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Interpol

NRL : arrestation en eaux troubles

28 juin 2016
Geoffroy Géraud Legros
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En plein état d’urgence, doté d’une simple carte d’identité, un criminel recherché par Interpol travaillait sur le chantier de la Nouvelle route du Littoral et vivait, sans trop se cacher, à quelques pas de la gendarmerie de La Possession. Son arrestation jeudi dernier (23 juin 2016) marque la fin de quatre années de cavale… et soulève de nombreuses interrogations.

John Soares (selfie à gauche, trouvé sur un site de rencontres) a été arrêté à La Possession, le 23 juin 2016. Il travaillait comme scaphandrier sur le chantier de la Nouvelle route du Littoral et était recherché par Interpol.

Il y a quelques jours, un grand reporter de la BBC entrait en contact avec « 7 Lames la Mer ». Le journaliste-enquêteur, spécialisé dans les affaires africaines et lecteur de notre site, se trouvait dans notre île, sur les traces d’un criminel en fuite : Joao (« John ») Soares.

L’homme recherché, qui utilisait aussi le patronyme de « da Silva », a été condamné à 12 années de prison par une cour britannique pour avoir tiré à plusieurs reprises sur son épouse en 2003. Une peine prononcée par contumace (in abstentia), l’individu, bénéficiaire d’une mesure de remise en liberté, ayant pris la poudre d’escampette avant son procès.

Après plusieurs années de cavale sur le continent européen — on l’aurait signalé notamment en Bulgarie —, traqué par Interpol, c’est à l’île de La Réunion que Soares trouve refuge, il y a deux mois environ.

Le projet de la Nouvelle route du Littoral dont le chantier nécessite l’emploi de scaphandriers.

Plongeur formé par l’armée portugaise, le fuyard obtient même d’un emploi sur le chantier de la Nouvelle Route du Littoral (NRL) avec une facilité déconcertante et, en quelques semaines, s’installe dans une routine fort peu circonspecte. Logé à quelques rues de la gendarmerie de La Possession, il devient un client assidu de plusieurs bars de l’Ouest et de sites de rencontres en ligne.

Embauché par une entreprise réunionnaise spécialisée dans l’emploi de scaphandriers, Soares-da Silva entretenait semble-t-il des relations privilégiées avec son patron.

Derrière cette façade sociable, l’individu présente cependant un profil inquiétant et pose volontiers en vêtements militaires, fusil à la main sur sa page Facebook — la discrétion n’étant décidément pas son fort.

Photo : dossier de presse de la "Région Réunion" sur le recrutement des premiers scaphandriers, dans le cadre du chantier de la Nouvelle route du Littoral (NRL), novembre 2014.

C’est jeudi dernier (23 juin) qu’a pris fin la cavale de Joao Soares...

Contacté par le journaliste de la BBC, le Procureur de la République de La Réunion a procédé avec diligence à l’arrestation de l’intéressé, appréhendé à son domicile. Il serait toujours détenu dans notre île, dans l’attente d’une extradition vers le Royaume-Uni.

Le long périple de Soares interroge à maints égards.

Côté britannique, nul doute que la pertinence d’une mesure de liberté provisoire accordée sur la base des délais supplémentaires de procédure occasionnés par l’éloignement de la victime, partie s’établir en France après les faits, sera mise en question.

Photo de promotion sur la page facebook "Nouvelle Route du Littoral". (Photo : © Région Réunion, L. De Gebhardt).

Dans sa dimension hexagonale, la conduite de l’affaire révèle la complexité des enquêtes internationales : selon la BBC, Soares aurait séjourné à Mulhouse après avoir quitté l’Angleterre, alors qu’il faisait déjà l’objet d’un mandat diffusé par les autorités britanniques à l’ensemble des polices européennes.

Localisé par les forces de l’ordre, qui auraient effectué plusieurs visites de contrôle à son domicile de Mulhouse, il n’aurait cependant jamais été arrêté ni détenu.

Enfin, et surtout, l’arrivée de l’homme dans notre île et son installation interpellent :

  • Comment un individu recherché par toutes les polices et titulaire, selon nos sources, d’une simple carte d’identité — son passeport lui avait été retiré — a-t-il pu débarquer aussi aisément dans une île située en dehors de l’espace Schengen ?
  • Comment a-t-il pu si rapidement trouver à s’employer au poste stratégique de scaphandrier, sur un chantier paraît-il hautement sécurisé, en plein état d’urgence ?

Ces questions méritent d’être posées, à l’heure où les attentats perpétrés à Madagascar signalent la présence bien réelle de la menace terroriste dans la zone.

Geoffroy Géraud Legros

À lire : l’article de la BBC

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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