Categories

7 au hasard 27 avril 2014 : Un ancien dirigeant de Mobil Oil contre les gaz de schiste - 29 juin 2013 : Surabaya : le zoo de la mort - 25 décembre 2014 : « Sa pa nout monde sa, allons artourne dans nout ghetto ! » - 8 septembre 2016 : Requins : « des drumlines pour sécuriser » - 7 septembre 2013 : Les poignantes photos de la fin d’une île - 26 août 2013 : Un vortex dans le golfe d’Aden ? - 26 juillet 2013 : Samuel Mouen, ou la dictature de la compassion - 26 juillet 2015 : Quand Saint-Denis comptait 20.000 habitants... - 7 novembre 2015 : La guerre la pété ! La révolte dann café ! - 15 octobre 2014 : Prison Juliette Dodu : la mémoire des pierres ou le béton ? -

Accueil > Domin lé dan nout dé min > Courrier des internautes > NRL : rien n’est irréversible

L’Alliance à George Pau-Langevin

NRL : rien n’est irréversible

21 janvier 2015
L’Alliance
fontsizedown
fontsizeup
Enregistrer au format PDF
Version imprimable de cet article Version imprimable

La ministre des outremers, George Pau-Langevin, effectue une visite de 2 jours dans notre île. Les récents évènements intervenus autour du chantier de la nouvelle route du littoral ne peuvent que l’interpeller. D’autant que la décision du gouvernement de mettre fin définitivement au chantier déjà largement entamé du barrage de Sievens tel qu’il était conçu, ou le report de sa décision concernant l’aéroport de Notre-Dames-des-Landes, montre que rien n’est irréversible.

PNG - 298.2 ko
Illustration : Vinci

George Pau-Langevin ne peut ignorer que l’un des chantiers routiers de France les plus complexes et les plus couteux doit se construire sur le territoire de La Réunion.

  • Le coût initial (valeur 2010) du projet de la nouvelle route du littoral est de 1milliard 660 millions d’euros, soit 133 millions d’euros le kilomètre ! Des moyens budgétaires conséquents ont été mobilisés sans qu’aucune expertise économique et financière n’ait été réalisée malgré les demandes maintes fois réitérées.
  • La construction en pleine mer de cette route, dont les besoins en matériaux s’élèvent à près de 20 millions de tonnes de roches, est porteuse d’impacts multiples sur le plan de l’environnement. Le Conseil National de Protection de la Nature a d’ailleurs émis un avis défavorable sur ce projet.

Force est de constater que l’État est jusqu’à maintenant pleinement engagé au côté de la Région Réunion pour la réalisation de ce projet. Celui ci ne pourrait voir le jour sans la participation financière importante de l’État et sans toutes les autorisations administratives liées aux réglementations notamment en matière d’environnement.

Le Gouvernement a donc une responsabilité quant à l’engagement et au suivi de ce chantier conduit sous la maitrise d’ouvrage de la Région.

La Ministre des outremers ne peut donc qu’être interpellée par les premières difficultés rencontrées et qui font ressortir le caractère totalement inédit sinon aberrant de ce chantier périlleux :

  • Alors que des marchés ont été signés, la matière première du chantier n’est toujours pas garantie. On n’a jamais vu un chantier lancé sans que la matière première ne soit disponible ! Or, c’est ce qui se passe avec ce projet de route en mer. Va-t-on éventrer La Réunion, au mépris de toutes les règles environnementales et de prévention des risques, pour construire en pleine mer 12 kilomètres de route, en bouleversant l’écosystème et en défiant tous les phénomènes climatiques ?
  • Alors que le chantier n’en est qu’à ses travaux préparatoires, il n’a fallu que les intempéries modérées liées à la proximité relative d’un cyclone et d’une tempête tropicale, dont l’impact pour notre île a été par ailleurs minime, pour que le chantier de la nouvelle route du littoral soit perturbé par la houle et subisse des premiers dégâts : digues endommagées, déplacement des enrochements, emportement de la plateforme de remblais par la mer, nécessité de mise à l’abri de la plateforme de sondage et immobilisation du matériel, arrêt des travaux...

Que se passera-t-il quand La Réunion sera directement touchée par un événement climatique d’ampleur comme un cyclone ? Peut-t-on imaginer que durant les 7 ans initialement prévus de durée du chantier, La Réunion soit à l’abri de tout phénomène climatique extrême ? Faudra-t-il alors à chaque fois arrêter le chantier, mesurer les dégâts occasionnés sur le chantier et tout recommencer ?

Ces premiers évènements ne sont que des prémisses. Ils sont annonciateurs d’autres aléas qui vont inéluctablement conduire à une catastrophe prévisible. Le chantier de la route en mer ne pourra jamais être mené à terme dans les délais annoncés et va engloutir des moyens considérables, en pure perte.

Il n’est pas possible de ne pas analyser ces évènements et de ne pas essayer d’en tirer les enseignements pour le présent et pour l’avenir. Il n’est pas possible de fermer les yeux devant la réalité qui se dessine sous nos yeux.

L’année 2015 est présentée comme celle du début d’exécution des premiers travaux. Va-t-on s’engager dans le scénario d’une catastrophe environnementale majeure au moment où Paris doit accueillir la conférence mondiale sur le climat ?

La décision du gouvernement de mettre fin définitivement au chantier déjà largement entamé du barrage de Sievens tel qu’il était conçu, ou le report de sa décision concernant l’aéroport de Notre-Dames-des-Landes, montre que rien n’est irréversible.

Prenant en compte ces éléments, le groupe des Conseillers régionaux de l’Alliance a sollicité une audience auprès de la Ministre des outremers.

Les conseillers régionaux de l’Alliance
20 janvier 2015

A lire aussi :

Partager

Réagissez à cet article

comments powered by Disqus

Abonnez-vous à la Newsletter

Image Newsletter