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Tribune Libre du Parti de Gauche de La Réunion

« Ne cédons pas au greenwashing »

10 mars 2015
Parti de Gauche de La Réunion
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Le « collectif zéro déchets » remet les déchets au cœur du débat public en demandant un positionnement des candidats aux départementales sur l’incinérateur. Le Parti de Gauche se réjouit de voir que les citoyens se saisissent de cette problématique cruciale pour notre île. Mais comment réduire le volume des déchets ultimes qui devront de toute manière être enfouis ? Aujourd’hui, il n’existe pas 36 solutions.

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Conseil d’ours... By narobathtalie, Deviant art.

Le Parti de Gauche se réjouit de voir que les citoyens se saisissent de la problématique cruciale pour notre île de la gestion des déchets. Le Parti de Gauche partage également la remise en cause par le collectif de la gestion actuelle des incinérateurs métropolitains, modèles des projets locaux, uniquement guidée par la recherche de profit.

Le Parti de Gauche partage également leur critique du lobby des multinationales qui freine toute politique de gestion des déchets visant à éviter, réduire, réutiliser, recycler avant d’enfouir ou d’incinérer.

Face à ces constats, le Parti de Gauche réitère son attachement à une gestion publique des services publics que sont l’eau, l’électricité, les déchets : c’est le seul mode garant d’une gestion désintéressée, mais non moins efficace si l’on s’en donne les moyens, au service des citoyens-contribuables.

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Le lobby des multinationales freine toute politique de gestion des déchets visant à éviter, réduire, réutiliser, recycler avant d’enfouir ou d’incinérer... Le recyclage. By HalcyonART on Deviant art.

En revanche, le Parti de Gauche tient à souligner que l’objectif « zéro déchets » ne sera jamais atteignable. Il est démagogique de le faire croire : comme tout être vivant, toute société humaine génère des déchets.

La situation à la Réunion est critique : l’absence d’investissement fait que nous sommes à présent le nez au mur. Les décharges débordent et fonctionnent au-delà de leurs capacités initiales.

La saturation est telle que l’on extrait dans les anciens casiers d’enfouissement les déchets qui n’y ont pas leur place, tels les véhicules, pour faire de la place et gagner un peu d’espace.

On ne peut continuer à enfouir continuellement ou nous risquons de devoir vivre sur une montagne de déchets : sur une île, la surface disponible est limitée. Plus qu’ailleurs, il y est indispensable de gérer intelligemment ses déchets.

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Eviter de produire des déchets en supprimant l’inutile lorsque cela est possible... Deviant art.

Face à ce sombre constat, on ne peut se permettre de se bercer d’illusions et d’utopies vertes, d’objectifs « zéro déchets » inatteignables. Chaque jour, la Réunion produit 1.337 tonnes de déchets ménagers et assimilés, dont 77% sont enfouis (source : données PDEDMA [1] pour l’année 2008).

A ces chiffres faramineux s’ajoutent bien-sûr tous les autres types de déchets : déchets industriels, déchets du BTP, déchets verts et agricoles, déchets issus des activités de soins, etc. Certains sont dangereux, d’autres non, certains sont valorisables, d’autres non.

Ces déchets, nous ne pouvons attendre plus pour les traiter convenablement.

Certes, les priorités doivent être prises dans l’ordre : éviter de produire des déchets en supprimant l’inutile lorsque cela est possible (emballages superflus, bouteilles consignées et non jetables, contenants réutilisables, etc.), les réduire lorsqu’on ne peut les supprimer (éco-conception par exemple), enfin favoriser les réutilisations (lutte contre l’obsolescence programmée, réparations, récupérations), recycler sinon, et enfin en dernière option, incinérer pour réduire le volume puis enfouir.

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Quand l’art évoque le problème du recyclage... Arthur et son harmonica dans la "grotte des sachets plastique". "Sashessa", exposition du plasticien Antoine du Vignaux, réalisée dans les années 90 chez Sophy Rotbard, à Artsenik.

Soyons ambitieux mais réalistes : appliquer la liste prendra du temps. Cela ne demande pas moins que de repenser la société entière : son mode de consommation, de production, de commerce, de transports de marchandises.

Cela demande des investissements dans la logistique, les outils industriels, la recherche. Cela demande une planification fine des besoins à l’échelle des territoires.

Même avec une forte volonté politique, tout ceci ne se fait pas du jour au lendemain, même si cela reste plus rapide que de tenter de changer les mentalités à l’échelle individuelle sans mener en parallèle un projet régional solide.

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Toute société humaine génère des déchets. Photo : GML

Pour ces raisons, et parce qu’il restera toujours une part de déchets ultimes à enfouir, nous considérons que l’incinérateur n’est pas forcément à bannir. Bien sûr, nous préfèrerions ne pas y avoir recours.

Mais comment réduire le volume de ces déchets ultimes qui devront de toute manière être enfouis ? Aujourd’hui, il n’existe pas 36 solutions.

Demain, les solutions seront peut-être plus nombreuses si l’on se donne les moyens de chercher. Mais en attendant, il est de notre responsabilité de ne pas fermer les yeux en continuant à enfouir aveuglément sous prétexte que l’incinération est polluante.

Bien d’autres industries le sont également et pourtant elles sont elles aussi indispensables : industrie pharmaceutique, industrie électronique, papeteries, par exemple.

Les centrales à biomasse, soit disant plus « écolos », qui brûlent un combustible de nature variable, peuvent être autant voir plus polluantes que des installations plus classiques à l’image moins verte. « Ne cédons pas au greenwashing ».

Tout l’enjeu d’un incinérateur réside dans la maîtrise du flux de déchets brûlés, c’est-à-dire dans la qualité du tri, mais aussi dans l’investissement des installations de dépollution et dans le contrôle qui s’effectue sur l’usine.

Seule une gestion publique des déchets associée à une réelle politique régionale des déchets et à un contrôle industriel indépendant associant les instances citoyennes permettrait une exploitation dans des conditions sanitaires et environnementales qui nous semblent acceptables.

Le Parti de Gauche de La Réunion

Notes

[1Plans départementaux d’élimination des déchets ménagers et assimilés

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