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Exposition jusqu’au 27 mai

Osman Badat photographie les condamnées

13 avril 2017
7 Lames la Mer
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« Albasama » signifie « empreinte » en arabe. C’est le titre choisi par le photographe Osman Badat pour son exposition à voir jusqu’au 27 mai au théâtre de Champ-Fleuri. Les empreintes qu’il traque et sublime sont celles d’un monde créole au bord de l’effondrement. Suivez les traces de cet explorateur urbain qui photographie les cases créoles condamnées, les intérieurs abandonnés, les objets oubliés, les barreaux rouillés, les mémoires enfouies.


S’il est encore temps...


Il y a la maison Ponama de la rue Roland Garros, célèbre pour avoir abrité la dernière reine de Madagascar en exil (1897-1899), Ranavalona III, et aussi pour avoir servi de décor en 1968 au film de François Truffaut avec Jean-Paul Belmondo et Catherine Deneuve, « La sirène du Mississipi ».

Inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis le 29 mars 1996, elle n’est plus aujourd’hui que l’ombre d’elle-même, cachée derrière une bâche — depuis de longs mois — qui laisse espérer une rénovation... s’il est encore temps.

Est-elle déjà condamnée ?

La maison Ponama du temps de sa splendeur... Elle n’est plus aujourd’hui qu’une ombre cachée derrière une bâche.

Murée dans le silence du passé


Il y a la Chapelle Saint-Thomas des Indiens de la rue Monseigneur de Beaumont, aux murs sans toit dressés vers le ciel, à « chœur ouvert ». Édifiée en 1863, elle est inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1998.

Peut-on encore la sauver ?

Il y a cette étrange maison en dur, à la façade lépreuse, au fronton en volutes, de la rue La Bourdonnais, qui semble murée dans le silence du passé, comme pour protéger un secret... Elle n’est semblable à aucune autre dans les alentours.

Va-t-on la sacrifier ?

Rue La Bourdonnais. Photo : Guy Martin-Lambert

La nature a repris ses droits


Il y a la maison Hugot de la rue Sainte-Anne, avec ses doubles colonnes, ses graffitis, son imposant balcon, son jardin où la nature a repris ses droits, ses fantômes et ses amateurs d’urbex [1].

Y a-t-il un espoir de voir un jour ces lieux retrouver vie ?

Il y a de majestueux portails qui défient les attaques du temps. Certains sont cadenassés et laissent filtrer entre les barreaux des paysages désolés : terrains vagues, friches, ruines, broussailles, détritus.

Seront-ils bientôt remplacés par des barrières automatiques s’ouvrant sur des parkings ?

La maison Hugot, rue Sainte-Anne. Photo : "7 Lames la Mer".

« Albasama », entre nostalgie et mystère


Et puis il y a ces petites cases créoles un peu de guingois qui résistent miraculeusement, comprimées entre deux immeubles dressés dans leur béton arrogant.

Vont-elles être effacées du décor ?

Elles sont nombreuses encore à avoir été immortalisées par le photographe Osman Badat. Il témoigne à travers son travail de l’attrait qui étreint de plus en plus de Réunionnais pour le patrimoine, pour cette architecture créole empreinte d’imaginaire qui marque une identité, une manière de vivre quelle que soit la condition sociale.

« Cet explorateur urbain archive depuis plusieurs années ce monde en voie de disparition. Il scrute ses détails, sa rouille et ses effondrements. Il se faufile dans ces intérieurs anachroniques où cohabitent les déchets abandonnés par les squatteurs et les stigmates presqu’élégants du XXe siècle. Entre nostalgie et mystère, « Albasama » ausculte l’invisible et traque l’émotion des ruines ».

7 Lames la Mer


Pour découvrir le site d’Osman Badat, cliquez ici.


Exposition Photographie au TEAT de Champ Fleuri
« La galerie » jusqu’au 27 mai 2017.

Entrée libre & gratuite. Le Lundi de 10h-13h / 14h-18h. Du mardi au vendredi 9h-13h / 14h18h. Et les soirs de spectacle. Avec la participation de la Région Réunion & TEAT Champ Fleuri | TEAT Plein Air.

7 Lames la Mer

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Notes

[1Exploration urbaine.

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