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Monopoles

L’effet « présidentielles », et comment aller au-delà…

27 avril 2012
AAMAR
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Omniprésente dans le débat antillais, la question des monopoles n’est évoquée que de manière sporadique à La Réunion.

Il aura fallu les évènements du mois de février, déclenchés dans le sillage des mobilisations contre la vie chère, pour que cette problématique revienne au premier plan.

Néanmoins, les éclats et les initiatives pour le moins approximatives de certains acteurs politiques, dont le maire de Saint-Leu, Thierry Robert, ont empêché ce problème fondamental d’être posé en termes satisfaisants. Difficile, en effet, de prendre très au sérieux la décision annoncée le 20 Février par le dirigeant local du MODEM, de "porter plainte" contre les "monopoles des carburants", après, dit-il, "être tombé sur des rapports" datant de 2008, produits, entre autre, par l’autorité de la concurrence, et disponibles sur l’Internet.

Vagues, ces propos n’ont visiblement pas dépassé — et pour cause — le stade de la déclaration d’intention. Passé ce coup de fièvre médiatique, l’attention de l’opinion envers les monopoles semblait, une fois encore, vouée à retomber… d’autant que des mesures prises contre la vie chère, jugées insuffisantes par la population mais fortement promues par les politiques, occupaient le devant de la scène.

C’est du Port qu’est venue la première tentative de prise en compte globale, du rôle joué par les opérateurs pétroliers dans l’économie réunionnaise. Intervenant dans la controverse liée à la compensation de la hausse des prix par les finances publiques initiée par la Région Réunion, Jean-Yves Langenier, maire de la commune qui abrite l’ensemble des infrastructures de transport et de stockage des carburants, a proposé quelques pistes pour un règlement au fond du problème des monopoles.

En appelant à une « intervention de la puissance publique », l’élu portois — qui fut aussi rapporteur sur la question des carburants au sein de l’Observatoire des prix et des revenus — a ouvert une perspective nouvelle dans le champ politique réunionnais.

Y a-t-il là une brèche dans le mur de silence entourant l’emprise des monopoles, en général, et du monopole de fait des carburants en particulier ? Le fait est que l’intervention de M. Langenier a déclenché une cascade de prises de positions quasiment identiques : deux jours après la conférence de presse tenue par le maire du Port, Didier Robert, président UMP de la Région Réunion, envisageait pour la première fois un possible "changement de statut" de la SRPP ; 24 heures plus tard, Huguette Bello évoquait à son tour à l’Assemblée les « situations de monopole » ; une thématique reprise depuis à droite comme à gauche, dans le sillage de la campagne présidentielle.

Qu’adviendra-t-il à l’issue du scrutin présidentiel ? L’expérience laisse — hélas — craindre que, passé le fracas des armes électorales, la question fondamentale des monopoles ne finisse, comme tant d’autres, diluée dans des commissions fantômes, ou des "observatoires" qui n’en finiront pas d’observer. Il ya donc urgence, à faire vivre un débat : dans une île où l’État lui-même admet la situation de monopole sur les carburants, et s’assigne en conséquence la tâche d’en réguler les prix, comment mettre les autorités en mesure d’assurer un prix juste, dans l’attente de la solution de rupture avec les énergies fossiles et le tout-automobile, qui devra inévitablement voir le jour ?

La présence à la tête de l’État d’une équipe idéologiquement opposée à l’intervention publique dans le secteur économique faisait obstacle à toute initiative de ce type. Le contexte renouvelé par la — prévisible — victoire de M. Hollande, rend à nouveau possible l’émergence de ces questions de fond. Les pétroliers, d’ordinaire si discrets, l’ont d’ailleurs bien compris, et lancent une vaste opération de communication, basée simultanément sur une stratégie de séduction et de menaces envers les employés des stations d’essence…

L’heure est donc, plus que jamais, à un vaste débat de fond, qui porte — enfin — sur le rôle et la responsabilité des acteurs économiques et non sur les agissements de leurs représentants dans le monde politique et dans la société civile. C’est à cette tâche que l’AAMAR convie les citoyens de La Réunion.

AAMAR

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