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2 poids 2 mesures...

ONF-Parc National : petits arrangements entre amis

31 mai 2014
Geoffroy Géraud Legros
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« 7 Lames la Mer » s’est procuré un document par lequel la précédente direction du Parc National constatait en 2009 des atteintes conséquentes portées par les services de l’ONF à l’encontre du patrimoine écologique, en plein « Cœur de Parc ». Des faits qualifiés d’infraction qui n’auraient occasionné ni réparation, ni indemnisation, ni sanction…à rebours de la pointilleuse sévérité qui s’exerce à l’encontre des simples particuliers.

La Plaine d’Affouches au premier plan. (Photo Google Maps)

« La coupe, l’arrachage, le broyage ou toute forme de travaux affectant le couvert forestier, le sous-bois ou le substrat sont interdits sauf dans le cas de travaux de restauration écologique », dispose l’article 3 du décret 207-296 du 5 mars 2007, visé par la lettre que le Directeur du Parc National a adressée le 26 Août 2009 à son homologue de l’ONF.

Par ce courrier, le haut fonctionnaire signale l‘ouverture d’un sentier par l’administration forestière au lieu-dit Plaine d’Affouches — soit en plein « Cœur de Parc ». Outre que l’ONF n’a pas reçu l’autorisation préalable du Parc National, la réalisation de cet ouvrage « porte atteinte à plusieurs individus d’espèces indigènes ».

Une « infraction » qui n’a pourtant donné lieu à aucune réparation ni indemnisation, nous confirme aujourd’hui une source proche du dossier.

« On a fait porter le chapeau en interne à un lampiste, comme si l’action publique n’était pas régie par un principe de responsabilité administrative. On croit rêver. Dans n’importe quelle structure, l’administration répond de ses actes. Dans les communes, par exemple, le maire est tenu pour responsable de tout. Ici, on s’est contenté de charger un technicien de la base ».

D’autres témoins se souviennent : la mise en place du Parc National a troublé les repères et bousculé bon nombre de pratiques au sein de l’ONF qui, à La Réunion, constitue un quasi-État au sein du département.

Dans ce contexte, marqué par l’ajustement difficile de la grosse machine forestière à de nouvelles normes, les erreurs et les manquements sont bien compréhensibles.

Reste que les citoyens ne bénéficient pas de la même mansuétude que la grande administration : l’année suivante, un éleveur tamponnais sera durement verbalisé pour avoir construit un boucan sur sa propriété.

Un empiètement de quelques mètres carrés bien véniel en comparaison des dégâts de 2009, « qui avaient mobilisé pas mal de monde en interne », se souvient-on du côté des forestiers.

En 2011, c’est pour avoir laissé des jeunes RSAstes, désireux de retourner à la terre, replanter du géranium sur un « carreau » auparavant déserté, que son propriétaire s’était retrouvé en garde-à-vue.

Une politique du « deux poids deux mesures », qui « procède de choix délibérés, lesquels auraient pu être tout autres », regrette-t-on en interne… et dont « 7 Lames la Mer » apportera sous peu de nouvelles illustrations.

Geoffroy Géraud Legros

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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