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Ce que parler veut dire (3)

Les enfants de la croix ?

24 février 2014
Jean-Claude Legros
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Salut Justin. Vendredi matin, en lisant ton papier (façon de parler) dans « Témoignages », j’ai eu un doute...

Salut Justin. Vendredi matin, en lisant ton papier (façon de parler) dans « Témoignages », j’ai eu un doute : « bann zanfan La Kreuz ». Pour le germaniste que je suis, la « Kreuz » c’est la croix, le calvaire. S’agissait-il d’une nouvelle manécanterie, dirigée par un nouvel abbé Maillet ? Ou d’une nouvelle chapelle créée par un nouveau Russel ? Sans compter qu’en allemand « Kreuz » c’est aussi la couleur « trèfle » du jeu de cartes.

En fait, après avoir lu ton article jusqu’au bout, je me suis rendu compte qu’il s’agissait des « enfants de la Creuse », ce département français de la Région du Limousin, chef-lieu Guéret, dont le sous-peuplement (124.000 habitants) remonte au siècle dernier. Raison pour laquelle l’un des députés de l’époque crut bien faire en essayant de le repeupler avec les « enfants de La Réunion ».

Parmi les linguistes créolophones que je fréquente, il en est certains qui sont partisans de ne pas appliquer la phonétique créole aux noms propres de personnes ou de lieux, de quelque origine qu’ils soient, en les laissant dans leur orthographe d’origine, ceci afin de faciliter la lecture et d’éviter confusions et quiproquos. Ainsi Kopé (à ne pas confondre avec Kopa) resterait Copé, le Zira demeurerait Jura, les Bitèls seraient les éternels Beatles et le Barin (à ne pas confondre avec le Bahreïn) s’écrirait toujours Bas-Rhin. Les enfants de La Réunion, transplantés dans le Massif Central, seraient alors pour l’éternité « bann zanfan-la-Creuse ».

JCL

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