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Embauche des Réunionnais

Les docks veulent rester réunionnais

4 mai 2013
Geoffroy Géraud Legros
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« Ils ont pris l’argent de la défiscalisation, ils ont fait venir du personnel d’ailleurs, et maintenant, c’est nous qu’ils voudraient foutre dehors ». C’est en ces termes lapidaires qu’un syndicaliste décrit la grève illimitée des dockers de la SERMAT qui, depuis avant-hier, entrave le déchargement des conteneurs. Une lutte contre le licenciement annoncé de 19 travailleurs qui porte aussi le mot d’ordre de la préférence réunionnaise à l’embauche.


Défiscalisation, stade terminal : ce pourrait être l’épitaphe du dispositif qui, en 2005, a permis au GIE SERMAT d’implanter des chariots-cavaliers (voir photo). La maintenance de ces engins a alors été confiée à son constructeur, la société finlandaise KALMAR pour 8 années, au terme desquels les dockers de la SERMAT, mis à disposition, espéraient assurer eux-mêmes la maintenance de l’équipement.

En grève depuis le 2 mai

En grève depuis avant-hier, les dockers s’opposent à la reconduction du contrat entre SERMAT et KALMAR… et dénoncent les pratiques des sociétés, qui n’ont, selon eux, pas joué le jeu.

« On les voit venir », déclare Danio Ricquebourg, de la CGTR Ports et Docks. « Ils en sont déjà à nous dire : on aura toujours besoin d’ingénieurs. Et les ingénieurs, bien entendu, ce ne sont pas les Créoles, jamais. Nou nou lé bon po mèt de l’huile dan moteur, mé nou gingne pa monte dan la cabine. Et il faut voir ce qu’ils appellent « ingénieurs » aussi. Vous connaissez cette histoire, autrefois, on cherchait un moyen de transformer le plomb en or. Et bien à La Réunion, cela existe, mais avec les gens. Vous sortez de France, vous êtes pas plus pas moins que les autres, et il suffit de poser un pied chez nous pour se retrouver bombardé : ingénieur. Ingénieur, tu parles. Il y a comme cela une poignée de gens qui sont venus, qui ont ramassé une prime de 1.000 euros, plus une case à La Saline et une voiture de fonction. Et à côté de cela, on vous parle des 140.000 chômeurs ! »

« À quoi tu sers, toi ? »

« Le pire », poursuit-il, « c’est que la défiscalisation est censée, à l’origine, nous aider à régler nos problèmes, dont l’emploi. Au contraire, pendant ces 8 dernières années, on a tenté de nous évincer de nos tâches. On dit au Réunionnais : ce travail là, je vais le faire. Et la SERMAT, qui est complice, laisse les emplois être occupés par la société KALMAR. Puis on dit au réunionnais, que l’on a dépouillé de son ouvrage et de sa tâche : et ben , qu’est-ce que tu fais là, toi ? À quoi tu sers, toi ? ». Au Port, KALMAR a réunionnisé sa façade sous le sigle SRMP (Société réunionnaise de maintenance portuaire). Quelques lettres qui sont loin de convaincre côté salariés : « pendant ces 8 dernières années, le patronat n’a pas pu toucher aux effectifs. Désormais, ils nous annoncent le licenciement de 19 membres du personnel de la SERMAT, sur 43 ! Voilà en quoi a consisté leur réponse à nos propositions concrètes  ».

Selon les personnels, le retour au GIE de la compétence « maintenance » permettrait de substantielles économies, ainsi que le recrutement — local, insiste-t-on côté dockers — de personnels spécialisés.

« Pendant ce temps-là, les « ingénieurs » rentrent, et les Réunionnais doivent être licenciés. Cherchez l’erreur. Nous nous sommes formés en 8 ans. Nous avons les compétences, nous avons les qualifications. Mais on suit la piste inverse côté patronat : en résumé, ils ont pris l’argent de la défiscalisation, ils ont fait venir du personnel de dehors, et maintenant, c’est nous qu’ils veulent foutre dehors  ».

Geoffroy Géraud Legros

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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