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Dock 8

La légende des pionniers du désert

4 juin 2013
Nathalie Valentine Legros
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C’est l’histoire des porteurs de gamelles et des ramasseurs de tinettes. Des raconteurs de game et des vavangueurs vengeurs débarqués à vie. Ici, on ne calcule pas avec la mort.


Ecoutez la légende des pionniers du désert. C’est une histoire de sueur sur les docks, la peau poiquée par le soleil, les gueules noircies par le charbon et l’odeur du sucre au fond du gosier.

« Six fois huit quarante-huit, deux coupés devant : cinquante ». Les dockers ne comptent pas les gonis sur les doigts.

Ici, c’est une histoire de pêcheurs lagolète et de marmay casseurs de bains dans les bassins portuaires. Ici, on ne calcule pas avec les marées.

C’est l’histoire des porteurs de gamelles et des ramasseurs de tinettes. Des raconteurs de game et des vavangueurs vengeurs débarqués à vie. Ici, on ne calcule pas avec la mort.

Des joueurs de pétanque voleurs de boules wagons et des vendeurs de « Témoignages » du samedi de marché. Une histoire de militants tapant le macadam et de cheminots convoyeurs de syndicalistes. Ici, on ne calcule pas avec le pouvoir kolonialiss.

Une histoire de bazardiers grandes gueules et de fières tenancières bien sapées. Des colporteurs de manioc et des marins au long cours. Une histoire de marchands de cendre qui vous envoient peindre la mer. Des sirènes au petit matin et des muezzins à midi.

Du Cœur Saignant à la Route Déserte, le battement des langues ne s’est pas éteint.

Pas tenté par la veillée portuaire ?

Nathalie Valentine Legros

Nathalie Valentine Legros

Journaliste, Écrivain.
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