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Le présent de Saint-Paul : l’avenir de La Réunion ?

9 avril 2014
Geoffroy Géraud Legros
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Sourire tranche papaye, citations de Gandhi et discours consensuels par devant, nervis, et clientélisme par derrière : la droite conservatrice relookée repart à l’assaut du pays.

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Convivialité et sourire tranche papaye devant, clientélisme et brutalité derrière : une droite pas si "nouvelle" part à l’assaut du pays. Photo : IPR

Dimanche. Télé, Internet. Édifiante juxtaposition des tableaux : de retour dans la vénérable salle du conseil municipal de Saint-Paul, Joseph Sinimalé pontifie, un sourire de sage aux lèvres : l’heure, dit-il, est à l’apaisement. Au retour au calme. Au respect.

« Marlé dans le cou », l’ex-nouveau maire de la plus vaste commune de l’île y va de sa citation de Gandhi.

Dans le même temps, devant la mairie, la maire sortante est accueillie par les partisans de « Sini » : les injures fusent des bouches à l’haleine de rhum, et un début de ralé-poussé s’ensuit, vite interrompu par les ASVP, qui permettent à la députée, toujours droite sur ses talons, de quitter les lieux.

Les faits ne doivent rien au hasard : soigneusement élaborée par l’état-major du vainqueur, la mise en scène animée par la volonté d’humilier conclut une campagne de dégradation et d’inversion des valeurs politiques : le social, c’est « donne un monnaie ma vote po ou », la culture ça ne sert à rien, et la seule politique c’est celle de la proximité — euphémisme contemporain pour « clientélisme » et « not in my backyard  » portés au rang d’éthique.

«  Un maire juste pour Saint-Paul  », dit le slogan de « Sini ». Pas mal ; bonne com’ ; bonne came. On explique, pour ceux qui seraient durs de la comprenette : « juste », c’est pour la « Justice » sociale — celle du ti « koudmin » entre deux « koud’sek » face à la boutique, non pas celle qui progresse avec difficulté, par le droit au logement et l’éducation.

« Juste », au sens de « seulement » : M. Sinimalé s’engageait à n’être « que » maire de Saint-Paul, brocardant — nouveau couplet d’une vieille rengaine démago — le « cumul » de sa rivale .

Un engagement parti à la poubelle, puisque le nouveau maire a déjà annoncé qu’il cumulerait son poste de maire avec celui, conquis en 2011, de Conseiller général. Deux jours de pouvoir, et déjà un reniement à inscrire au passif de Joseph Sinimalé qui, tel qu’on le connaît, nous en prépare d’autres.

Loin d’être l’archaïque que l’on dit, le maire de Saint-Paul est résolument moderne : il incarne cette « nouvelle » politique du paraître d’une droite dure qui, aux quatre coins du monde, a compris qu’il suffisait de mettre les formes pour devenir, ou plutôt demeurer ce qu’elle est : marlé dans le cou et Gandhi devant les caméras, nervi, et mandoze derrière.

Michel Debré avait déjà plus ou moins pigé le truc, qui se faisait accueillir par des tam-tam et des robes à fleurs alors que, dans le même temps, il écrasait, ou tout au moins, réduisait au silence tout ce qui battait tambour et « soukouyait » kaïambe.

Clientélisme et « kounichman », flanqués d’un sourire tranche papaye de commande : la formule, quoiqu’on en pense, fonctionne. Et fait pousser des ailes à ses adeptes, qui se voient déjà perchés au sommet des Assemblées locales, dont le renouvellement est imminent. Le présent de Saint-Paul sera-t-il le futur de l’île ?

GGL

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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