastateurs sur le marché local des agrégats.

Jean-Pierre Marchau

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