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Écologie ou greenwashing ?

Nicolas Hulot et les baleines : une écologie à géométrie variable ?

26 juin 2014
Geoffroy Géraud Legros
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Partisan d’une réglementation sourcilleuse de l’observation touristique des baleines, Nicolas Hulot est évasif à l’égard des effets du chantier de la Nouvelle route du littoral sur ces géants marins. Pourtant, de l’avis des scientifiques, les travaux pourraient bien faire disparaître les cétacés de nos côtes...

Nicolas Hulot a été nommé en 2012 "envoyé spécial pour la protection de la planète" par le Président de la République. Photo : Rodolphe Têtard

Regarder les baleines, oui… mais pas trop souvent, et pas de trop près, recommandait hier Nicolas Hulot, globetrotter écolo de renommée internationale. Nommé en 2012 « Envoyé spécial du Président de la République pour la protection de l’Environnement », l’ancien animateur d’Ushuaïa est en déplacement dans notre île, où il assiste à la 1ère Conférence internationale « Climat-Énergie », initiée par la Région Réunion.

L’observation des baleines, apparues sur nos côtes il y a quelques années, est pourtant rationalisée depuis 2013 par le biais d’un label « Observation responsable des cétacés », censé témoigner des bonnes pratiques mises en œuvre par les professionnels du tourisme spécialisés dans l’approche des merveilleux géants marins. Une bonne volonté encouragée par M. Hulot, qui a néanmoins plaidé pour qu’un encadrement et une réglementation supplémentaires régissent l’activité. Faute de quoi, selon lui, les baleines pourraient « perdre confiance » et emprunter à l’avenir une autre route...

Cette prise de position rigoureuse vis-à-vis des approches touristiques contraste avec le silence quelque peu gêné du « M. Nature » de François Hollande à l‘égard des nuisances, objectivement bien plus considérables, que devrait occasionner la construction de la Nouvelle route du littoral (NRL) à l’encontre des cétacés.

Pollution sonore, troubles à l’environnement marin… il y a de fortes probabilités pour que l’immense chantier en mer fasse disparaître les baleines à bosse de la zone, affirment plusieurs études.

Les atteintes à ces mammifères ont d’ailleurs justifié l’avis défavorable décerné il y a près d’un an à l’ouvrage par le Conseil national de Protection de la Nature (CNPN). Les grands cétacés, à l’instar des dauphins qui peuplent les lieux, pourraient même subir des lésions occasionnées par les travaux.

Invité-phare de la Conférence Climat-Énergie, Nicolas Hulot a, à plusieurs reprises, esquivé le débat relatif à la NRL, arguant d’une connaissance imparfaite du dossier.

Un argument qui ne laisse pas d’étonner dans la bouche d’un émissaire du Chef de l’État, puisque la NRL est le projet routier le plus coûteux entrepris sur le territoire de la République française, et est sans doute, après l’Aéroport de Notre-Dame-des Landes, le plus critiqué sur le plan écologique.


Le très médiatique écologiste n’exclut pas de s’exprimer ultérieurement sur la question, rapporte le « JIR » de ce jour.

En attendant cette (fort hypothétique) prise de parti, la présence de M. Hulot dans notre île à l’invitation du maître d’oeuvre de la NRL apporte une caution écologique et politique de poids à un grand ouvrage dont on ne peut nier — que l’on y soit favorable ou non — qu’il produira un grand chambardement dans l’écosystème marin de la zone considérée… Et cela même, alors que toutes les institutions environnementales se sont prononcées contre le projet.

Pointilleux lorsqu’il s’agit de l’activité des PME du tourisme, Nicolas Hulot se fait fort évasif à l’égard d’un chantier mis en oeuvre par des entreprises multinationales, ne manqueront pas de remarquer les opposants au projet, qui voient dans la visite de l’envoyé présidentiel un exercice de « greenwashing ».

GGL

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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