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Brigitte Croisier : Laurence Vergès, il y a un an...

Laurence, tu nous manques

1er novembre 2013
Brigitte Croisier
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Tu nous manques depuis que tu nous a quittés, le 3 novembre 2012. Ta modestie était telle que tu protesterais énergiquement si tu pouvais lire ces lignes. Car jamais tu n’as voulu jouer les premiers rôles...

Paul Vergès, Laurence Vergès et Pierre Vergès. Photo IPR.

Tu nous manques depuis que tu nous a quittés, le 3 novembre 2012. Ta modestie était telle que tu protesterais énergiquement si tu pouvais lire ces lignes. Car jamais tu n’as voulu jouer les premiers rôles. Tu te défendais toujours vigoureusement dès qu’on t’offrait un compliment. A l’inverse, tu n’étais pas avare d’encouragements et de félicitations pour les autres. Aujourd’hui, à ton tour de recevoir l’hommage que tu aurais refusé de ton vivant. A ton tour d’accepter qu’on ne t’oublie pas.

Tu nous manques comme une grande sœur pleine de sollicitude constamment attentive à son entourage. Une grande sœur dynamique entraînant les proches dans diverses actions militantes, politiques et culturelles : réunions de femmes, porte à porte, rédaction d’articles, organisation de conférences. Disponible, dévouée, passionnée, tu ne pesais pas les avantages et les inconvénients, tu n’économisais pas tes forces ni ton temps, tu ne calculais pas les profits et pertes, tu fonçais.

Et puis, il y avait ta manière d’être bien à toi. Une eau vive, celle d’une source jaillissante inépuisable. Tellement spontanée ! Ce que tu avais à dire, tu le disais direct, quitte à t’excuser aussitôt pour apaiser la surprise de l’interlocuteur. Débordante d’énergie, il n’était pas question que tu admettes un tant soit peu être fatiguée. Curieuse à ne jamais être rassasiée de livres, de films, de théâtre, de débats. Si jamais tu avais un regret, c’était de rater telle ou telle manifestation.

Laurence, tu ne croyais pas à une quelconque forme de survie individuelle, et moi non plus. Mais je crois à la présence dans notre mémoire vivante de celles et ceux qui nous ont quittés. Celles et ceux qu’on appelle des « disparus » ne nous sont plus visibles, mais ils et elles nous habitent, nous inspirent, nous parlent encore.

C’est aussi pour cela que j’ai habillé mon « je » singulier d’un « nous » pluriel, persuadée que beaucoup partagent avec moi ce souvenir de toi.

Nous ne t’oublions pas parce que tes paroles, tes actes, ta vie ont donné au mot « communisme » sa valeur authentique, c’est-à-dire toute sa chaleur humaine, au-delà des catégorisations réductrices.

Brigitte Croisier

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