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Zanbrokal Hebdo

La droite américaine ne veut plus de rappeurs...

14 juillet 2013
Geoffroy Géraud Legros & Nathalie Valentine Legros
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La droite américaine ne veut plus de rappeurs à Cuba ; la Boucan Party part en eau de sucette ; Perle Zafinandro-Fourquet s’apprête à retourner dans la gueule du loup ; Snowden tombe dans les bras de la Russ(i)e ; le car courant d’air revient, alors qu’au Tampon, on cherche la femme (et on la trouve).

Une loi « Béyoncé-Jay-Z » contre Cuba (Mercredi 10 juillet - USA)


Les « exilés » cubains anti-castristes et leurs descendants pèsent lourd en Floride, dépensent muchas dollars en lobbying à Washington et à Langley, où ils n’ont d’ailleurs jamais cessé d’avoir leurs entrées, et disposent du soutien de nombreux politiciens américains. Dans cet influent milieu, on n’a pas, mais alors pas du tout, goûté le voyage, en avril dernier, à La Havane, du couple formé par la chanteuse R’n’B Béyoncé et le rappeur Jay-Z, qui ont fêté leurs 5 ans de mariage dans la capitale cubaine.
Jaz-Z, qui ne dissimule pas son admiration pour Che Guevara et sa sympathie envers le régime cubain, s’est par ailleurs fendu d’un rap aux paroles acérées envers son principal détracteur, le sénateur floridais Marco Rubio, lui-même d’origine cubaine. « Les politiciens n’ont jamais rien fait pour moi/ A part me mentir et réviser mon histoire/ Tout le bien qu’ils me souhaitent, c’est des amendes et de la prison » chante l’artiste en une claire allusion à la condition noire aux USA. M. Rubio estime pour sa part que Che Guevara était un « raciste suprémaciste blanc (sic) ». Alarmés par l’impact de cette visite sur les jeunes, d’ores et déjà constatable selon eux, les élus Républicains du Congrès ont déposé un projet de loi visant à renforcer le blocus installé en 1962, dont l’érosion progressive permet à plusieurs centaines d’Américains de se rendre chaque année à Cuba, sans encourir de représailles.

La Boucan Party : c’était mieux avant (Jeudi 11 juillet - La Réunion)


Coïncidence : c’est le jour de la première Boucan Party que « 7 Lames la Mer » faisait son apparition sur le Net. L’événement, on s’en souvient, avait valu aux jeunes les foudres de toute une foule de bien-pensants. Nous en pensions plutôt du bien : plusieurs milliers de jeunes créoles rassemblés pacifiquement, clouant le bec aux détracteurs patentés d’une jeunesse réunionnaise que l’on prétend vouée au vagabondage, au zamal et aux cocktails Rhum-Rivotril. C’était spontané, c’était convivial et, de surcroît, la présence de cette foule « toute koulèr » sur cette plage réputée « blanche » faisait sauter, en douceur, l’un de ces liens invisibles qui continuent de corseter le pays. Nouvelles vacances, nouvelle « Beach Party » — et là, on aime moins. Fini l’élan du départ, on a désormais à faire à une banale « teuf » , vulgarité comprise (voir l’affiche ci-dessus) portée par des jeunes gens aux dents longues, déterminés, semble-t-il, à faire carrière dans « l’évènementiel » — domaine dans lequel, d’après les commentaires, ils ont encore pas mal de progrès à faire. Bref, le flashmob s’est mué en business. Guère surprenant, mais dommage.

Perle parle (Vendredi 12 juillet - La Réunion)


Un saut à Terre-Sainte pour un verre à l’invitation du Comité de Soutien à Perle Zafinandro-Fourquet. Perle, libérée le 30 avril dernier des geoles fort-dauphinoises, qui se prépare à de nouvelles luttes et nous explique qu’elle repartira pour Madagascar se présenter face à la justice. C’est-à-dire, se fourrer dans la gueule du loup, puisque la multinationale canadienne Rio Tinto, dont elle combat les abus envers la population de Fort-Dauphin, est capable d’influer sur l’issue du procès. Plus que jamais, Perle et son association Fagnomba comptent donc sur le soutien et la mobilisation de l’opinion, à Madagascar et en-dehors, puisque leur action n’est que peu relayée par des médias malgaches sous pression du pouvoir. Sur ce point, on ne peut que regretter la présence pour le moins clairsemée des journalistes réunionnais, lors de la conférence donnée un peu plus tôt dans l’après-midi… à comparer avec les sempiternelles et déprimantes tartines consacrées, le lendemain et le surlendemain, au 14 Juillet. (Lire l’interview de Perle - Découvrir la rubrique de "7 Lames la Mer" consacrée au combat de Perle et Fagnomba)

