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Le CAFAR et la manière

3 octobre 2014
Geoffroy Géraud Legros
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On connaissait depuis longtemps le « cafard ». Récemment, nous avons eu à découvrir un sinistre « KAFAR » qui a défrayé la chronique... Mais connaissez-vous le « CAFAR » ?

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On connaissait le « cancrelat », les « idées noires » et le « dénonciateur hypocrite »... Autant de définitions pour le mot « CAFARD »... On a récemment découvert le sinistre « KAFAR », triste addition aux accents racistes drapés dans un pseudo humour style potache, addition popularisée par un grotesque T-shirt qui a provoqué la colère et déchaîné les passions, réactions qui ont mené le patron de « Pardon ! » à se fendre d’excuses publiques.

C’est alors qu’est remontée à la surface de notre mémoire un autre « CAFAR »...

C’était en juillet 2012. Un dimanche. Séance de photos dans les rues du Port. Notre objectif : le patrimoine, les petites cases typiques, les bribes de mémoire dans le paysage urbain, les bâtiments qui n’ont pas encore été happés par l’urbanisation !

Dans une ruelle non loin du Kabardock, nous tombons sur une maison inoccupée. Une vieille case chinoise dont le fronton est orné d’idéogrammes. Mais voilà, des z’amateurs (d’art ?) ont badigeonné la façade : un « CAFAR » fluorescent barre le vénérable édifice et recouvre les idéogrammes.

On retrouve même « CAFAR » sur les rampes à l’entrée de la route des Tamarins, surplombant la circulation côté Saint-Paul : tout un symbole.

Existe-t-il un lien entre ces deux « oeuvres d’art », autre que la quasi homonymie ? Rien ne l’indique, mais il n’apparaît que trop, en revanche, que c’est le même « esprit » qui soufflait dans les têtes vides des créateurs de ces deux chef-d’œuvre. Un esprit que l’on ne connaît que trop, qui anime une clique assez réduite de makote dont tout le sens artistique consiste à baptiser du terme d’art « urbain » des actes de vandalisme qui, comme par hasard, s’expriment systématiquement contre la culture et l’architecture des autochtones.

Et pourquoi s’en priveraient-ils ? Ces salopeurs, qui se prennent pour Basquiat dès lors qu’ils ont maculé les vestiges d’une case créole ou les vieilles pierres d’une usine, le coco fardé de quelques « bédos » (comme on dit là-bas) d’herbe à connards, sont la coqueluche de certains milieux « arty ». C’est d’ailleurs sur la base de ces exploits que l’on retrouve ces gribouilleurs, une fois jetée leur gourme de bolosses, dans les agences de com’ hors de prix qui dominent l’empire du papier glacé réunionnais.

Alors « KAFAR » ou « CAFAR », pour nous ce n’est pas de l’art, c’est du cochon.

Geoffroy Géraud Legros

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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