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Saison & poètes

Les 7 vertus du Flamboyant

6 janvier 2019
7 Lames la Mer
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La saison des flamboyants pointe ses fleurs rouges... comme en 1958 sur cette vieille carte postale retrouvée au fond de la malle en bois (magique...) de « 7 Lames la Mer »...

1958 : Saint-Denis, flamboyant boulevard Lacaussade.

Mangues, Letchis et flamboyants


Le sang, le soleil, la lave, le magma, le feu, la braise, le volcan... Rouge. Le flamboyant ! Il annonce la saison des mangues et les letchis. Cet « arbre de Noël » réunionnais, qui peut atteindre une vingtaine de mètres de haut, nous vient de Madagascar où il fut découvert au 19ème siècle.

De la famille des « Caesalpinacées », il a pour nom scientifique « Delonix regia » mais on l’appelle aussi « Poinciana regia ». Attention à ces racines vigoureuses qui arrivent à soulever les dallages !

Flamboyant de Petite-Ile, par Louis Ozoux.
Septembre 1934.

Rameaux, feuilles, fleurs, écorces, gousses, racines


Outre sa capacité à « enflammer » la nature réunionnaise, le flamboyant possède 7 vertus :

  • Ses fleurs rouges sont un excellent vermifuge.
  • Elles sont aussi connues pour leur pouvoir analgésique, ainsi que les feuilles.
  • Ses racines sont recherchées car elles apaisent les fièvres.
  • Les jeunes tiges agissent contre les gingivites.
  • Rameaux, feuilles et fleurs sont utilisés contre le paludisme.
  • Les écorces en infusion soulagent et guérissent les diarrhées.
  • Mais attention aux graines des gousses... Elles sont toxiques !

7 Lames la Mer

Oeuvre de Jean Albany... et l’ombre des flamboyants.
Pou la troup Flanboyan
Photo © Claude Thérésien.

Flanboyan lé rouz an désanm
Flanboyan lé rouz
Flanboyan lé rouz an désanm
Pou nou fèt in gran 20 désanm

1 - La min dan la min rénioné
Nout sant maloya Kayanmbé
Si nou rod la tras payanké
Nou vé trouv sémin galizé

Nana kavia nana maloya
Pou fé konèt nasion nout papa

Photo © Claude Thérésien.

2 - La koup la fini bann dalon
Nou kri minm kom noir si lésèl
Kroir pa nou la boir lo bandèz
Na lo trou dann pos pantalon

Nana kavia nana maloya
Pou fé konèt nasion nout papa

3 - O Véli mon zétoil katrèr
Bardzour la klèr dann lilèt
Lespri i vang dan mon tèt
Parèy sèrvolan dan lé zèr

Nana kavia nana maloya
Pou fé konèt nasion nout papa

Photo © Claude Thérésien.

4 - Oté si moin nana lo kèr
Moin nana osi la pasion
Si mi ral lodèr tout bann flèr
Mi manz osi frui la pasion

Nana kavia nana maloya
Pou fé konèt nasion nout papa

Flanboyan lé rouz an désanm
Flanboyan lé rouz
Flanboyan lé rouz an désanm
Pou nou fèt in gran 20 désanm

Patrice Treuthardt
Poème publié dans le recueil collectif « Zétoil Katrèr, poèm an kréol », Editions UDIR, septembre 1990

Photo © Claude Thérésien.

Dérive en rouge


Parce que chaque mot cache une fin du monde
et que l’ombre rend plus vive la lumière
la vie belle de sa blessure rouge
flamboie de tristesses éparpillées
Un rouge exubérant à en mourir
un rouge à aimer sans prendre souffle
à boire comme un merveilleux poison
Le rouge de mon amour me brûle si fort

Le flamboyant rouge au silence violent
feu de joie ou sacrifice sanglant
le flamboyant carnivore suce le sang de l’été
mon cœur en fait autant, j’en suis maculée
Nous sommes comme des amants voraces

Qui me dira qu’il n’est pas beau de pleurer
qui me dira de me livrer dans l’instant vermeil
et pourquoi le sang tenace de l’été renaît
dans l’orgasme du flamboyant

Un pétale deux pétales trois pétales
rouge sang rouge vulve rouge Ogou
Tu dérives ma fille, tu dérives et t’emmêles
point de garde fou dans la saison du flamboyant
La passion est rouge, rouge et mouvante
elle exulte au cœur de l’été en chute libre

Et mon désir sans aucune honte me colle au corps
omniprésent omnivore affamé d’instants multicolores
Le rouge flamboyant dans mes veines réclame son dû
comme les lèvres dévorantes d’un été scandaleux

Kettly Mars

Photo © Claude Thérésien.

Les flamboyants


Bruissements, soupirs des arbres dans la brise,
Sons aigus des bambous, ingénu festival
Qui naît lorsque l’excès de la chaleur se brise,
C’est la fin rude encor d’un long jour estival ;
Le crépuscule accuse une large blessure ;
Un prodige a surgi que nul n’a su prévoir :
Exaltant la couleur, hors de toute mesure,
Fleuris, les flamboyants se dressent dans le soir.
Admirez le tapis ruisselant d’écarlate
Qui met dans l’air ému sa riche éclosion !
Ou ne dirait-on pas, quand un cratère éclate,
Comme un brûlant bassin de lave en fusion ?

Le couchant, mort au ciel, jaillirait-il de terre ?
Cette pourpre, ces tons rutilants et vainqueurs,
Ces scintillants rubis que le feuillage enserre,
Émanent-ils des cœurs meurtris, de tous les cœurs
Qui saignent dans la mort et, par les lois fatales,
Épuisent leur martyr dans les fleurs jusqu’au bout ?
Flamboyants, est-il vrai que vos ardents pétales,

Embrassés, atteignant au faste le plus fou,
Ont trempé dans nos maux et baigné dans les crimes ?
Votre éclat triomphal s’avive à notre deuil,
Flamboyants qui voulez un monceau de victimes
Pour nourrir votre pompe et votre avide orgueil !
Et votre floraison tient de l’apothéose ;
Votre étalage s’enfle, il s’accroît, dilaté
Chaque fois que la brise ondoyante s’y pose ;
L’œil se trouble à s’emplir de votre majesté,
Flamboyants somptueux dont l’ardeur irradie !

Aussi, quand sur le ciel d’été se déployant,
Un vieillard aperçoit la lueur d’incendie
Que cet arbre enflammé, le cruel flamboyant
Allume, son regard averti devient sombre ;
Son souvenir l’attache, en rappels singuliers,
A l’effroi de la peste et des malheurs sans nombre
Qui, rués sur les toits, les vident par milliers.

Jean Ricquebourg
1936

Route des Flamboyants [route de La Montagne], Maurice Ménardeau, années 1930.

7 Lames la Mer

Réalités émergentes Réunion, Océan Indien, Monde.
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