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Olivier Bancoult, leadeur du Chagos Refugees Group

« Nous voulons dire notre combat à Julian Assange »

16 mai 2013
Nathalie Valentine Legros
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Irrecevables ! C’est ainsi que la Haute Cour de Londres a qualifié, le 17 avril dernier, les documents publiés par Wikileaks et produits par les Chagossiens comme preuves dans l’affaire du parc marin protégé instauré par Londres autour de l’archipel des Chagos — excluant toutefois Diego Garcia, la plus grande base militaire américaine hors USA. Au nom de l’article 24 de la Convention de Vienne, les révélations de Wikileaks sont donc rejetées. « Nous ne baisserons pas les bras », a déclaré Olivier Bancoult, le leader du Chagos Refugees Group, à « 7 Lames la Mer ».


Une série de câbles diplomatiques et militaires, reproduisant des échanges entre Londres et Washington au sujet du projet d’instaurer une zone maritime protégée (Marine Protected Area) autour de l’archipel des Chagos (exception faite de Diego Garcia) a été rendue publique par Wikileaks. Ces révélations mettaient en évidence un objectif bien éloigné de la démarche environnementale aux allures louables. La création de ce parc marin autour des Chagos permettait en fait d’utiliser l’argument écologique pour contrer la volonté des Chagossiens de retourner vivre dans leurs îles dont ils furent expulsés — rappelons-le — dans les années 60/70.

Sur la base des documents publiés par Wikileaks, Olivier Bancoult espérait obtenir une avancée dans le procès intenté par les Chagossiens auprès de la Haute Cour de Londres pour contester la légalité de cette réserve marine, la plus étendue au monde. Mais la Haute Cour de Londres a tranché : les plaignants — à savoir le Chagos Refugees Group — ne pourront pas utiliser les correspondances diplomatiques anglo-américaines révélées par Wikileaks. La Haute Cour de Londres s’est effectivement appuyée sur l’article 24 de la Convention de Vienne qui détermine l’inviolabilité de certains documents « à tout moment et en quelque lieu qu’ils se trouvent ». Pourtant, dans d’autres cas, des documents rendus publics par wikileaks ont été jugés recevables.

« Nous sommes allés à Londres pour le procès que l’on a intenté contre le parc marin, explique Olivier Bancoult. Malheureusement, le juge a argumenté en disant que les câbles de Wikileaks ne constituaient pas des éléments officiels. Les Américains, alliés des Anglais, ne reconnaissent pas non plus les documents de Wikileaks. Nos avocats vont adresser une lettre au département américain (U.S. Department) pour leur demander de reconnaître ces documents comme officiels. »

Cette aire doit être protégée

Loin de baisser les bras, Olivier Bancoult entend maintenant porter l’affaire devant le Comité des droits de l’Homme des Nations unies. Au début du mois de mai, le leader du Chagos Refugees Group a par ailleurs mis à profit la présence de Greenpeace dans l’océan Indien pour entrer en contact avec les militants de l’organisation, notamment son porte-parole, Oliver Kwnoles.

« Pour nous, le point important est le droit de pêche dans l’archipel des Chagos, explique Olivier Bancoult. Les chagossiens ont toujours gagné leur vie par la pêche. Même après la déportation puisque des bateaux mauriciens ont continué de pêcher aux Chagos. Depuis l’instauration du parc marin, tout cela est fini. Face au juge, nous avons basé notre argumentaire sur l’existence de cette tradition chagossienne liée à la mer, qui s’est prolongée jusqu’à la mise en oeuvre du parc marin. Depuis le 31 octobre 2010, les pêcheurs se sont vu interdire la zone des Chagos, là où ils réalisaient les plus grosses prises. Pendant ce temps, Greenpeace a constaté des pratiques de pêche illégale dans les eaux chagossiennes ! »

Actuellement en campagne dans l’océan Indien, l’Esperanza, navire-amiral de Greenpeace a transité par les eaux chagossiennes avant de faire escale à l’île Maurice puis à La Réunion. A cette occasion, « 7 Lames la Mer » a rencontré Oliver Kwnoles afin de recueillir son témoignage sur le phénomène de pêche illégale aux Chagos et sa position au sujet de la réserve marine.

« Nous ne sommes venus que deux fois dans la zone, à bord de ce navire, confie Oliver Kwnoles. Et à chaque fois, nous avons surpris des navires se livrant à la pêche illégale dans les eaux chagossiennes. Cette aire doit être protégée, sinon elle sera tout simplement pillée ».

Les deux causes doivent être défendues

Des éléments qui, selon Greenpeace, démontrent l’intérêt de la réserve marine des Chagos. Oliver Knwoles argumente par ailleurs en faveur du droit au retour des Chagossiens.

« La Réserve marine, c’est l’intérêt d’abord des Chagossiens : s‘ils exercent enfin leur droit au retour — et nous sommes persuadés qu’ils finiront par gagner — ils doivent pouvoir retrouver les ressources de leur pays, et non un environnement dégradé, précise Oliver Knwoles. On ne peut pas opposer la protection de l’environnement à la cause chagossienne. Les deux causes doivent être défendues. »

Pour sa part, Olivier Bancoult envisage de sensibiliser Julian Assange à la tragédie des Chagossiens. En rendant publics des documents liés aux Chagos, le patron de Wikileaks, candidat au Sénat australien, a contribué à une meilleure visibilité du combat de ce peuple déporté.

« Nous croyons toujours en notre lutte, poursuit Olivier Bancoult. Nous ne baisserons pas les bras. Nous sommes déterminés à poursuivre jusqu’à ce que l’on obtienne le droit de rentrer chez nous. Nous lançons un appel à Julian Assange car nous voulons témoigner auprès de lui de la tragédie de notre peuple. »

Nathalie Valentine Legros

Nathalie Valentine Legros

Journaliste, Écrivain.
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