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Comité Solidarité Chagos La Réunion

Olivier Bancoult : Le peuple des Chagos ne renoncera jamais

30 janvier 2017
Alain Dreneau, Georges Gauvin
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Le gouvernement de la Grande-Bretagne avait pensé qu’en annonçant en novembre dernier une « compensation financière » pour les Chagossiens, il allait réduire à néant leur combat pour leur droit au retour aux Chagos, ce droit bafoué depuis un demi-siècle par Londres comme par Washington. La réalité est tout autre.

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Manifestation chagossienne devant l’ambassade britannique le 13 décembre 2016. ©CSCR

Un piège tendu aux Chagossiens


Olivier Bancoult, au nom du « Groupe Réfugiés Chagos », vient de le réaffirmer avec force : « Notre dignité n’est pas à vendre ». Dans une lettre qu’il adresse au Foreign Office, il prend les Britanniques à contre-pied : « Le fonds prévu pour les « compensations » doit servir à financer la réinstallation des Chagossiens aux Chagos ». Et il ajoute : « Nous continuerons la lutte aussi longtemps qu’il le faudra pour obtenir justice ».

Dans cette lettre, le dirigeant chagossien refuse le piège tendu aux Chagossiens qui, s’ils répondaient aux sirènes de la soi-disant « compensation », reconnaîtraient que l’affaire est soldée, que l’histoire est effacée, et qu’il n’y a plus rien à revendiquer au nom des droits humains.

L’exil forcé hors de la terre natale relève d’un crime qu’il est impensable de vouloir faire oublier par des « compensations financières ». C’est pourquoi Olivier Bancoult distingue deux choses, qu’il faut bien séparer.

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Olivier Bancoult, leader du "Chagos Refugees Group". ©7 Lames la Mer

Pas de « compensation » mais un financement de la réinstallation


Il y a d’une part le fonds annoncé par Londres (45 millions d’euros sur 10 ans). Il ne peut en aucun cas être considéré comme une compensation au demi-siècle de déportation et de souffrance du peuple chagossien. Il ne peut se justifier qu’en constituant un financement de la réinstallation des Chagossiens aux Chagos. C’est ce que veulent les Chagossiens, qui ne sont pas prêts à renoncer à l’espoir qui les fait survivre depuis 50 ans.

Et il y a d’autre part un « impératif moral » face aux vies détruites de familles déportées et acculées à des conditions de vie insupportables. Dans sa dernière conférence de presse, Olivier Bancoult a revendiqué le versement d’une pension à vie pour les victimes : « C’est un dû qui n’a rien à voir avec un renoncement à notre lutte ». Bien au contraire, les Chagossiens affirment haut et fort : « nos actions vont continuer pour ne pas laisser nier notre droit essentiel à vivre sur notre terre ».

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Diego Garcia. Océan Indien.

Le peuple des Chagos ne renoncera jamais


La question est donc posée au gouvernement britannique, qui doit comprendre que le peuple des Chagos ne renoncera jamais à son but final, et surtout pas pour un versement d’argent dérisoire, au moment même où le bail sur Diego Garcia vient d’être renouvelé sans aucune ouverture sur un retour possible et progressif des Chagossiens.

Ce refus total de Londres d’écouter le cri de révolte chagossien date du 16 novembre dernier. Jusqu’à cette date Britanniques comme Américains avaient laissé entrevoir une possibilité de trouver une solution. Le choc de cette décision totalement arbitraire a été terrible pour la communauté chagossienne. Leur assemblée générale du 27 novembre comme leur manifestation du 13 décembre devant l’ambassade de Grande-Bretagne à Port-Louis ont montré que les Chagossiens, toutes générations confondues, sont prêts à des actions significatives, à la hauteur du crime commis à leur encontre.

Georges Gauvin , président du C.S.C.R.
Alain Dreneau, secrétaire

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