Le glamour passe à l’Est (Vendredi 12 juillet - Russie)


Edward Snowden demande l’asile politique en Russie « afin de pouvoir se rendre légalement en Amérique Latine ». Après l’Australien Julian Assange, réfugié à l’ambassade équatorienne, d’où il anime des émissions pour la télévision russe, c’est un américain, ex-consultant de la CIA, qui fuit à l’Est et au Sud les atteintes à ses droits de justiciable. Requête accueillie précautionneusement mais, au final, favorablement, par le Kremlin, qui demande en retour au fugitif de « ne pas nuire au partenaire américain ». Dans un registre plus léger, on retiendra la première brèche dans le monopole américain de la culture pop créée par un Tweet de demande en mariage adressé quelque jours auparavant au « donneur d’alerte  » par l’agent secret russe Ana Chapman. Lui, gueule d’enfant sage, duvet clairsemé, lunettes de premier de la classe, et cette tranquillité dans le regard qui n’appartient qu’à ceux qui ont choisi le martyre. Elle, espionne à la chevelure magmatique, expulsée des USA en 2010, autant à l’aise sur les podiums de haute couture et devant les photographes de charme que dans les arcanes des services spéciaux et de la politique russes : ça en jette tout de même un peu plus que les faciès du tandem Clinton-Kerry. S’il est toujours à la recherche d’une idéologie structurée, le monde émergent commence — enfin — à se doter d’une bonne com’. Et le glamour aussi passe à l’Est…

Le car le vaut bien (Samedi 13 juillet - La Réunion)


En un court trajet Le Port-La Montagne, nous avons croisé : une Ferrari, une Audi A8 et un roadster RS de la même marque, une Porsche Cayenne, un nombre appréciable de Mercedes et deux Land-Rover flambant neuf. On le sait, le pays est pauvre, mais ceux qui ont du fric en ont vraiment — et aiment la belle mécanique. Sillonnées par des modèles économiques et des « Cars jaunes » aux tarifs sociaux, nos routes le sont aussi par des petits et grands bolides flambant neuf qui, coût du transport et Octroi de mer aidant, atteignent des prix vertigineux. Ainsi, on aurait aimé plus de mesure de la part du « Quotidien », qui qualifie de « gabegie » le « réassemblage », à Stella Matutina, d’un « car courant d’air », symbole du tan lontan et du courage des pionniers du transport, dans notre île si accidentée. Allons, confrères, 90.000 euros, c’est moins que la moindre des belles bagnoles énumérées ci-dessus ; et que l’on ne nous rétorque pas que la réplique du vaillant véhicule d’autrefois est payée par le contribuable. C’est lui aussi qui, par le biais de la défiscalisation, finance l’achat des petits chef-d‘œuvres italiens et allemands auxquels leurs propriétaires font prendre l’air le week-end…

Au Tampon, c’est femme devant, cavalier derrière (Dimanche 14 juillet - La Réunion)


Didier Robert dévoile son plan et, comme on pouvait s’y attendre, il n’a absolument pas renoncé à reconquérir son fief du Tampon. Décision fort logique, qui lui évite une aventure incertaine en terre saint-pauloise et laisse la place à un éventuel ticket Lagourgue-Dindar dans la capitale. Deux pointures, qui vont donner pas mal de fil à retordre à Gilbert Annette, dans une conjoncture où ce dernier, pour maîtriser ce qu’il reste de la Fédération socialiste de La Réunion après la scission du « Progrès », n’a pas d’autre choix que de manifester un soutien sans nuance à l’action du Président de la République. « Femme devant, cavalier derrière » : base chorégraphique des classiques quadrilles créoles, la formule n’est en revanche guère prisée dans le très machiste champ politique réunionnais. Et c’est bien la première fois qu’une « tête » masculine, en l’occurrence un Président de Région, cède la place à une jeune femme qui, bien que conseillère générale, n’est pas très connue des Réunionnais. On se représente bien les considérations stratégiques qui ont pesé dans ce choix ; mais enfin, il fallait oser.

Geoffroy Géraud Legros & Nathalie Valentine Legros

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