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Audition parlementaire

Monopole pétrolier : La saine colère d’Ibrahim Aboubacar

16 janvier 2014
Geoffroy Géraud Legros
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Ingérences de l’Etat, exigence d’exemptions fiscales, profits records… l’adresse du parlementaire mahorais au PDG de « Total » en apprend plus sur les agissements des pétroliers que tous les « débats » à sens et à signification uniques organisés sur la question.

Le député Ibrahim Aboubacar. Photo : Parti socialiste.

L’Assemblée nationale a entendu et questionné un peu plus de trois heures M. Christophe de Margerie, PDG de « Total ». Cette audition, dont l’enregistrement vidéo est disponible sur le site internet de l’institution, permet à quiconque en a la curiosité de cerner si ce n’est la nature, mais tout au moins le style du pouvoir exercé par les pétroliers sur les économies ultramarines. Rappelons qu’à La Réunion, ce pouvoir est, sans jeu de mots, total puisque de l’oligopole de la SRPP, dominée par la firme dirigée par M. de Margerie, dépend l’ensemble du circuit des hydrocarbures et des gaz du pays.

Le style, ici, n’est donc pas l’homme, mais la firme ; laquelle firme déclare en substance que, par exemple, si les Mahorais ne sont pas contents, ils n’ont qu’à trouver une autre compagnie. Un propos qui déclenche une saine colère de M. Aboubacar, député du jeune département qui, énonce avec précision de saines vérités que l’on n’a guère l’habitude d’entendre sous nos cieux. Total, ainsi, n’était pas la compagnie choisie par le Conseil général de Mayotte en 2003, nous apprend M. Aboubacar, et ne l’est devenue que sur intervention directe du Préfet, « pour motif d’intérêt national ».

Une modification sous l’égide de l’État accompagnée, poursuit l’élu, d’exigences formulées par Total : « construction d’un port dédié », « cession des terrains les plus précieux du port de Longoni » à des fins de stockage, et — cerise sur le gâteau — « exonération de patente et d’impôts ». Des faits que n’a pas contestés M. de Margerie, qui déclare par ailleurs « ne pas avoir les chiffres », même s’il serait, dit-il, « étonné » de réaliser les marges annoncées. Haussement d’épaules à l’appui, le dirigeant de l’ex-compagnie nationale rappelle que les 10 millions d’euros de Mayotte ne représentent pas grand-chose face aux 23 milliards que « pèse » la compagnie. « Pourquoi tant de haine », s’interroge-t-il, laissant à nouveau entendre que Total, faute de « reconnaissance », est prêt à céder la place…

Il n’aura fallu que quelques minutes au parlementaire mahorais pour illustrer par des faits les rapports collusifs entre État et pétroliers dans les Outremer, pointés en 2009 par l’Autorité de la Concurrence. Une relation que l’administration s’était, à La Réunion, employée à nier, par une série de laborieux « débats » convoqués par Michel Lalande, alors en poste en Préfecture. Les « débats » avaient conclu, on s’en souvient, à une transparence plus que satisfaisante des pétroliers et au caractère très marginal, de leurs bénéfices à La Réunion.

Des conclusions battues en brèche quelques temps plus tard par le nouveau ministre de l’Outremer, Victorin Lurel, mais étrangement fort à l’unisson des sentiments exprimés hier par M. de Margerie... Même si celui-ci, du haut de ses 23 milliards, ignore probablement qu’il dispose chez nous de si zélés thuriféraires.

Geoffroy Géraud Legros


Ibrahim Aboubacar en colère contre le PDG de Total by la1ere


Christophe de Margerie / Pourquoi tant de haine ? by la1ere

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste, Co-fondateur - 7 Lames la Mer.

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