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Tribune Libre de Jean-Pierre Marchau

Nouvelle Route du Littoral : le grand bluff de la com’

17 septembre 2014
Jean-Pierre Marchau
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Depuis des mois, le conseil régional abreuve les médias réunionnais de publicités sur la nouvelle route du Littoral et se présente comme une collectivité à l’avant garde de l’écologie. La vérité est hélas bien différente. Alors que débute la semaine de la mobilité, il est temps de faire un point sur la politique régionale en la matière.

Question mobilité, le conseil régional porte la responsabilité du Schéma régional des infrastructures de transports (SRIT). Les grandes orientations de ce document sont les suivantes :

  • La diminution de notre dépendance aux énergies fossiles
  • La diminution de nos émissions de gaz à effet de serre
  • Un meilleur équilibre en transport individuel et transports collectifs
  • La maîtrise de la congestion routière
  • L’amélioration de l’offre en infrastructure dédiée aux vélos
  • La déclinaison d’un plan d’action réaliste, financé et contrôlé

En réalité, le SRIT comme le fait remarquer le Département « reste une compilation d’études et de projets portés » par diverses collectivités. Il lui manque, et nous en sommes d’accord, une « véritable vision stratégique » des déplacements à La Réunion. Les orientations énumérées sont totalement contradictoires avec le seul grand projet régional, celui qui constitue l’enjeu majeur de la mandature de Didier Robert et l’axe de sa politique des déplacements : la nouvelle route du Littoral.

Comment peut-on prétendre diminuer notre dépendance aux énergies fossiles, rééquilibrer les modes de déplacements en faveur des transports en commun ou lutter contre la « congestion routière » si on engage près de deux milliards d’euros dans la construction d’une autoroute sur la mer ? Une politique qui consiste pour l’essentiel à multiplier les grosses infrastructures routières est vouée à l’échec. On le voit avec les bouchons récurrents sur la route des Tamarins ou encore sur le boulevard Sud à Saint-Denis. Le SRIT n’est qu’un catalogue vertueux de bonnes intentions sans rapport avec la réalité vécue par les Réunionnais qui sont obligés de se déplacer et ne peuvent le faire qu’avec leur automobile du fait des carences du transport en commun. Aucune des orientations du SRIT n’est compatible avec le projet NRL.

L’écomobilité, qui est au cœur de la semaine de la mobilité, porte uniquement sur les modes de déplacement alternatifs à l’usage individuel de l’automobile. Or, c’est cet usage individuel que stimule tout grand projet d’infrastructure routière. La question clé du « report modal » ne peut être résolue par la construction d’une route. Comment inciter les Réunionnais à changer de mode de déplacements si le seul grand projet qui leur est proposé pour les dix prochaines années est une 2 x 3 voies sur la mer ? Le SRIT évoque le projet de Réseau régional de transport guidé (RRTG). Projet non financé mais surtout pour lequel la Région n’a jamais pu expliquer comment allait se faire la « mutabilité » entre le réseau bus et cette infrastructure dont on ne saut toujours pas si elle est « légère », « lourde » ou entre les deux.

Face au « grand bluff » de la communication régionale sur la NRL, il faut rappeler que quoi qu’en dise Didier Robert, le chantier n’est pas commencé. Il ne peut commencer avant que ne soit réglé le problème des carrières. Or, c’est le point faible du projet qui nécessite, on le sait, 18 millions de tonnes de matériaux dont une bonne partie de roches massives.

Actuellement une dizaine de recours sont engagés dont ceux de France nature environnement (SREPEN) contre les dérogations aux espèces protégées accordées par le gouvernement. Le Schéma départemental des carrières mis à jour par la préfecture fait lui aussi l’objet de recours devant le tribunal administratif. Les projets de carrières comme la Ravine du Trou à Saint Leu, Bellevue à La Saline ou les Lataniers à La Possessions, etc. se heurtent aux oppositions des maires ou des riverains ce qui oblige la Région à demander au préfet d’utiliser la procédure dite de « projet d’intérêt général » (PIG) mais un « PIG » peut faire l’objet d’un recours au TA. Bref, sur le plan des procédures, si on y ajoute la révision du SAR, le nouveau document devant être approuvé en Conseil d’Etat, on voit que la route est longue avant de pouvoir éventuellement exploiter une carrière.

Photo IPR

Il est fort probable que le chantier ne commencera pas avant les prochaines élections même si elles ont lieu en décembre 2015.

La NRL sera alors au cœur de la campagne électorale, d’autant que l’un des points essentiels, la question de l’entrée ouest de Saint-Denis, n’est pas réglée. La Région refuse de participer au financement de NEO au prétexte que la NRL a comme objectif la « sécurisation » des usagers et non la fluidification de la circulation, or, actuellement tous les matins, des centaines de véhicules restent prisonniers dans les embouteillages sous une falaise particulièrement dangereuse (3 morts en 1980). En l’état actuel, engager le chantier de la route sans financer l’élargissement de l’entrée ouest du chef-lieu, est une absurdité.

Jean-Pierre Marchau
EELVR

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